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2 092 016 citoyens votent non à la privatisation de la Poste

Quelque 2,2 millions de personnes ont participé à la consultation contre la privatisation de La Poste, a annoncé lundi le comité à l'origine de cette "votation citoyenne". Plus de 90% des votants disent "non" au changement de statut. Le gouvernement dénonce un "vote faussé". Il adresse une fin de non-recevoir aux demandes de référendum et de retrait de la réforme.

Ce scrutin symbolique, organisé par le comité national contre la privatisation de La Poste qui regroupe 62 syndicats, associations et partis de gauche, avait démarré dans tout le pays le 27 septembre et s'est achevé samedi.

Les citoyens étaient invités à répondre par "oui" ou par "non" à la question suivante: "Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser. Etes-vous d'accord avec ce projet?".

Le vote se faisait en direct, devant l'urne, avec signature de listes d'émargement, sur les marchés, dans les universités, devant les bureaux de Poste, les gares, ou encore devant les mairies. Plus de 10.000 "points de vote", y compris dans les petites communes, ont été comptabilisés par le comité.

"Plus de 90% des électeurs disent non au changement de statut de La Poste et à l'ouverture de son capital, et donc à sa privatisation", a déclaré le comité lundi lors d'une conférence de presse.

Le comité demande au gouvernement de "renoncer définitivement" à la loi sur la modification du statut et l'ouverture du capital de La Poste et demande également à être reçu par le président Nicolas Sarkozy.

"C'est un vote faussé, c'est une question fausse, la question est un mensonge: le gouvernement souhaite que la Poste reste publique à 100%, continue à exercer ses missions de service public pour l'aménagement du territoire", a répondu dès lundi matin le ministre du Budget Eric Woerth sur Europe-1.

"Je ne vois pas pourquoi il y aurait un référendum d'initiative populaire sur la Poste. Dans le droit constitutionnel aujourd'hui, ce n'est pas possible, ce sera possible lorsque la loi organique sera prise", a-t-il ajouté.

"Il faut mener jusqu'au bout le projet de la Poste, il faut surtout l'expliquer et éviter les caricatures comme c'est souvent le cas", a poursuivi Eric Woerth, martelant qu'"il n'y a pas de privatisation de la Poste". "Elle reste publique, on l'a dit, répété, redit, 100% du capital reste public".

Quant à l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, il a qualifié cette initiative de "fausse démocratie", soulignant selon lui que "deux millions" de personnes ne constituent pas "une majorité de Français".

"Cette démocratie participative, en fait, on bourre les urnes avec une information mensongère" parce qu'"il n'est pas question de privatiser la Poste: nous nous engageons à ce qu'il n'y ait pas de privatisation et ce sera dans le texte", a-t-il assuré lundi sur LCI.

"Je dis attention à cette démocratie participative: qui est représentatif? Le peuple français et pas une partie du peuple français", a prévenu le sénateur UMP de la Vienne. "Je me méfie de ces comités: même s'il y a deux millions de personnes, ce n'est pas le peuple".

Mais pour le fondateur du Parti de gauche (PG) Jean-Luc Mélenchon, membre du comité, "il y a un procès un peu grotesque que nous fait l'UMP en nous disant 'ce n'est pas vraiment un vote'. On est au courant, c'est pour cela qu'on l'appelle une votation".

"On a fait une démonstration (...) La société s'envoie à elle-même un signal", a estimé le sénateur de l'Essonne lundi sur RTL. "Nous, nous nous entraînons en nous mobilisant, en montrant que l'on ne cède pas et nous préparons la suite". AP
 
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