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Assahhaf Superstar

  • Initiateur de la discussion Nourdine
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Nourdine

Nourdine

Un propagandiste dans la guerre

Al-Sahhaf, une arme psychologique de Saddam



Volubile, moqueur, ironique, comparant les marins américains à des «criquets» ou à des «cafards», le ministre irakien de l’Information, Mohammed Saïd Al-Sahhaf, apparaît comme la figure médiatique incontournable de la guerre en Irak. A lui seul, il a écoeuré les stratèges américains en communication.

Aucun rapport de la CIA et aucun compte-rendu diplomatique n’a présenté Mohammed Saïd Al-Sahhaf (MSS) comme faisant partie des fidèles de Saddam Hussein. Colonel réserviste de l’armée et formé à l’école des «Moukhabarat» irakienne, Al-Sahhaf est en passe de gagner une popularité mondiale à travers ses conférences de presse diffusées sur tous les networks mondiaux.

Rien ne prédestinait cet ancien ministre des Affaires étrangères à occuper le devant de la scène médiatique avec autant de réussite. Saddam Hussein, qu’on accuse de détenir des armes chimiques, a fait de Al-Sahhaf son arme «non conventionnelle» en communication. Avec des yeux rieurs, des formules empreintes à la poésie perse et allant allègrement de l’anglais à des versets du Coran, Al-Sahhaf tient en haleine la centaine de journalistes présents à Baghdad et, à travers eux, des millions de téléspectateurs arabes et occidentaux.

Ancien ambassadeur d’Irak en Italie, Al-Sahhaf n’est pourtant pas un inconnu du sérail irakien. A l’ombre du Raïs, il aurait été recommandé par le vice-président, Tarek Aziz, pour intégrer le gouvernement. Lors d’une réunion du conseil de la Ligue arabe au Caire, en 1998, il qualifia les diplomates saoudiens et koweïtiens de «bédouins analphabètes» et paradait avec son uniforme vert olive. Son bagout lui a valu de représenter l’Irak aux Nations unies, à New York, avec un discours qui a fait violemment réagir l’ex-secrétaire du département d’Etat américain, Madeleine Albright.

Ironiquement, c’est à travers la chaîne qatarie Al-Jazira que les téléspectateurs arabes et occidentaux l’ont découvert. Ses conférences devenant carrément des «show télévisés» qu’Al-Jazira, Euronews, la BBC, Dubai TV et autres CNN diffusent en live, même si elles duraient, aux premières heures de l’invasion contre l’Irak, plus de deux heures. Sa popularité auprès des journalistes, même américains et britanniques, n’a d’égale que le dédain qu’il leur porte. Ainsi, c’est le même Al-Sahhaf qui avait fermé les bureaux de la chaîne Al-Jazira en juillet 2002. Les autorités irakiennes ont interdit au correspondant de la chaîne de travailler pendant dix jours, en signe de protestation contre certains termes employés dans ses correspondances et que le ministère irakien de l’Information a jugés «préjudiciables à l’Irak», indiquant qu’Al-Jazira nuit, dans ses émissions, à l’Irak. Al-Sahhaf reprochait à Al-Jazira d’employer l’expression «parti au pouvoir» pour évoquer le parti Baas, au lieu de «parti socialiste arabe».

Dans la guerre des mots et des images que se livrent Irakiens et Américains, Al-Sahhaf a pris une avance indéniable sur son alter ego, le général américain Tommy Franks, dont les conférences de presse sont considérées comme «soporifiques». Au point où le Pentagone multiplie les «stek out» (points de presse) avec des officiers du commandement, plus à l’aise face aux médias et aux représentants de toutes les ethnies incorporées au sein des troupes américaines (arabe, noire, asiatique...). Si, en 1991, le général Norman Schwarzkopf était la coqueluche de la presse américaine et française, la seconde guerre du Golfe a davantage «primé» un Irakien obscur que personne n’a vu arriver.

La popularité d’Al-Sahhaf est devenue grande, au point qu’il a eu le «privilège» de lire les discours de Saddam Hussein sur Irak-TV. Signe que le ministre irakien de l’Information est devenu, à la faveur de cette crise, le relais le plus fiable et le plus efficace d’un dictateur irakien connu pour sa paranoïa et son mépris des militaires qui veulent briller à son détriment.

Al-Sahhaf continue, en ce 18ème jour de guerre, à narguer les militaires américains, à balader les journalistes arabes et occidentaux en autobus autour des ruines, vestiges des bombardements américains, et à répondre du tac au tac aux affirmations du Pentagone.

Et quand l’Irak sera vaincu militairement, Al-Sahhaf aura déjà acquis son titre de gloire. Son quart d’heure de célébrité, comme disait Wharol. S’il se fera arrêter, les Américains en feront une sorte de «Goebbels arabe» qu’ils auront à coeur de juger devant les caméras, comme pour exorciser toutes les piques qu’il a décochées à la face de la propagande américaine et qui auront permis aux Irakiens de gagner, durant quelques jours, la guerre psychologique.

Mounir B.

( Le Quotidien d'Oran - 7 avril 2003)
 
Nourdine

Nourdine

Et c'est vrai qu'il présente bien ce gars!Il a vraiment la bagout, la présence d'une star...
Sauf que ce n'est pas un jeu mais la guerre, la vraie. Celle qui fait pleurer des enfants que les coalisés obligent à lever les bras...

Dites-moi, n'avez-vous pas l'impression que plus on avance dans la technologie zaama, plus l'humanité recule ? Ne manqueraient plus dans le décor que les Huns ,les Tartares, Alexandre le Grand,les Monghols, Taras Boulba, Blek le Roc, Zembla :p pour faire avancer davantage play station...
 
Ancien-Membre

Ancien-Membre




C est une guerre aussi psychologique,ms j ai une impression de peur q ds qlqs semaines ,un mois,il n y aura ni Sadama,ni Sahaf ni Aziz :((
 
Nourdine

Nourdine

Karmos a écrit :



C est une guerre aussi psychologique,ms j ai une impression de peur q ds qlqs semaines ,un mois,il n y aura ni Sadama,ni Sahaf ni Aziz :((
Oui, c'est une évidence criarde que l'armada-play station-État-Unienne finira par vaincre.
Pour l'instant ce sont des vies humaines parmi les populations irakiennes qui quittent cette terre trop injuste.
Quand à Saddam et ses acolytes,nul ne doit les regretter...
Ce qui m'inquiète c'est l'après-guerre. L'administation Bush ayant l'intention de placer des amerloques à la tête du pays. Et demain, ce sera le tour d'autres pays, Syrie, Iran, Libye et, pourquoi pas, le Maghreb...
L'empire américain est en marche. Et finira par tomber, de toute façon...
 
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