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Dieu aurait-il pu agir autrement? un texte de spinoza

  • Initiateur de la discussion Ebion
  • Date de début
Ebion

Ebion

Grüsser
VIB
Bonjour :timide:

Je vous invite à consulter ce texte de Spinoza, tiré de la première partie de l'Éthique.


Spinoza veut dire que les choses agissent comme elles le font, soit en conséquence de leur nature, soit parce qu'une autre cause dans le monde les a déterminées à agir d'une certaine manière (ce qui, en l'occurrence, ne s'applique pas au Dieu de Spinoza, car Dieu n'est pas affecté par une cause hors de lui).

Et donc, Dieu agit en vertu de ce qu'il est, ou encore ses actions suivent de sa nature nécessairement, tout comme les propriétés suivent de la définitions d'entités géométriques. Par exemple le triangle étant ce qu'il est, il suit nécessairement que la somme de ses trois angles égale deux angles droits (dans un plan euclidien du moins).

Donc Dieu est pas libre au sens où il pourrait faire indifféremment une chose ou son contraire.

Selon Spinoza, si Dieu avait agi autrement, cela voudrait dire qu'il aurait eu une autre nature, d'où son action différente aurait découlé nécessairement. Mais il est absurde, selon lui, de donner à Dieu une nature différente. Par exemple si Dieu est parfait, comment resterait-il parfait s'il avait une autre nature?

Spinoza dit aussi que les actions se font en fonction de ce qu'on conçoit dans notre intelligence : on a l'idée de quelque chose, et cette idée a des conséquences qui font qu'on agit d'une certaine manière. Donc si Dieu avait agi autrement, c'est qu'il aurait conçu les choses autrement, mais cela est impossible, car Dieu connaît parfaitement les choses, et les essences des choses ne peuvent pas être changées en soi...

***

Or, pour ceux qui croient que Dieu est libre, Dieu ne changerait pas de nature s'il décidait une chose ou son contraire. C'est pas parce que Dieu fait autre chose qu'il est moins parfait. La nature de Dieu peut être compatible avec plusieurs choix différents. Dieu est pas comme une entité mathématique. Deux choix peuvent être aussi bons l'un que l'autre dans la perspective de Dieu (si on peut dire), et donc Dieu décide comme il veut de l'une ou l'autre chose. Et c'est pas non plus un problème de concevoir bien ou mal des choses possibles. C'est simplement que certaines choses peuvent être en soi contingentes, indéterminées, et aller dans l'un ou l'autre sens sans bouleverser l'ordre du monde. Mais justement, Spinoza rejette complètement la contingence. :(

Votre avis svp merci.
 
Ebion

Ebion

Grüsser
VIB
@Cammix

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:joueur:
 
Cammix

Cammix

salam, bonjour
En soi, il doit exister dans l'infinité des possibilités, une infinité de bonnes décisions, donc Dieu etant sage et libre, choisis parmis ses bons choix, il pourrait s'il voulait, faire un mauvais choix, mais il se contraint de lui même de renoncer à une totale liberté arbtraire en la soumétant à une parfaite sagesse, enfin c'est ce qui me viens l'idée,,mis quelle raison à Spinoza de renoncer à toute contingence ?
aujourd'hui, on sait que la contingence est la norme dans l'infiniment petit pourquoi pas le penser pour Dieu également ?
 
Ebion

Ebion

Grüsser
VIB
salam, bonjour
En soi, il doit exister dans l'infinité des possibilités, une infinité de bonnes décisions, donc Dieu etant sage et libre, choisis parmis ses bons choix, il pourrait s'il voulait, faire un mauvais choix, mais il se contraint de lui même de renoncer à une totale liberté arbtraire en la soumétant à une parfaite sagesse, enfin c'est ce qui me viens l'idée,,mis quelle raison à Spinoza de renoncer à toute contingence ?
aujourd'hui, on sait que la contingence est la norme dans l'infiniment petit pourquoi pas le penser pour Dieu également ?
Les décisions de Dieu sont contraintes par ses autres attributs (sa bonté, sa justice, son intelligence, etc.), mais je doute que Dieu subisse cette contrainte avec frustration. La question est de savoir si les attributs de Dieu contraignent tellement ses décisions qu’il ne peut faire qu’une seule chose possible, n’emprunter qu’un chemin possible, tout le reste étant par hypothèse indigne de lui.

Spinoza est contre la contingence car il conçoit le monde selon un modèle tiré de la géométrie, et en géométrie, tout est déduit avec nécessité.

Les philosophes de son époque et des deux siècles suivants rejetaient généralement la contingence (voir la célèbre de Laplace sur son « démon »). Une partie de la philosophie de Kant essaie de trouver une issue à ce déterminisme sans compromettre la conception d’alors de la science.

On admet généralement que ce déterminisme classique a été réfuté par la physique quantique. Mais cela ne règle pas la question de la liberté humaine. Le hasard quantique n’est pas la même chose qu’un choix libre. De plus, à l’échelle de la vie quotidienne, les lois restent largement déterministes.
 
B

BloodySunday

salam, bonjour
En soi, il doit exister dans l'infinité des possibilités, une infinité de bonnes décisions, donc Dieu etant sage et libre, choisis parmis ses bons choix, il pourrait s'il voulait, faire un mauvais choix, mais il se contraint de lui même de renoncer à une totale liberté arbtraire en la soumétant à une parfaite sagesse, enfin c'est ce qui me viens l'idée,,mis quelle raison à Spinoza de renoncer à toute contingence ?
aujourd'hui, on sait que la contingence est la norme dans l'infiniment petit pourquoi pas le penser pour Dieu également ?
Mince, ça ressemble à de l'Everett.
 
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