La divergence d'opinion à l'intérieur de l'islam

Salam aleikum

Toujours en marge des dialogues entamés sur bladi , je vous invite à lire ces résumés (j'ai trouvé ça sur le net) des méthodologies de travail des 4 écoles juridiques sunnites .

[color=006600]Méthodologie de l'imâm [ Ahl us-sunnah ] Ahmed Ibn Hanbal. [/color]

1/ Il consulte le Coran et la Sunnah et rien d'autres lorsqu'ils satisfont sa quête. Tout hadith authentique (sahih) qui est "élevé" (marfu') au niveau d'authenticité garde la précéance sur tout autre source, que ce soient les pratiques des Médinois, le raisonnement personnel, l'analogie, une citation d'un Compagnons ou un consensus basé sur le manque de connaissance sur les sujets en litige.

2/ S'il ne trouve pas de texte, il se tourne vers les jugements des Compagnons. Et dans le cas où il découvre un commentaire d'un Compagnons, il l'adopte et ne donne la priorité à aucune pratique, aucune opinion ou Qiyâs sur cet avis.

3/ Dans le cas où les Compagnons n'expriment pas des opinions similaires, il choisit l'opinion qui se rapproche le plus du Coran et de la Sunnah sans aller chercher plus loin. S'il n'arrive pas à discerner quelle opinion est la plus proche du Coran et de la Sunnah, il rend compte de la controverse en toute objectivité et s'abstient de prendre une décision.

4/ Il se refère ensuite à tout hadith, qu'il soit moursal ou dha'if (faible) dont l'authenticité - soit dans sa chaîne de rapporteurs, soit dans son contenu - n'est pas absolument irréprochable, pourvu qu'il soit en contradiction flagrante avec aucune pratique établie, aucune citation de Compagnon ou consensus d'opinion. Il donne la priorité à un tel hadith sur le Qiyâs.

5/ Le Qiyâs est pour lui une source de jugement auquel on ne peut avoir recours que lorsque aucune des sources précitées n'est disponible.

6/ Il adoptait l'interdiction de ce qui peut mener à l'interdit ou sadd adh-dharâ'i' [ ou interdiction de ce qui conduit à l'interdit. ]


[color=006600]Méthodologie de l'imâm ach-Châfi'î. [/color]

Quant aux principes de l'école de l'Imâm ach-Châfi'î (rahimahuLLâh), ils ont compris dans son oeuvre "ar-Riçâla ", que l'on considère comme le premier ouvrage exhaustif sur les principes de fiqh.

Voici ce que dit ach-Châfi'î:

" Les sources premières sont le Qur'ân et la Sunnah. S'il n'y trouve pas de réponse assez claire, le juriste peut avoir recours au Qiyâs sur la base du Qur'ân et de la Sunnah. S'il existe un hadîth du Prophète (sallallahu 'alayhi wa salâm) dont la chaîne de rapporteurs est inintérrompue, aucune autre source ne devra être consultée. Tout consensus (ijmâ') sera prioritaire sur un hadîth rapporté par une seule personne. L'interprétation d'un hadîth doit être basée sur son sens explicite. Si le hadîth permet plusieurs interprétation, alors celles qui se rapprochent le plus de son sens explicite auront la priorité.


S'il existe un certain nombre de hadîth de même portée sur un sujet particulier alors celui dont la source est la plus authentique aura la priorité. Tout hadîth dont la chaîne de rapporteurs est intérrompue (mounqatî') ne sera pas valable sauf ceux d'Ibn Moussayyib. Il n'est pas admis de faire l'analogie ) partir d'un principe (asl) qui a déjà déduit d'un principe précédent. On ne peut intérroger ni sur le pourquoi ni sur le comment d'une source originale, contrairement aux sources secondaires. Et si l'on peut effectivement établir la validité d'une déduction analogique établie à partir d'une source originale, alors elle doit être acceptée comme telle et avoir force d'argument ". [ al-Minhâj de l'Imâm an-Nawâwî et al-Mouçanaf wa al-fikr as-sâmî d'Ibn Moundhir ]



Je n'en met que deux pour ne pas décourager le lecteur
Et en plus deux , c'est le chiffre minimum pour faire une comparaison : ).
 
Salam aleikum

Eh oui l'islam permet la divergence d'opinion, dingue non, l'avis varie , selon que l'on soit rigoriste comme Abdellah Ibn Omar(ra) ou souple comme Ibn Abbas(ra).

Il semblerait que tout ce qui soit lié à l'islam soitautomatiquement mauvais , la divergence d'opinion comprise : ), ça me rappel la remarque de mon pote Mauritanien:
"Si l'islam interdisait la polygamie , tu verrais les mêmes dénigreurs virulents s'en prendre à cet interdit".

Le Cheick Quaradaoui avait raconté une belle anecdote à propos de ces hypocrites qui ne cessent d'étaler leurs incohérences.
Ca se passe en Tunisie et on reproche à un homme d'être polygame , et oui, là bas c'est interdit .
Bref , on le fait suivre à la suite d'une délation (sacré maghrebin : )).
On le prend en flagrant délit avec une autre madame et lui de rétorquer: "c'est pas ma femme , c'est ma maîtresse".
Conclusion : La police des moeurs tournent les talons et laissent le mari accomplir son forfait.

Cela dit , c'était réellement sa seconde épouse : ).

salam
 
[color=006633]Méthodologie de l'imâm Mâlik.
[ mort en 179 H./ 795 ap. J.-C ]
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L'imâm Mâlik (rahimahullâh) adopta une approche différente. Il déclara: "Allons-nous, chaque fois que quelqu'un nous oppose un argurment, délaisser ce que Djibril ('alayhi salâm) a révélé à Muhammad
pour engager une polémique avec lui?". Son rite est celui des gens du Hidjaz, des adhérents de l'école de l'Imâm Sa'îd ibn al-Moussayyib. Les principes fondamentaux de l'école Malikite se résument comme suit:

·1/ Se référer d'abord au Qur'ân.

·2/ Prendre en considération le sens clair et manifeste lorsqu'il est générale.


·3/ Valider la preuve coranique d'un sens divergent (mafhûm al-moukhâlafa).

·4/ Considérer les avertissements contenus dans le Qur'ân comme la raison décisive d'éviter tout ce qui est une abomination ou immoral, comme l'exprime le verset coranique suivant: " Car une souillure ou une perversité. " (6:145).




Après ces quatre principes fondamentaux liés au Qur'ân, en suivant dix autres liés à la Sunnah:


·1/ Le consensus (ijmâ')

·2/ Le Qiyâs

·3/ Les actes et les opinions des Médinois

·4/ L'istihsân, qui principe écarter une analogie établie en faveur d'un autre jugement qui sert mieux les idéaux de la justice et de l'intérêt public.

·5/ L'interdiction de ce qui peut mener au mal (sadd adh-dharâ'i')

·6/ Al-masâlih al-moursalat ou considération d'intérêt public.

·7/ Le témoignage d'un Compagnon du Prophète (si sa source est authentique et qu'il est un compagnon connu).

·8/ L'examen de question contestées, si l'argument invoqué par la partie opposée est solide.

·9/ L'Istishâb ou présomption de continuité de ce qui a été prouvé et négation de ce qui n'a pas éxisté.

·10/ L'acceptation de certaines Lois qui existaient avant l'avènement de l'Islâm.

[ Kitab al-fikr as-sâmî d'Ibn Moundhir ]
 
Salam aleikum

Merci Najette : ) , il était temps que quelqu'un se désolidarise de cet individu , ça devenait désespérant

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Méthodologie de l'imâm Abû Hanîfa.

[ mort en 150 H./ 767 ap. J.-C ]
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Les principes de la méthodologie d'Abû Hanîfa, considérée par certains commentateurs comme plus "ouverte" que les autres école, on lui a reproché aussi parfois une "imitation servile" (taqlîd) des choix juridiques du passé, pouvant figer sa capacité d'adaptation aux réalités contingentes en perpétuelle mutation.

Ces principes sont résumés dans la déclaration suivante:

Il dit:
(Citation)
"Je m'inspire d'abord du Qur'ân et si je n'y trouve pas ce que je cherche, je m'inspire de la Sunnah du Prophète (sallallahu 'alayhi wa salâm) et des hadîth directs authentiques. Lorsque je ne trouve rien dans ces deux sources, je me penche alors sur les déclarations des Compagnons, choisissant librement celui que je désire; puis je reste fidèle à son jugement et ne consulte pas l'opinion d'un autre Compagnon. Et, si encore mes recherches me conduisent à Ibrahîm, ach-Cha'bî ou Ibn Moussayyib alors je suis habilité à faire un éffort d'ijtihâd comme ils l'ont fait eux-mêmes."

[ Kitab al-fikr as-sâmî d'Ibn Moundhir ]

salam
 
Najette,
Tout le monde à sa place à Baldi, et quiconque n'a le droit de contester la présence d'autrui. Seulement, je pense qu'il sera plus efficace dans une mosquée que sur Bladi. De moi et de tous ceux qui ont un grain de réalisme dans le crane, il n'obtiendra rien car l'ère des prophètes est révolu.
 
Mohamed,

C est pour te dire que je trouve le sujet que tu as initié trés important. Le sujet serais plus important si quelqu´un nous exposais les raisons politiques et ideologiques derieres cette divergence theologique " d´opinion á l´interieur de l´islam. je visite souvent le forum de la telé Al jazeera et j´ai remarqué par exemple que les iraniens (chiisme)et les saoudiens(wahhabisme) menent une guerre "elecronique" sans merci dans le forum reservé au moyen orient...

merci encore..
 
Salam Aleikum

Au delà du titre du sujet initié , ce thread avait également pour objectif de donner une idée de ce qu’est un savant musulman et de sa façon de travailler afin que chacun prenne conscience que l'interprétation des écrits saints exigent de sérieuses études.

Ta question a été quelque peu discuté avec l’ami Edir , je te renvoi donc à un ancien lien , histoire de te mettre dans le contexte.

http://www.bladi.net/modules/newbb/viewtopic.php?topic_id=819&forum=6&start=20&viewmode=flat&order=0
Les divergences entre ces savants n’étaient ni d’ordre idéologique , ni théologique suffit de cliquer sur le lien que je met ci dessus pour s’en rendre compte.

Le problème de la plupart de nos savants actuels est, qu’ils ont perdu leur indépendance financière.
Cette situation n’était nullement celle de ceux qui ont fondé ou inspiré les 4 grandes écoles sunnites.
Abu Hanifa (ra) par exemple était un marchand de tissus et n'avait nullement besoin d'inventer des avis pour plaire à un petit pharaon en herbe..

Ce dernier a d’ailleurs connu la prison des Omeyyades pour avoir osé s’indigner du traitement réservé au descendant du prophète sws.

Les Rois et autres dirigeants ont bien compris que pour pouvoir régner en faisant n’importe quoi, ils se devaient mettre les savants à leurs bottes.
Mais sachez tout de même que nul ne subit autant de pression que nos savants , tous les pays arabo-musulmans ont leur lot de savants en taule.

Malgré cela , ces derniers disposent d’une grande liberté lorsqu’il s'agit d'émettre des avis au niveau dogmatique (sauf dans un pays comme la Tunisie, cf l'histoire de la levée de l'obligation du jeûne du mois de ramadan) mais sont souvent priés d’émettre des fatwas politique allant dans le sens du pouvoir. Cela peut aboutir à une situation désastreuse comme ce fut le cas lors de la guerre du Golf.
Voir lien ci dessous

http://www.bladi.net/modules/newbb/viewtopic.php?topic_id=625&forum=6&1

Pour ce qui est du conflit chiite/salafite , ils empoisonnent beaucoup de forums islamique.

Mais saches qu’à un plus haut niveau , les échanges sont moins virulents , il y a à l’heure actuelle une tentative de rapprochement entre une catégorie de savants saoudiens et de savants iraniens.

A leur niveau la divergence est politique , idéologique et chacun à su profiter des faiblesses de l’autre pour prêcher pour sa paroisse.

salam
 
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