Dopage à l'EPO confirmé pour Fouad Chouki

La confirmation du contrôle positif de Fouad Chouki à l'érythropoïétine (EPO) lors des Mondiaux-2003 pose des questions sur les raisons qui ont pu pousser l'athlète, sur son comportement et sur celui de sa Fédération (FFA) avant l'épreuve et sur les retombées pour l'image de la FFA.






Contrôlé le 27 août après la finale du 1500 m au Stade de France, où il s'était classé huitième, Chouki sera entendu le 8 octobre par la commission disciplinaire dopage de la FFA.
L'échantillon B ayant confirmé des traces d'EPO recombinante dans les urines, le Strasbourgeois risque une suspension de deux ans et une disqualification des Mondiaux-2003.

Cette sanction le priverait des jeux Olympiques d'Athènes l'an prochain et des Mondiaux-2005 à Helsinki (5-14 août).
Le dossier paraît limpide. Mais des questions demeurent.
Pouvait-il ne pas savoir ?
Dès la révélation de l'affaire le 13 septembre, Chouki a clamé son innocence dans une lettre. Pourtant, l'EPO retrouvée est exogène et n'a pu être prise que par injection.
S'il ne savait pas, soit il s'agit d'un -grotesque- complot, soit d'un manque de curiosité sur le produit injecté, comportement pas vraiment digne d'un sportif de haut niveau.
A-t-il cherché à fuir le contrôle ?

Lors de la finale, le champion de France a longtemps espéré le bronze avant de craquer à 40 m de l'arrivée. Sitôt la ligne franchie, il s'est écroulé en se tenant le mollet gauche avant d'être évacué sur une civière. Le lendemain, l'élève de Hassan El Idrissi était vu marchant sans aucune séquelle apparente.
Pourquoi tomber dans le piège du dopage ?
Tous ses coéquipiers doivent aujourd'hui se demander ce qui a conduit ce garçon de 24 ans discret mais apprécié par tous vers ce "suicide sportif".

Strasbourgeois comme Mehdi Baala et ami de Bob Tahri, le Lorrain troisième miler tricolore et co détenteur du record d'Europe du 3000 m steeple, Chouki a peut être mal vécu l'ombre faite par ses deux compagnons.
Christophe Cheval, en 2001, et David Chaussinand, en 2002, ont avoué avoir succombé au dopage pour améliorer le quotidien.
La FFA savait-elle ?

Le 21 août, deux jours avant le début des épreuves et la veille d'un contrôle inopiné -négatif- sur Chouki, victime d'une légère lésion musculaire à un mollet, l'encadrement médical habituellement muet se fend d'un surprenant communiqué de presse.
Les médecins jugent alors la participation du Français aux Mondiaux déraisonnable "compte tenu des risques importants d'aggravation de la blessure avec d'éventuelles séquelles".

"Face aux pressions extérieures, l'équipe médicale refuse toute responsabilité en cas de gestes thérapeutiques non appropriés pouvant être proposés à l'athlète", poursuit l'énigmatique communiqué, qui paraît a posteriori trop prémonitoire pour être dû au hasard.

Cette affaire pourrait en tout cas rejaillir sur le bilan de l'équipe de France, si brillante pendant les Mondiaux, et sur la FFA qui attend une embellie du nombre de lienciés cette saison.

 
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