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extraits & citations

TEBALDEO
Les nations paisibles et heureuses ont quelquefois brillé d'une clarté pure, mais faible. Il y a plusieurs cordes à la harpe des anges; le zéphyr peut murmurer sur les plus faibles, et tirer de leur accord une harmonie suave et délicieuse; mais la corde d'argent ne s'ébranle qu'au passage du vent du nord. C'est la plus belle et la plus noble; et cependant le toucher d'une rude main lui est favorable. L'enthousiasme est frère de la souffrance.


LORENZO
C'est-à-dire qu'un peuple malheureux fait les grands artistes. Je me ferais volontiers l'alchimiste de ton alambic; les larmes des peuples y retombent en perles. Par la mort du diable! tu me plais. Les familles peuvent se désoler, les nations mourir de misère, cela échauffe la cervelle de monsieur! Admirable poète! comment arranges-tu tout cela avec ta piété?


TEBALDEO
Je ne ris point du malheur des familles: je dis que la poésie est la plus douce des souffrances, et qu'elle aime ses soeurs. Je plains les peuples malheureux, mais je crois en effet qu'ils font les grands artistes; les champs de bataille font pousser les moissons, les terres corrompues engendrent le blé céleste.


(A. M. lorenzaccio)
 
Will Smith
Vous savez quoi? C'est génial d'être noir à Hollywood. Quand un acteur noir fait quelque chose, cela semble nouveau et différent, uniquement en vertu du fait qu'il est noir. C'est beaucoup plus facile pour moi que pour Brad Pitt ou Tom Cruise.

 


Un soir, au moment de se mettre à table, on s'aperçoit qu'il n'y a plus une goutte d'eau dans la maison.

" Si vous voulez, j'irai en chercher " , dit ce bon enfant de Jacques.

Et le voilà qui prend la cruche, une grosse cruche de grès.

M. Eyssette hausse les épaules

" Si c'est Jacques qui y va, dit-il, la cruche est cassée, c'est sûr.

--Tu entends, Jacques, -- c'est Mme Eyssette qui parle avec sa voix tranquille --, tu entends, ne la casse pas, fais bien attention. "

M. Eyssette reprend

" Oh! tu as beau lui dire de ne pas la casser, il la cassera tout de même. "

Ici, la voix éplorée de Jacques " Mais enfin, pourquoi voulez-vous que je la casse?

--Je ne veux pas que tu la casses, je te dis que tu la casseras ", répond M. Eyssette, et d'un ton qui n'admet pas de réplique.


Jacques ne réplique pas; il prend la cruche d'une main fiévreuse. et sort brusquement avec l'air de dire

" Ah! je la casserai? Eh bien, nous allons voir. "

Cinq minutes, dix minutes se passent; Jacques ne revient pas. Mme Eyssette commence à se tourmenter

" Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé!

-- Parbleu! que veux-tu qu'il lui soit arrivé? dit M. Eyssette d'un ton bourru. Il a cassé la cruche et n'ose plus rentrer. "

Mais tout en disant cela --avec son air bourru, c'était le meilleur homme du monde -- , il se lève et va ouvrir la porte pour voir un peu ce que Jacques était devenu. Il n'a pas loin à aller; Jacques est debout sur le palier, devant la porte, les mains vides, silencieux, pétrifié. En voyant M. Eyssette, il pâlit, et d'une voix navrante et faible, oh! si faible "Je l'ai cassée " , dit-il... Il l'avait cassée !...

(le petit chose, A. Daudet)
 
Entre l’amant et le bien-aimé , il n’y a pas de distance , ni de parole que par la force du désir , ni de description que par le goût. Qui a goûté a connu. Et qui a décrit ne s’est pas décrit .En vérité comment peux tu décrire quelque chose , quand en sa présence tu es anéanti ? En son existence tu es dissous ? En sa contemplation tu es défais ? En sa pureté tu es ivre ?

Rabiya Al Adawiya
 

Distrait, inattentif, ennuyé, (...) je partageais mon temps entre des études que j'interrompais souvent, des projets que je n'exécutais pas, des plaisirs qui ne m'intéressaient guère,
(...)
Chaque jour, je fixais le lendemain comme l'époque invariable d'une déclaration positive, et chaque lendemain s'écoulait comme la veille.

(B. C.)
 
Le Koran, ce Livre suprême, les hommes le lisent quelquefois, mais, qui s'en délecte chaque jour? Sur le bord de toutes les coupes pleines de vin est ciselée une secrète maxime de sagesse que nous sommes bien obligés de savourer...............Notre trésor? Le vin. Notre palais? La taverne. Nos compagnes fidèles? La soif et l'ivresse. Nous ignorons l'inquiétude, car nous savons que nos âmes, nos coeurs, nos coupes et nos robes maculées n'ont rien à craindre de la poussière, de l'eau et du feu.


Khayyam.
 
Tu me manques déjà. Je m'ennuies déjà de toi. Déjà la distance qui va nous séparer m'attriste. Déjà, le vide que tu vas laisser m'emplit.
Avant même ton départ, je m'ennuie de toi. Avant même ton départ, tu me manques.
Penser à ton retour ne me console pas: avant ton retour, je partirais.
Tu me manques déjà. Je ne trouve rien d'autre à dire, mon esprit est envahi par cette seule pensée: tu vas partir.
Tu vas partir et sans moi. Tu vas partir et plus rien ne sera comme avant. Avant quoi? Avant ton départ, avant cet instant où nos chemins ont commencé à s'éloigner, avant cet instant où j'ai réalisé combien les moments que nous avons partagés sont précieux, parce que uniques, parce que les derniers...
Tu vas partir et je partirais aussi.

Ce soir, je te verrais. Je ne te dirais pas ce vide que tu vas laisser. Je ne te dirais pas que déjà tu me manques. Je ne te dirais pas que j'ai mal de te voir si loin et si tôt. Je ne te dirais pas que ce départ me fait entrevoir tous les prochains départs. Je ne te dirais pas que j'en souffre.
Ce soir, je vais te voir et je vais te sourire. Je te dirais les espoirs que je veux faire naître en moi, les espoirs qu'un jour, toi et moi retrouverons un peu du temps perdu, de ce temps écoulé, évaporé trop rapidement.
Ce soir, je vais te voir et je vais te sourire. Je sais que tu me souriras aussi et je souffre déjà des douleurs que ton sourire ne parviendra pas à me cacher.
Ce soir, je vais te voir et je vais te sourire. Te sourire du bonheur d'être encore avec toi, alors que déjà tu me manques.

(E. D.)
 
Si vous étiez sur la colonne de la place Vendôme, essaieriez-vous de vous jeter dans les airs? Peut-on arrêter le cours de la vie? L'homme a-t-il jamais pu scinder la mort? Avant d'entrer dans ce cabinet, vous aviez résolu de vous suicider; mais tout à coup un secret vous occupe et vous distrait de mourir. Enfant! chacun de vos jours ne vous offrira-t-il pas une énigme plus intéressante que ne l'est celle-ci? Ecoutez-moi. J'ai vu la cour licencieuse du régent. Comme vous, j'étais alors dans la misère, j'ai mendié mon pain; néanmoins j'ai atteint l'âge de cent deux ans, et suis devenu millionnaire: le malheur m'a donné la fortune, l'ignorance m'a instruit. je vais vous révéler en peu de mots un grand mystère de la vie humaine. L'homme s'épuise par deux actes instinctivement accomplis qui tarissent les sources de son existence. Deux verbes expriment toutes les formes que prennent ces deux causes de mort: VOULOIR et POUVOIR. Entre ces deux termes de l'action humaine, il est une autre formule dont s'emparent les sages, et je lui dois le bonheur et ma longévité. Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit; mais savoir laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme. Ainsi le désir ou le vouloir est mort en moi, tué par la pensée; le mouvement ou le pouvoir s'est résolu par le jeu naturel de mes organes. En deux mots, j'ai placé ma vie, non dans le coeur qui se brise, non dans les sens qui s'émoussent, mais dans le cerveau qui ne s'use pas et qui survit à tout. Rien d'excessif n'a froissé ni mon âme, ni mon corps. Cependant, j'ai vu le monde entier. Mes pieds ont foulé les plus hautes montagnes de l'Asie et de l'Amérique, j'ai appris tous les langages humains, et j'ai vécu sous tous les régimes. J'ai prêté mon argent à un Chinois en prenant pour gage le corps de son père, j'ai dormi sous la tente de l'Arabe sur la foi de sa parole, j'ai signé des contrats dans toutes les capitales européennes, et j'ai laissé sans crainte mon or dans le wigwam des sauvages; enfin j'ai tout obtenu, parce que j'ai tout su dédaigner. Ma seule ambition a été de voir. Voir, n'est-ce pas savoir?... Oh! savoir, jeune homme, n'est-ce pas jouir intuitivement? n'est-ce pas découvrir la substance même du fait et s'en emparer essentiellement? Que reste-t-il d'une possession matérielle? une idée. Jugez alors combien doit être belle la vie d'un homme qui, pouvant empreindre toutes les réalités dans sa pensée, transporte en son âme les sources du bonheur, en extrait mille voluptés idéales dépouillées des souillures terrestres. La pensée est la clef de tous les trésors, elle procure les joies de l'avare sans en donner les soucis. Aussi ai-je plané sur le monde, où mes plaisirs ont toujours été des jouissances intellectuelles. Mes débauches étaient la contemplation des mers, des peuples, des forêts, des montagnes! J'ai tout vu, mais tranquillement, sans fatigue; je n'ai jamais rien désiré, j'ai tout attendu. Je me suis promené dans l'univers comme dans le jardin d'une habitation qui m'appartenait. Ce que les hommes appellent chagrins, amours, ambitions, revers, tristesse, est, pour moi, des idées que je change en rêveries; au lieu de les sentir, je les exprime, je les traduis; au lieu de leur laisser dévorer ma vie, je les dramatise, je les développe; je m'en amuse comme de romans que je lirais par une vision intérieure. N'ayant jamais lassé mes organes, je jouis encore d'une santé robuste. Mon âme ayant hérité de toute la force dont je n'abusais pas, cette tête est encore mieux meublée que ne le sont mes magasins. Là, dit-il en se frappant le front, là sont les vrais millions. je passe des journées délicieuses en jetant un regard intelligent dans le passé; j'évoque des pays entiers, des sites, des vues de l'Océan, des figures historiquement belles! J'ai un sérail imaginaire où je possède toutes les femmes que je n'ai pas eues. je revois souvent vos guerres, vos révolutions, et je les juge. Oh! comment préférer de fébriles, de légères admirations pour quelques chairs plus ou moins colorées, pour des formes plus ou moins rondes! comment préférer tous les désastres de vos volontés trompées à la faculté sublime de faire comparaître en soi l'univers, au plaisir immense de se mouvoir sans être garotté par les liens du temps ni par les entraves de l'espace, au plaisir de tout embrasser, de tout voir, de se pencher sur le bord du monde pour interroger les autres sphères, pour écouter Dieu! Ceci, dit-il d'une voix éclatante en montrant la Peau de chagrin, est le pouvoir et le vouloir réunis. Là sont vos idées sociales, vos désirs excessifs, vos intempérances, vos joies qui tuent, vos douleurs qui font trop vivre; car le mal n'est peut-être qu'un violent plaisir. Qui pourrait déterminer le point où la volupté devient un mal et celui où le mal est encore la volupté? Les plus vives lumières du monde idéal ne caressent-elles pas la vue, tandis que les plus douces ténèbres du monde physique la blessent toujours. (...) qu'est-ce que la folie, sinon l'excès d'un vouloir ou d'un pouvoir?

(H. B.)

(je serais curieuse de voir combien de personnes auront lu cet extrait au complet ;-) )
 
Extrait du "Prophete" de Khalil Gibran

Les enfants

Une femme qui tenait un nouveau-né contre son sein dit : parle-nous des enfants.
Il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles du désir de la Vie pour elle-même.
Ils passent par vous mais ne viennent pas de vous,
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez loger leurs coprs, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même en rêve.
Vous pouvez vous efforcer d'être semblables à eux, mais ne cherchez pas à les rendre semblables à vous,
Car la vie ne revient pas en arrière et ne s'attarde pas avec le passé.
Vous êtes les arcs à partir desquels vos enfants, telles des flèches vivantes, sont lancés.
L'Archer vise la cible sur la trajectoire de l'infini, et Il vous courbe de toutes ses forces afin que les flèches soient rapides et leur portée lointaine.
Puisse votre courbure dans la main de l'Archer être pour l'allégresse,
Car de même qu'Il chérit la flèche en son envol, Il aime l'arc aussi en sa stabilité.

 
Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais: "Quel est le son de sa voix? Quels sont les jeux qu'il préfère? Est-ce qu'il collectionne les papillons?" Elles vous demandent: "Quel âge a-t-il? Combien a-t-il de frères? Combien pèse-t-il? Combien gagne son père?" Alors seulement elles croient le connaître. Si vous dites aux grandes personnes: "J'ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit..." elles ne parviennent pas à s'imaginer cette maison. Il faut leur dire: "J'ai vu une maison de cent mille francs." Alors elles s'écrient: "Comme c'est joli!"

(...)

-Il y a des millions d'années que les fleures fabriquent des épines. Il y a des millions d'années que les moutons mangent quand même les fleurs. Et ce n'est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien? Ce n'est pas important la guerre des moutons et des fleurs? Ce n'est pas sérieux et plus important que les additions d'un gros Monsieur rouge? Et si je connais, moi, une fleur unique au monde, qui n'existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu'un petit mouton peut anéantir d'un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu'il fait, ce n'est pas important ça?
Il rougit, puis reprit:
-Si quelqu'un aime une fleure qui n'existe qu'à un exemplaire dans les millions d'étoiles, ça suffit pour qu'il soit heureux quand il les regarde. Il se dit: "Ma fleur est là quelque part..." Mais si le mouton mange la fleur, c'est pour lui comme si, brusquement, toutes les étoiles s'éteignaient! Et ce n'est pas important ça!


(A. S.-E.)
 

Sanid

Reconnu d’utilité bl adinautique
VIB
(Par soucis de lisibilité je n'ai pas respecté la mise en page originale.)

Or les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu, ils disent à jésus : " maitre, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.

Or, dans la Loi, Mo¨¨ise nous a prescrit de lapider ces femmes. Toi donc, que dis tu?"

Ils disaient celà pour le mettre à l'épreuve, afin d'avoir matière à l'accuser.

Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol.

Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : "Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !"

Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol. Mais eux, entendant cela, s'en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ;

et il fut laissé seul, avec la femme toujours au milieu.

Alors, se redressant, Jésus lui dit : "Femme, où sont-ils? Personne ne t'a condamné ?"

Elle dit : "Personne, Seigneur."

Alors Jésus dit :"Moi non plus, je ne te condamne pas. Va désormais. Ne pèche plus."



Evangile selon Saint Jean
 
Trouvé dans un autre forum :

Toute réflexion faite, le problème ne se pose pas entre la droite et la gauche, entre la base et le sommet, entre religieux et laîques, mais tout simplement entre gens honnêtes et gens malhonnêtes."

El-Moudhahid (quotidien algérien) du 22 février 1990.

Par Boussad ABDICHE, journaliste algérien, pieux, décédé malencontreusement dans l'explosion d'une voiture piègée, il y a quelques années à Alger.

salam
 
[Barry, Dave ] Internet: un réseau international gigantesque, composé de passionnés d'ordinateur, ce qui pour moi signifie «des gens qui n'ont pas d'existence».

 
je n'ai pas voulu t'aimer: je t'aime malgré moi. je n'ai pas voulu t'aimer, je t'aime et je ne voulais pas. je n'ai pas voulu t'aimer, je me savais fragile. je ne voulais pas t'aimer... mais le coeur est un imbécile.

(E. D.)
 


Je suis longtemps resté sur ce rocher, à contempler le vide. Et j'espérais...
Qu'espérais-je? je n'en sais plus rien. J'ai fait tant d'effort pour perdre cet espoir: et le seul moyen a été d'oublier son objet.

(e. d.)
 
"Tout le monde savait qu'il était impossible de le faire. Puis vint un idiot qui ne le savait pas et qui l'a fait " - Marcel Pagnol.
 
"Si l'on s'échange un objet, on en possède chacun un. si l'on échange une idée on en possède chacun deux" Proverbe chinois
 
Dans la nuit, l'arbre de la cour qui faisait ma joie et me permettait de suivre les saisons est tombé d'un coup, sans le moindre souffle de vent. Il était très vieux, certes, cet arbre, mais rien n'explique cette chute. Comment expliquer la chute de leur arbre aux oiseaux?


Jean Chalon - Journal d'un biographe
 
Comment reconnaît-on le grand amour? C'est quand la seule personne qui puisse vous réconforter est celle qui vous a fait souffrir.
 
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