boptitprince
je ne suis qu'un prince..
Fatima Zibouh: "Le candidat ne suffit pas"
M. Co.
Mis en ligne le 28/06/2010
Fatima Zibouh pointe un décalage entre population dorigine étrangère et sa représentation. MR et Ecolo doivent faire des efforts, note-t-elle.
Comment le vote "ethnique" a-t-il influencé les résultats du scrutin fédéral du 13 juin dernier ? Tentative de réponse avec Fatima Zibouh, chercheuse à lUniversité de Liège et auteure dune étude sur la participation politique des élus dorigine maghrébine lors des élections régionales de 2004. Il faut également rappeler la polémique née de la désignation de la jeune femme voilée au conseil dadministration du Centre pour légalité des chances. Si Fatima Zibouh assure quelle nest aucunement membre dEcolo, cest bien le parti vert qui la proposée à ce poste.
Mais retour à lanalyse des élections, parti par parti. "La présence sur les listes de candidats dorigine étrangère est beaucoup plus forte lors des élections communales, a fortiori dans les communes à forte densité de population dorigine étrangère, entame Fatima Zibouh. Cette présence diminue pour les régionales et encore pour les élections fédérales. Les résultats des dernières élections montrent que le pourcentage délus dorigine étrangère est inférieur au pourcentage de personnes dorigine étrangère dans la population. Il y a un décalage." Pour elle, deux explications simposent. Dabord le fait que les partis politiques ont eu finalement très peu de temps pour constituer leurs listes, compte tenu du caractère anticipé du vote. Et en second lieu, lidée selon laquelle, pour les partis, le vote "allochtone" représente un enjeu électoral beaucoup moins important (les non-Belges ne votant que pour les communales) que pour des élections qui se déroulent à dautres niveaux de pouvoir.
"Oui bien sûr des candidats dorigine étrangère se sont présentés, surtout au parti socialiste, ajoute Fatima Zibouh. Je pense naturellement à la ministre de la Culture (Fadila Laanan) ou au secrétaire dEtat Bruxellois (Emir Kir), cest également le cas au Sénat. Ce qui fait dire à certains que le fait de tenir compte de lévolution sociologique du pays permet dengranger des voix. À cet égard jai été marquée par les déclarations dOlivier Maingain, pour qui ce nest suffisamment pas le cas au MR".
Le CDH, en revanche, joue la carte "allochtone" depuis un certain nombre de scrutins, sans pour autant en récolter un avantage déterminant. "Mettre un candidat dorigine étrangère ne suffit pas, commente Fatima Zibouh. Il faut également tenir compte des préoccupations de ces populations. Je rappelle que selon une étude de lULB, près de 50 % des musulmans votent socialiste alors quon aurait pu imaginer que cet électorat se dirigerait naturellement vers le CDH, réputé plus proche du religieux".
Quant à Ecolo, "il va devoir aussi tenir compte de lévolution quannoncent les démographes sil veut engranger plus de voix", indique Fatima Zibouh, qui précise que les préoccupations dEcolo sur lenvironnement sont surtout celles de classes moyennes et ne touchent pas forcément les populations dorigine étrangère. Au final, même si tous les sièges nont pas été attribués (jeux des suppléances et des cooptations obligent), la présence délus dorigine étrangère ne sannonce pas si insignifiante que cela au Parlement. Ainsi, la N-VA fait entrer deux candidates, dorigines turque et marocaine, à la Chambre qui, pour lheure, devrait compter 6 députés dorigine non belge sur 150, apportés par le PS, le SPA, la N-VA, le CD&V Ecolo et Groen ! Au Sénat, sur 40 sièges à élection directe, trois devraient être occupés par des élus dorigine étrangère. Trois autres peuvent encore se trouver parmi les 21 sénateurs de Communauté et cooptés
M. Co.
Mis en ligne le 28/06/2010
Fatima Zibouh pointe un décalage entre population dorigine étrangère et sa représentation. MR et Ecolo doivent faire des efforts, note-t-elle.
Comment le vote "ethnique" a-t-il influencé les résultats du scrutin fédéral du 13 juin dernier ? Tentative de réponse avec Fatima Zibouh, chercheuse à lUniversité de Liège et auteure dune étude sur la participation politique des élus dorigine maghrébine lors des élections régionales de 2004. Il faut également rappeler la polémique née de la désignation de la jeune femme voilée au conseil dadministration du Centre pour légalité des chances. Si Fatima Zibouh assure quelle nest aucunement membre dEcolo, cest bien le parti vert qui la proposée à ce poste.
Mais retour à lanalyse des élections, parti par parti. "La présence sur les listes de candidats dorigine étrangère est beaucoup plus forte lors des élections communales, a fortiori dans les communes à forte densité de population dorigine étrangère, entame Fatima Zibouh. Cette présence diminue pour les régionales et encore pour les élections fédérales. Les résultats des dernières élections montrent que le pourcentage délus dorigine étrangère est inférieur au pourcentage de personnes dorigine étrangère dans la population. Il y a un décalage." Pour elle, deux explications simposent. Dabord le fait que les partis politiques ont eu finalement très peu de temps pour constituer leurs listes, compte tenu du caractère anticipé du vote. Et en second lieu, lidée selon laquelle, pour les partis, le vote "allochtone" représente un enjeu électoral beaucoup moins important (les non-Belges ne votant que pour les communales) que pour des élections qui se déroulent à dautres niveaux de pouvoir.
"Oui bien sûr des candidats dorigine étrangère se sont présentés, surtout au parti socialiste, ajoute Fatima Zibouh. Je pense naturellement à la ministre de la Culture (Fadila Laanan) ou au secrétaire dEtat Bruxellois (Emir Kir), cest également le cas au Sénat. Ce qui fait dire à certains que le fait de tenir compte de lévolution sociologique du pays permet dengranger des voix. À cet égard jai été marquée par les déclarations dOlivier Maingain, pour qui ce nest suffisamment pas le cas au MR".
Le CDH, en revanche, joue la carte "allochtone" depuis un certain nombre de scrutins, sans pour autant en récolter un avantage déterminant. "Mettre un candidat dorigine étrangère ne suffit pas, commente Fatima Zibouh. Il faut également tenir compte des préoccupations de ces populations. Je rappelle que selon une étude de lULB, près de 50 % des musulmans votent socialiste alors quon aurait pu imaginer que cet électorat se dirigerait naturellement vers le CDH, réputé plus proche du religieux".
Quant à Ecolo, "il va devoir aussi tenir compte de lévolution quannoncent les démographes sil veut engranger plus de voix", indique Fatima Zibouh, qui précise que les préoccupations dEcolo sur lenvironnement sont surtout celles de classes moyennes et ne touchent pas forcément les populations dorigine étrangère. Au final, même si tous les sièges nont pas été attribués (jeux des suppléances et des cooptations obligent), la présence délus dorigine étrangère ne sannonce pas si insignifiante que cela au Parlement. Ainsi, la N-VA fait entrer deux candidates, dorigines turque et marocaine, à la Chambre qui, pour lheure, devrait compter 6 députés dorigine non belge sur 150, apportés par le PS, le SPA, la N-VA, le CD&V Ecolo et Groen ! Au Sénat, sur 40 sièges à élection directe, trois devraient être occupés par des élus dorigine étrangère. Trois autres peuvent encore se trouver parmi les 21 sénateurs de Communauté et cooptés