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le festival d’Agadir " Timitar "

Discussion dans 'Culture' créé par MAROKKANER80, 12 Juillet 2005.

Quand le Jazz épouse le rythme amazigh : le festival d’Agadir " Timitar " initie une nouvelle création musicale. Le public Gadiri et les...

  1. MAROKKANER80

    MAROKKANER80

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    11 Juillet 2005
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    Quand le Jazz épouse le rythme amazigh : le festival d’Agadir " Timitar " initie une nouvelle création musicale.





    Le public Gadiri et les touristes nationaux et étrangers ont eu, dimanche soir au théâtre de verdure d’Agadir, l’occasion de suivre un spectacle inédit où fusionne le chant amazigh et la musique arabo-espagnole. Il s’agit d’une récente création de jazz issue de deux résidences ayant lieu à agadir en février 2005 et à Vic (Catalogne) en avril 2005.

    Intitulée An Yalkam / Connexio Argan est une création musicale réalisée en deux résidences à Vic (Catalogne) et à Agadir, qui ont permis d’associer la musique instrumentale amazighe et le jazz contemporain.

    L’improvisation musicale étant une caractéristique commune à tout langage, la rencontre et les échanges entre les musiciens espagnols et marocains se sont fait naturellement et a permis un travail extrêmement riche sur la construction des harmonies et les combinaisons instrumentales. Initié par le directeur Artistique du Festival d’Agadir Timitar, Brahim El Mazned et par le directeur Artistique du Festival Musica Viva de Vic de Barcelone, Manel Montanés, le projet An Yalkam / Connexio Argan est né de la volonté de contribuer au renforcement des relations culturelles entre l’Espagne et le Maroc.

    La collaboration entre les deux festivals a eu un rôle promotionnel pour Timitar et El Mercat de Musica Viva de Vic et pour les musiciens ayant participé au projet et a mis en lumière leur parcours professionnel et musical. Cette création Jazz réunit les musiciens Driss El Maloumi, virtuose du Oud et invité régulier de l’ensemble HESPERION XXI de Jordi Savall, Lahoucine Baqir, percussionniste et Rachid Zeroual, joueur de Ney et de Kawala et le batteur Xavier Maureta, le pianiste Albert Bover, le saxophoniste Llibert Fortuny et le contrebassiste Raimon Ferrer.

    Sous la direction musicale de Driss El Maloumi et Xavier Maureta ces sept musiciens affirment dans la liberté que leur offre le Jazz une générosité réciproque qui ouvre le champ infini de la musique à la culture de l’autre. Soutenu par le ministère espagnol de la Culture, ce projet est une fusion des cultures méditerranéennes des deux pays, et est basé sur la rencontre de musiciens et à la confrontation de leurs expériences.

    L’aboutissement de ce projet est la réalisation d’un CD reprenant les morceaux créés par les sept musiciens. Le projet An Yalkam / Connexio Argan a également bénéficié du soutien de la télévision Catalane (TV3) qui a réalisé un documentaire sur une cette expérience et sur les valeurs culturelles qu’elle a véhiculé. Après le festival Agadir Timitar, An Yalkam / Connexio Argan se produira en Espagne au Festival de Vic le 15 septembre prochain avant d’entamer une tournée européenne. Dans cette même enceinte, le groupe américain The Medicine Show a offert aux nombreux spectateurs présents une panoplie de musique Jazz.

    Mené par le percussionniste et batteur américain d’origine libanaise Jamey Haddad " The Medicine show ", Quintet de Jazz aux accents du monde réunit les musiciens Steve Shehan (Percussions), Billy Drewes (Saxophone), Kip Reed (Basse) et Tino Derado (Piano).

    Leur musique allie tout en finesse leur pratique de l’improvisation et les influences liées à leurs parcours musicaux, ils peuvent convier les musiques balinaises ou brésiliennes pour nous offrir une réinterprétation contemporaine des sonorités planétaires. Du côté marocain, le maestro Moha ou Hamou Zayani Achiban et son ensemble étaient présents sur la place Al Amal où le public gadiri leur a réservé un accueil exceptionnel digne de cet homme âgé de plus de 70 ans, et toujours plein d’énergie.

    Depuis 1950, Moha Oulhoussein porte le flambeau de l’Ahidous du Moyen Atlas marocain partout dans le monde. Véritable ambassadeur de la tradition amazighe marocaine par son talent et son charisme, Moha dirige une troupe de 21 personnes comme un Maestro digne de ce nom. Dans le répertoire Ahidous, des hommes et des femmes dansent et chantent sur des rythmes de tambourin et des battements de mains. Le " Izli " poème en deux versets répétitifs, souvent improvisé, constitue le cœur du chant Ahidous. Comme dans la plupart des formes orales traditionnelles du Maroc, ce chant reflète la vie de tous les jours, mais avec une tendance marquée vers la satire.

    Par la suite, c’était au tour du Rays Outtaleb Lamzoudi de faire vibrer les Imazighens. Rays Outtaleb Lamzoudi est l’un des plus grands artistes de la musique et de la chanson amazighe. Originaire du village de Imzoudn, il est un fervent défenseur de la culture amazighe depuis les années 1990. Poète et musicien, Il a collaboré avec Tachinouite, Rayssa Kelly et bien d’autres artistes de renom. Après le décès du Rays Albnsir, il reprend brillamment le flambeau et comble le vide laissé dans la chanson des Rways.

    Cet enfant du pays nous enivrera de sa poésie en nous proposant des chants populaires porteurs d’une richesse qui favorise la rencontre entre les cultures. La place Al Amal a également apprécié la prestation musicale offerte par le groupe italien Enzo Avitabile & Bottari. Globe-trotter de la musique et ambassadeur de l’extraordinaire scène napolitaine, Enzo Avitabile est en quête perpétuelle, engagé dans une exploration musicale sans limites qui le mène des Etats Unis à l’Afrique Noire, de Naples jusqu’à la Palestine pour défricher de nouveaux territoires sonores.

    Avec son ensemble de percussions, Enzo Avitabile perpétue la tradition rurale de la Campania, région de Naples, où résonnent les rythmes primitifs des tonneaux et cette pulsation obsédante et énergique qui monte comme une transe. Les textes, interprétés à la manière d’un blues méditerranéen, racontent en dialecte napolitain teinté d’une certaine ironie les souffrances des peuples. Il nous offre une forme d’expression spectaculaire et hypnotique dont les racines sont millénaires.