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Flash, dernières infos.

Deux arrestations à Tanger, un egyptien résidant en Belgique arrivé au Maroc quelques jours avant les agréssions et d'un ancien officier Imirati spécilaisé dans les explosifs résidant en Angletterre.
Le Kamikaze qui a fait sauter sa bombe à côté du cimetière juif s'aurait trompé de cible.
 
Avec célérité, le président américain George W. Bush a offert au Maroc l’aide des Etats-Unis pour la recherche des terroristes responsables des attentats qui ont fait 41 morts à Casablanca. Un geste qui semble ne pas s’étendre aux autres Etats du Maghreb.

Bush a justifié cette aide, dont on ignore la nature, par le fait que: «Le Maroc est un ami proche des Etats-Unis et nous offrons notre aide au gouvernement marocain pour arrêter et conduire devant la justice les responsables». Il ajoutera que «Casablanca est une ville bien connue pour sa tolérance et la diversité de sa communauté ethnique et religieuse. Ces actes démontrent que la guerre contre le terrorisme est en cours» en référence à la présence d’une forte communauté juive marocaine dans la capitale économique du royaume. Une déclaration appuyée, plus tôt, par celle de Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la Défense américain, qui soulignait que »Le Maroc se distingue au sein du monde arabe, en tant que pays réalisant des avancées significatives vers la démocratie». Mieux, une semaine avant les attentats, Rabat a reçu la visite secrète de George Tenet, le directeur général de la CIA américaine !

Aide militaire ou antiterroriste ? Les Etats-Unis veulent dans un premier temps expédier une équipe d’experts du FBI à Casablanca, «si le Maroc le demande», indiquait Bill Carter, porte-parole de la police fédérale américaine: «le FBI aurait besoin d’accéder aux sites visés». Comme dans les autres lieux d’attentats en Arabie Saoudite, en Malaisie, au Pakistan ou au Kenya, le FBI dépêche des experts en explosifs, des scientifiques et des agents spécialisés dans les techniques d’interrogatoire, soutenues par un matériel scientifique et informatique de la dernière génération. Mais l’aide américaine pourrait englober d’autres aspects comme un «matériel militaire spécifique» destiné à lutter contre les réseaux dormants du Djihad salafiste local ou Al-Qaïda que le FBI estime qu’il «est trop tôt pour préciser si l’organisation d’Oussama Ben Laden était derrière ces attaques». Une manière de mettre la pression sur Rabat d’accepter l’aide américaine, notamment au début de l’enquête qui est souvent cruciale dans la lutte antiterroriste. D’ailleurs, des enquêteurs spécialisés de l’antiterrorisme français et américains sont déjà arrivés dès samedi à Casablanca, explique-t-on de source diplomatique occidentale. Mais au-delà de l’accord du palais royal, le Maroc doit faire face à une opinion publique remontée contre les Américains comme l’indique cet homme d’affaires marocain de Casablanca cité par l’AFP: «Si les Américains nous «aident», nous pouvons commencer à nous inquiéter (...). Allons-nous bientôt voir des militaires américains sur le sol marocain ?». Mais le Maroc ne peut pas faire abstraction de l’expertise américaine du fait que sa police et ses services ne sont pas aguerris à la lutte antiterroriste et sont rongés par la corruption et gagnés également par l’islamisme. La coopération américano-marocaine a déjà été effective dans la lutte antiterroriste. En 1998, après les attentats contre les ambassades US au Kenya et en Tanzanie, le FBI avait reçu l’aide d’agents marocains en Afrique de l’est, où ils étaient implantés. Mieux, selon des informations jamais démenties, les services marocains auraient mené des interrogatoires pour le compte du FBI et de la CIA, notamment de prisonniers de Guantanamo, du fait que les Marocains étaient réputés ne pas faire dans la dentelle. Cette coopération est également étendue au Mossad israélien qui utilise la DGED, services secrets marocains, comme un «sous-traitant» traditionnel au Maghreb. Les médias israéliens ont d’ailleurs fait état d’une aide prochaine des renseignements israéliens du moment que ce seraient les 7 ressortissants israéliens logeant à l’hôtel Safir qui étaient ciblés par deux kamikazes, au-delà du centre israélite de Casablanca. Même si elle sera très discrète par rapport aux Américains. L’aide proposée par les Américains n’est pas une surprise et s’inscrit dans une longue tradition de partenariat militaire entre Washington et Rabat. L’infanterie marocaine utilise des M16, l’aviation des F15 et bientôt des F20 et les forces blindées des Abrahams américains. Une station d’écoute de la NSA se trouve du côté de Nador et la CIA a toujours catalogué les souverains marocains, dont Hassan II, comme «un souverain ami». Tous ces facteurs font que le Maroc semble l’allié privilégié des Etats-Unis au Maghreb et que la confiance, envers les militaires et les services algériens dont l’expertise est reconnue par Washington, ne soit pas du même acabit. Depuis le double voyage du président Bouteflika aux Etats-Unis, les équipements militaires demandés par l’Algérie sont toujours en attente du feu vert du Congrès. C’est du moins la version livrée par William Burns qui avait promis, lors de son passage à Alger, le matériel de vision nocturne, les radars et les hélicoptères Apache nécessaires à la traque terroriste. Malgré le fait qu’aucune cible américaine n’a été visée à Casablanca, les Américains ont instantanément offert leur assistance aux Marocains. Ce qui pourrait faire réfléchir Alger sur les «deux poids, deux mesures» pratiqués également dans la lutte antiterroriste malgré «la menace globale que fait peser Al-Qaïda sur le monde» dixit Bush.

Le Quotidien d'Oran, Algérie
 
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