Islam : crise culturelle grave et terrorisme.

Ce sujet aurait pu être dans la rubrique Islam, mais il est davantage lié à l'actualité nationale et internationale. Ce post peut aussi faire l'écho d'un sondage annonçant que plus de 70% des français jugent l'Islam comme intolérant.
Face à ce type de sondage, qui n'est pas spécifique à la France (l'Islam a une mauvaise image un peu partout sur Terre), il est tentant de relativiser les études ou encore d'invoquer l'ignorance sur notre religion. Bref si on a peur de l'Islam ou si on le juge dangereux, alors forcément le problème ne vient pas des communautés musulmans, mais vient plutôt des non-musulmans. Parfois on tombe même dans le simplisme le plus absolu : si on pense que l'Islam est dangereux... alors on est forcément islamophobe.
Plantons immédiatement le décor, l'Islam a une mauvaise image à cause :
(1) du comportement d'une poignée de musulmans complétement barges, des pendants des nazis, qui donnent aux islamophobes des prétextes et des arguments pour conclure que l'Islam est dangereux et violent.
(2) de la non cohérence des musulmans. Précisons ce propos : nous, musulmans, expliquons que notre religion est paix, amour et tolérance or dans les faits, on observe tout le contraire. Les exemples d'exécutés d'apostats, les interdits de pratiques religieuses ou de construction d'églises ou temples hindous, ne manquent pas. Ajoutons à cela des actes barbares (lapidations, châtiments corporels) au nom de l'Islam.
 
Nous ne sommes pas cohérents, car bien que l'on condamne sans concession ces violences et discriminations, nous ne nous posons pas la question du "pourquoi ?". Pourquoi des musulmans sont convaincus qu'il est islamique de lapider, tuer, exécuter un apostat, persécuter des homosexuels ou encore d'abaisser la femme. Et les rares moments de débat, nous concluons exclusivement par des arguments économiques, sociaux ou géopolitiques. Plus précisément, on explique ces violences à cause de la pauvreté, de l'ignorance, le manque d'instruction ou les conflits locaux. Ces arguments sont réels, mais c'est être malhonnête intellectuellement que de nier qu'il existe une autre cause à ces violences. Le terrorisme, la violence, les lapidations, les discriminations en terre musulmane sont des sous-produits de l'Islam. La civilisation arabo-islamique contient en elle les germes de ces tueries ou de ces discriminations. On peut faire l'analogie avec le nazisme, la culture allemande a produit le meilleur (Goethe, Beethoven) mais aussi le pire (Hitler, le nazisme). Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, les allemands ont regardé avec lucidité leur culture et leur société, pour comprendre pourquoi ils ont produit le nazisme. Puis ils ont solutionné leur problème. Mais notons que les allemands ont accepté que le nazisme n'était pas arrivé par hasard et qu'il était un sous-produit de leur culture. Ils ont donc fait un travail d'auto-critique. Or dans notre cas, les communautés et sociétés musulmanes, ont un mal fou à admettre que le terrorisme ou le djihadisme sont un sous-produit de l'Islam. Pourtant des intellectuels musulmans n’hésitent pas poser le problème, par exemple Tariq Ramadan explique que ces violences s'expliquent sur le plan religieux par une lecture littérale des Textes.
Lutter contre le djihadisme passe par des réponses policière (démantèlement de réseaux terroristes), politique (lutte contre la pauvreté et instruction des populations) mais cette lutte devra aussi être théologique : il faudra un jour ou l'autre s'atteler à la question : que disent les Textes ? sont-ils violents ? quelle légitimité à telle ou telle autorité religieuse ?
Pour résumer, l'Islam traverse une crise culturelle grave, la plupart des musulmans ne le perçoive pas, idéalisant leur religion ou invoquant avec nostalgie le passé prestigieux des cultures arabo-islamiques. Cette crise doit être solutionner, non pas pour les non-musulmans, mais d'abord et avant tout pour l'Islam et les musulmans. Car les premières victimes des lectures violentes et rétrogrades des Textes nuisent d'abord aux musulmans et aux sociétés musulmanes.
Il y a deux pièges dans lesquels il ne faut pas tomber, d'une part l’auto-flagellation, qui consiste à se dire pour simplifier "l'islam c'est de la m***, nous sommes trop attardés, nous ne réussirons jamais à réformer la conscience islamique" et d'autre part le piège du déni : "tout va bien, il n'y a aucun problème, l'Islam c'est parfait... les musulmans aussi, si on a peur de l'Islam le problème ce sont les autres, les médias, E.T., Bob l'éponge, le Grand Méchant Loup, Israël, les USA, sans oublier Chewbacca !" Notons que el déni est la meilleure façon de maintenir cette crise culturelle.

A vos claviers !
 
Retour
Haut