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Des journalistes alertent Nicolas Sarkozy sur l'état de leur profession

D'abord notre bien aimé président porte plainte contre les guignols, car ces goujats ont eu l'indélicatesse de caricaturer son fils chéri. Pas bieen! Maintenant, les journalistes se mobilisent pour faire valoir leur droit de pratiquer, sans être brimé. De ce fait, on est vraiment en situation de se demander s'il existe véritablement une liberté d'expression en France?

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Plans sociaux, précarisation, non-protection de sources, arrêt de la publicité dans l'audiovisuel public : dans une lettre ouverte, les principaux syndicats de journalistes ont alerté, jeudi 5 novembre, le président Nicolas Sarkozy sur la situation "extrêmement préoccupante" des médias d'information.

Les syndicats SNJ, SNJ-CGT et CFDT ont adressé leur lettre à l'occasion de la journée européenne pour les journalistes ("Stand up for journalism", soit "Debout pour le journalisme"). "Il s'agit d'attirer l'attention de Nicolas Sarkozy et de l'opinion publique sur la difficulté à faire notre travail", a indiqué Alain Girard, secrétaire national du SNJ, premier syndicat de journalistes en France.

"Il y a une confusion croissante entre la communication et l'information, car les rédactions sont de moins en moins indépendantes", ajoute-t-il. Dans leur lettre, les syndicats estiment que depuis l'élection de Nicolas Sarkozy "la situation des médias s'est sensiblement aggravée", sur le plan tant économique qu'éditorial. "Il n'est pas un jour sans qu'un journal, un hebdomadaire, une radio, une télévision ne licencie des journalistes en prétextant la crise économique", indiquent-ils.

DES SOURCES PAS TOUJOURS PROTÉGÉES

Depuis le début de l'année, 2 300 journalistes se sont retrouvés au chômage, la profession regroupant 38 000 salariés, relève la lettre. Elle rappelle le projet de 206 licenciements à Radio France internationale, les licenciements chez Gamma (32 salariés) et un plan de départs volontaires à la retraite visant jusqu'à 900 personnes à France Télévisions (France 2, France 3, France 4, France O).

Selon les syndicats, les patrons de presse "amenuisent les moyens" des rédactions, tandis que "la seule préoccupation" des actionnaires des groupes de presse est "de rentabiliser" sans souci pour la qualité. "Le pluralisme est atteint en son cœur. Les fusions, les rachats, les concentrations au profit de grands groupes de presse dont vous vous félicitez d'être proche (Lagardère, Bolloré) ou du Crédit mutuel (groupe EBRA), ne contribuent pas à sauver, ni même à conforter les titres", estiment les syndicats.

Le code de déontologie des journalistes, élaboré dans le cadre des états généraux de la presse, inquiète également, puisqu'il n'engage que la responsabilité des journalistes et pas celle des directeurs de rédaction. En outre, les sources ne sont toujours pas protégées, "alors que la loi et la justice européennes l'imposent". Sont rappelées les perquisitions de police au Canard enchaîné, à L'Equipe ou au Point.

VERS UNE RÉFORME LÉGISLATIVE ?

Dans l'audiovisuel public, l'avenir de France Télévisions et de Radio France est "obéré par la suppression de la publicité [décidée par Nicolas Sarkozy] sans la garantie de moyens équivalents 'à l'euro' près". Les syndicats critiquent également un projet de réforme du statut de l'AFP, qui, estiment-ils, revient à opter "avec la direction de cette agence mondiale, la seule non anglo-saxonne, pour son étatisation, après avoir mis à l'encan son statut qui, depuis un demi-siècle, a préservé son indépendance".

Un projet de réforme du statut de l'AFP est prévu, porté par la direction au nom de son développement mais combattu par les syndicats au nom de son indépendance. Les syndicats de journalistes invitent notamment Nicolas Sarkozy à une réforme législative pour reconnaître "l'indépendance juridique des équipes rédactionnelles". Ils demandent une garantie des ressources pour les services publics et souhaitent que les aides publiques "ne servent plus seulement à enrichir les actionnaires".

Source: LeMonde.fr
 
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