Le roi Mohammed VI a entendu les échos de la révolution arabe alors même que son pays connaît des manifestations répétées de sa jeunesse depuis le 20 février dernier. Dès le 9 mars, il a pris l'initiative d'ouvrir un processus de révision de réforme de la Constitution, pris au pied de la lettre par les manifestants qui y ajoutent, comme ce dimanche à Marrakech la revendication de "Justice sociale" et "Non à la corruption".
Mais si la démarche semble habile (le nom du roi n'a été conspué que par une petite partie des manifestants de Casablanca il y a une semaine) la procédure commence à faire problème. C'est à un juriste de haut vol, proche de "l'opposition de Sa Majesté" Abdetif Menouni qu'a été confiée la présidence d'une commission chargée de la révision, laquelle a aussitôt reçue le soutien des socialistes de l'USFP, des néo-communistes du PPS et même des islamistes du PJD. Mais voilà, les travaux se déroulent à huis clos entre le conseiller politique du roi Mohamed Moatassim, un collège de constitutionnalistes et Omar Azzimane responsable du projet de régionalisation.
L'habileté consiste en effet de faire d'une réforme de l'Etat territorial donc du système régional, une voie consensuelle de la réforme dans son ensemble. Le débat sur ce sujet a été lancé par le roi encore dès le 6 janvier 2010 sous le vocable de "régionalisation avancée". Il est lui, public. Un rapport de la commission ad hoc a déjà été publié. Un colloque vient de se tenir pendant trois jours à Marrakech à l'Ecole des Hautes Etudes Economiques et Commerciales en présence des étudiants et des représentants de sept partis parmi les plus actifs. A l'ordre du jour figurait la confrontation avec l'expérience française: elle me semblait légitime dés lors que nous avons à faire à deux monarchies également suspicieuses devant un contre-poids régional. C'est en tout cas sous cet angle que j'ai considéré pouvoir la mener et y participer. En fait le projet prévoit la réduction du nombre de régions (de 16 à 12) et le "transfert des pouvoirs du centre vers la périphérie". Les présidents de Conseils régionaux deviendront les chefs véritables des exécutifs en lieu et place des gouverneurs et des Wallis. Ils disposeront des ressources des assemblées communales pour financer en propre leurs projets. Surtout l'élection au suffrage universel direct est généralisée ; il restera semble-t-il des membres de droit avec voix consultative mais cela pourrait permettre une représentation de la société civile et des organisations syndicales et professionnelles. Dans ce cadre, une place est expressément faite à la prise en compte du "genre" dans la composition des assemblées: l'égalité des femmes avec les hommes est posée comme un principe pour assurer leur accès jusqu'aux postes de direction. Certains parlent de discrimination positive sans aller jusqu'à la parité effective.
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http://blogs.mediapart.fr/blog/paul...es-incertaines-de-la-democratisation-au-maroc
Mais si la démarche semble habile (le nom du roi n'a été conspué que par une petite partie des manifestants de Casablanca il y a une semaine) la procédure commence à faire problème. C'est à un juriste de haut vol, proche de "l'opposition de Sa Majesté" Abdetif Menouni qu'a été confiée la présidence d'une commission chargée de la révision, laquelle a aussitôt reçue le soutien des socialistes de l'USFP, des néo-communistes du PPS et même des islamistes du PJD. Mais voilà, les travaux se déroulent à huis clos entre le conseiller politique du roi Mohamed Moatassim, un collège de constitutionnalistes et Omar Azzimane responsable du projet de régionalisation.
L'habileté consiste en effet de faire d'une réforme de l'Etat territorial donc du système régional, une voie consensuelle de la réforme dans son ensemble. Le débat sur ce sujet a été lancé par le roi encore dès le 6 janvier 2010 sous le vocable de "régionalisation avancée". Il est lui, public. Un rapport de la commission ad hoc a déjà été publié. Un colloque vient de se tenir pendant trois jours à Marrakech à l'Ecole des Hautes Etudes Economiques et Commerciales en présence des étudiants et des représentants de sept partis parmi les plus actifs. A l'ordre du jour figurait la confrontation avec l'expérience française: elle me semblait légitime dés lors que nous avons à faire à deux monarchies également suspicieuses devant un contre-poids régional. C'est en tout cas sous cet angle que j'ai considéré pouvoir la mener et y participer. En fait le projet prévoit la réduction du nombre de régions (de 16 à 12) et le "transfert des pouvoirs du centre vers la périphérie". Les présidents de Conseils régionaux deviendront les chefs véritables des exécutifs en lieu et place des gouverneurs et des Wallis. Ils disposeront des ressources des assemblées communales pour financer en propre leurs projets. Surtout l'élection au suffrage universel direct est généralisée ; il restera semble-t-il des membres de droit avec voix consultative mais cela pourrait permettre une représentation de la société civile et des organisations syndicales et professionnelles. Dans ce cadre, une place est expressément faite à la prise en compte du "genre" dans la composition des assemblées: l'égalité des femmes avec les hommes est posée comme un principe pour assurer leur accès jusqu'aux postes de direction. Certains parlent de discrimination positive sans aller jusqu'à la parité effective.
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