Lucette Destouches, la veuve de Louis-Ferdinand Céline est morte

Drianke

اللهم إفتح لنا أبواب الخير وأرزقنا من حيت لا نحتسب
Contributeur
Lucette Destouches s'est éteinte chez elle à Meudon à l'âge de 107 ans. Elle voua toute sa vie à l'auteur du "Voyage au bout de la nuit".

Depuis plus de 58 ans, on l'appelait "Madame Céline", preuve du respect, presque de la déférence que l'on accordait à cette ancienne professeur de danse au destin hors du commun. En 1935, elle n'a que 21 ans quand elle croise l'écrivain déjà auréolé du succès du Voyage au bout de la nuit et qui s'apprête à publier Mort à crédit. Coup de foudre ! Seule la mort les séparera, celle de Louis-Ferdinand en 1961. Elle est tellement pressée de le rejoindre que sur sa tombe, elle fait graver "Lucette Destouches, 1912-19…" Mais Dieu ne voulait pas d'elle ! Lucette Almanzor (son nom de scène, ou Almansor, son nom de jeune fille) s'est éteinte finalement ce vendredi matin chez elle à Meudon à l'âge de 107 ans.

Gardienne du temple, elle habitait la maison de Meudon qui fut le dernier domicile de Céline. C'est ici, au premier étage de la villa Maïtou, 23 ter route des Gardes que l'écrivain décéda le samedi 1er juillet 1961. Dans l'ombre du géant, elle donnait des cours de danse. Et jusqu'à son dernier souffle, elle perpétua inlassablement son souvenir... Avec l'aide de François Gibault, elle s'oppose à la reparution de ses pamphlets antisémites en France : Bagatelles pour un massacre, L'École des cadavres ou Les Beaux Draps. Toujours avide de découvrir de nouveaux talents, elle fit de son repaire du bas de Meudon un passage obligé pour tous ceux qui voulaient entendre parler de l'écrivain ou recueillir des conseils artistiques. Fabrice Lucchini, Pascal Sevran, Patrick Poivre d'Arvor, Marc-Édouard Nabe - qui lui consacra l'un de ses meilleurs livres -, Frédéric Vitoux, mais aussi Patrick Besson, les 2be3 vinrent régulièrement partager son dîner. Souvent allongée sur une méridienne en face d'une cage où voletait Toto, un perroquet copie conforme du Toto de Céline mort dans les années 70, Lucette était curieuse de tout et friande des bruits de la ville. Elle ne ratait pas un journal télévisé, conservait une mémoire intacte au point de se souvenir d'une soirée donnée par Otto Abetz, l'ambassadeur d'Allemagne à Paris pendant la guerre. Figure discrète des lettres et des arts de la seconde moitié du XXe siècle, Lucette Almanzor fut intime de figures aussi considérables que les écrivains Paul Morand, Antoine Blondin, Roger Nimier ou Marcel Aymé, des prestigieux comédiens Michel Simon et Arletty, du peintre Jean Dubuffet, du chanteur Mouloudji... Sa maison était devenu un lieu de pélérinage où malgré deux incendies à la fin des années 60 puis en 1975 on conservait pieusement les reliques du maître.......................................

https://www.lepoint.fr/culture/la-veuve-de-louis-ferdinand-celine-est-morte-08-11-2019-2346064_3.php
 
Haut