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Maroc: Un journaliste inculpé pour outrage au Roi

Le directeur de deux journaux marocains inculpé pour outrage à la personne du roi

lundi 21 avril 2003, 23h53
RABAT (AP) - Le directeur des hebdomadaires satiriques francophone "Demain Magazine" et arabophone "Doumane", Ali Lmrabet, a été inculpé lundi pour "outrage à la personne du roi, atteinte au régime monarchique et à l'intégrité territoriale", a-t-on appris auprès de l'intéressé.

Ali Lmrabet a déjà été interrogé par la police au sujet de la publication d'articles et de caricatures portant sur le budget de la liste civile royale, l'affaire de l'esclavage et le Sahara Occidental. Il lui a également été interdit le 17 avril de quitter le Maroc à destination de Paris.

Selon la loi marocaine, les délits dont il est inculpé sont passibles de trois à cinq ans de prison et de 10.000 à 100.000 dirhams marocains d'amende (930 à 9.300 euros). AP

 
elle est ou la liberte d'expression???
est ce que c'est un crime de vouloir debatre sur le faramineux budget des palais???? :-?
 
RABAT, 21 avr (AFP) - Le directeur de deux hebdomadaires marocains, Demain Magazine et Doumane, est convoqué le 7 mai devant un tribunal de Rabat pour répondre de divers délits dont "l'outrage à la personne du roi", a-t-on appris lundi auprès de l'intéressé.
Ali Lmrabet, directeur de ces deux publications
satiriques, a indiqué à l'AFP que la procédure
judiciaire engagée contre lui concerne des articles publiés dans un exemplaire de Demain magazine et dans deux numéros de Doumane (en langue arabe).
Outre l'outrage à la personne du roi, le procureur de Rabat, auteur de la convocation de M. Lmrabet, a retenu les charges d'atteintes au "régime monarchique" et à "l'intégrité territoriale" du royaume, a indiqué M. Lmrabet.
Les articles incriminés concernent le budget de la
liste civile royale voté au Parlement, une bande
dessinée sur "l'histoire de l'esclavage" au Maroc, un photomontage mettant en scène des personnalités politiques du royaume et enfin les extraits d'une interview à un journal catalan d'Abdallah Zaâzaa, un militant marocain qui se dit "républicain".
Selon M. Lmrabet, les peines encourues, qui sont
précisées dans la convocation judiciaire, peuvent
aller "de 3 à 5 ans de prison" et "de 10.000 à 100.000 dirhams (de 1.000 à 10.000 euros)" d'amende.
Le journaliste s'était vu signifier une interdiction de quitter le Maroc le 17 avril, alors qu'il voulait se rendre à Paris. Cette interdiction a été jugée "conforme aux lois" par les autorités en tant que "mesure conservatoire" pour "s'assurer que l'intéressé
se présentera à la justice et répondra des faits qui lui sont reprochés".
Le directeur de Demain magazine et de Doumane avait déjà été condamné à quatre mois de prison ferme le 21 novembre 2002, après la publication d'un article faisant état d'un projet de vente du palais royal de Skhirat. Cette évocation, faite au conditionnel, avait été considérée comme portant atteinte à l'institution royale.
M. Lmrabet, en liberté provisoire dans l'attente du procès en appel, est également poursuivi en
diffamation par une quarantaine de journalistes du
quotidien Al Ahdath Al Maghribia, à cause d'un dessin paru dans Demain Magazine le 11 mai 2002 qui qualifiait leur journal de "pornographique".

Demain magazine

Rabat, le 21/04/2003

Ali Lmrabet poursuivi par le parquet de Rabat pour "Outrage à la personne du roi, au régime monarchique et à l'intégrité territoriale"

Après avoir interdit Demain, première version, saisi à deux reprises Demain magazine, collé un procès pour une information au conditionnel sur la vente du palais de Skhirat, orchestré une violente campagne de presse contre nous, réussit à nous coller 40 procès dans différents tribunaux du royaume pour un seul et même sujet (ce qui est illégal puisqu'on ne peut être jugé ou condamné 40 fois pour la même « infraction »), interdit illégalement Ali Lmrabet de sortir du Maroc,
le régime marocain a décidé de sortir la grosse
artillerie pour faire taire définitivement deux
publications satiriques. Le directeur de Demain magazine et de Doumane, Ali Lmrabet, a reçu lundi matin deux convocations du tribunal de première instance de Rabat pour répondre des faits de “Outrage à la personne du roi, au régime
monarchique et à l'intégrité territoriale”. C'est le parquet qui a décidé, soi-disant, de poursuivre le directeur des deux hebdomadaires.
La première audience aura lieu le mercredi 7 mai, à heures du matin. Le même jour que l'un des 40 procès, tenu celui-là au tribunal de première instance de Casablanca-Anfa.
Il est reproché au journaliste d'avoir reproduit, dans Demain magazine, des extraits d'une interview de Abdallah Zaâzaâ, accordée au quotidien catalan l'AVUI. Et d'avoir publié, dans Doumane, un photomontage de Driss Basri, d'avoir écrit un article sur la liste civile du roi, et enfin d'avoir publié une bande dessinée sur l'histoire de l'esclavage. Cela fait longtemps que le régime n'avait pas utilisé de tels arguments pour abattre un journaliste. Un
journaliste, faut-il le rappeler, qui n'appartient à
aucun parti politique, qui n'est le défenseur d'aucune idéologie précise, et qui n'est le porte-parole d'aucune institution, privée ou publique.
C'est dire le profond désarroi et la nervosité qui
secouent actuellement le régime.
Conscients qu'aucun juge marocain ne pourra
sereinement, et courageusement, juger une affaire
aussi sensible (sa carrière en dépend !), nous
connaissons déjà le verdict. Mais, personne dans ce pays, et nous précisons bien "PERSONNE", ne pourra nous intimider, nous faire peur
ou nous faire dévier de notre tâche d'informer
honnêtement les Marocains.
Ce procès qui est politique, puisque tous les
ingrédients y sont, est une atteinte flagrante à la liberté de la presse et à la liberté d'expression. Le régime nous fait un procès d'opinion et d'intention, pour cacher son échec de gérer la vie de 30 millions de Marocains.
Mais, nous sommes libres d'exprimer nos convictions politiques, et ce dans tous les domaines. Nous sommes libres également de publier, noir sur blanc, ces mêmes convictions

Oui, nous avons le droit et le devoir de donner la
parole à un républicain marocain !
Oui, nous avons le droit de parler de la liste civile du roi !
Oui, nous avons le droit de dessiner et de publier des caricatures!
Oui, Nous avons le droit et le devoir d'écrire et de publier notre conception personnelle de la démocratie dans notre pays et d'affirmer le droit du peuple marocain au libre choix de son gouvernement. Et ce droit est reconnu par les conventions internationales auxquelles le Maroc doit adapter ses lois. Et d'ailleurs le préambule de la Constitution marocaine affirme que “le Royaume du Maroc souscrit aux principes, droits et obligations découlant des Chartes desdits organismes et réaffirme son attachement aux
droits de l'Homme tels qu'ils sont universellement
Reconnus”.
Nous savons tous que les procès que l'on nous fait, pour des motifs absolument fallacieux, visent non seulement à museler deux publications indépendantes, qui visiblement dérangent les hautes sphères du pouvoir, mais pire encore ils portent atteinte à la liberté d'expression de tous les Marocains, et tendent à imposer une pensée unique

Ali Lmrabet
Directeur de la publication
 
le-Marocain a écrit :
Il n'y a pas beaucoup de reaction ! c'est comme si la liberté d'expression ne vous interessait pas !!
Wanta bari tssayfete chi wahdine lhebsse :-D :-D
Sincerement je ne connais pas tout le dossier pour apporter un jugement.
Y a t'il information ou diffamation, je l'ignore, je sais par contre que ce monsieur est dans le colimateur, ils veulent sa peau.
Je lui conseille Lhrig pour se barrer du bled.
 
Aboulahab a écrit :
le-Marocain a écrit :
Il n'y a pas beaucoup de reaction ! c'est comme si la liberté d'expression ne vous interessait pas !!
Wanta bari tssayfete chi wahdine lhebsse :-D :-D
Sincerement je ne connais pas tout le dossier pour apporter un jugement.
Y a t'il information ou diffamation, je l'ignore, je sais par contre que ce monsieur est dans le colimateur, ils veulent sa peau.
Je lui conseille Lhrig pour se barrer du bled.
f7ali ana:)

:-D :-D
 
Je voudrais avoir d'autres qui ouvrent leur gueules et qui collent des etiquettes faciles de se prononcer comme l'infect Ouday par exemple ! il est champion dans l'intox et la danse du ventre en jouant dans tous les sens comme une vipère !
 
pour ceux qui veulent se faire une opinion voici un article paru sur Tel-quel magazine.

COPIER/COLLER

Le directeur de deux hebdomadaires satiriques est accusé des plus hauts crimes. Mais les preuves à charge ne tiennent pas la route. Sauf une.

Il y a moins d′un mois, Ali Lmrabet, directeur des deux tabloïds hebdomadaires Demain et Doumane, a commencé à subir une série d′interrogatoires policiers. Le directeur des deux hebdomadaires est accusé "d′outrage à la personne du roi, d′atteinte au régime monarchique et à l′intégrité territoriale". Voyons cela en détail, par ordre croissant de gravité.

Atteinte à l′intégrité
territoriale
Dans son numéro 101, Demain reprenait des extraits d′une interview accordée à un quotidien catalan par le républicain Abdellah Zaâzaâ, lequel déclarait notamment : "je continue à défendre le droit à l′autodétermination des Sahraouis". Pourtant, il nous semblait que Hassan II avait été le premier à lancer l′idée de référendum, à Nairobi, en 1981. Zaâzaâ n′a rien dit de plus à ce sujet, du moins pas dans les extraits publiés par Demain. Où est l′atteinte ?

Atteinte au régime
monarchique
Zaâzaâ, toujours lui, avait déclaré dans la même interview : "le pouvoir, y compris la monarchie, ne va pas céder toute la richesse volée à ce peuple". Le terme "volé" prête sans doute à discussion. Il n′empêche que la spoliation par la monarchie, entre autres, des terres marocanisées, pour en faire une "masse de réserve" pour ses favoris, est une pratique sur laquelle des kilomètres de papier ont été noircis depuis 30 ans. Atteinte au régime ? Possible, il n′y a que la vérité qui blesse. Mais dans ce cas, il faudrait aussi poursuivre, pour le même motif, des dizaines de chercheurs internationaux, dont des sommités comme John Waterbury ou Rémy Leveau.
Par ailleurs, dans le numéro 9 de Doumane, une BD d′une page intitulée "histoire de l′esclavage" montrait différentes scènes symbolisant différentes forme d′esclavage à travers le monde et les siècles. Les trois dernières montraient des hommes en jellaba et tarbouche (l′habit officiel marocain), respectivement, embrassant un document sur lequel il était écrit "Dahir", se courbant au passage d′un train rouge et vert, et léchant une babouche sur laquelle était écrit "21ème siècle". Le message est clair : le régime monarchique marocain est "esclavagiste". Le terme est sans doute excessif, mais les deux premières scènes n′en sont pas moins des réalités, que des millions de Marocains ont vu des milliers de fois à la télé marocaine. Alors il faudrait aussi poursuivre la télé marocaine. Quant à la troisième scène, elle était aussi forte qu′allégorique. La babouche symbolisait-elle le roi ? Probablement. Mais Ali Lmrabet peut protester de sa bonne foi, même de mauvaise foi. L′allégorie n′est punie par aucune loi.

Outrage à
la personne du roi
En couverture du numéro 19 de Doumane, on voit un photomontage représentant Driss Basri en marié sur une âmmaria. La âmmaria est très reconnaissable : c′est la même sur laquelle était juché le roi Mohammed VI, lors de son mariage avec Lalla Salma. Sauf que le photomontage substituait la tête de Driss Basri à celle du roi. On peut comprendre que le "remplacé" se soit senti insulté, vu l′identité du "remplaçant". Mais enfin, l′ex-grand vizir, tout honni soit-il, n′en a pas moins été décoré par Mohammed VI (après qu′il l′ait chassé) pour services rendus à la monarchie. Soyons cohérents…
Enfin, en couverture du numéro 19 de Doumane, intitulée "le budget de la cour royale", on voyait deux livreurs tendre des ballots (qu′on devine bourrés de billets) à trois bras sortant d′une porte (qu′on devine être celle du Palais royal). Le tout, sous la surveillance de deux policiers au faciès menaçants, pourvus d′oreillettes. Cette couverture renvoyait à un article commentant la dotation annuelle du Parlement au Palais royal. Les chiffres sont tout sauf secrets : ils figurent sur le bulletin officiel. Quant à la caricature… Navré Ali, mais on comprend qu′elle ait été ressentie comme un outrage. Le Palais n′a pas volé cet argent avec la complicité de la police - c′est bien ce que montrait ce fâcheux dessin. Il lui a été légalement alloué par les députés. Certes, aucun de ceux-ci n′imaginerait une seconde contester ce budget-là en particulier, qui passe chaque année à l′unanimité. Mais c′est là un autre débat…

Que retenir de tout cela ? Que la notion nouvelle "d′outrage au roi" est désormais délimitée ? Peut-être pour la caricature, mais sans doute pas pour le photomontage. La grande leçon est ailleurs : c′est encore une fois le parquet, c′est-à-dire des donneurs d′ordres aussi puissants qu′anonymes, qui ont lancé les poursuites contre Lmrabet. L′objectif est limpide : arrêter ses deux journaux. Ali résiste héroïquement. Mais la tâche lui est grandement facilitée par l′absurdité des "preuves à charge" (sauf une) retenues contre lui. A suivre.
 
Salut a tous!
g un peu attendu avant de repondre pour voir si ca valait la peine ou non. Pour faire un petit resume de l'histoire je vais dire que tant ces 2 articles seront dans la constuitution:

ARTICLE 22.
Le Roi dispose d'une liste civile.

ARTICLE 23.
La personne du Roi est inviolable et sacrée.

(a propos de la Royaute), et bien faura faire avec, c'est clair et net, y'a des lois ecrites, tu les respectent et t'es trankil, tu les respectent pas et tu es plus ou moins dans la m e r d e , dans ce cas precis, tu es tres dans la m e r d e , mais faut t-il se rejouir que ce meme Ali Lmrabet aurait eu un autre sort (bien plus pire)s'il avait ecris ca y'a 25 ou 30 ans ou bien se dire qu'on tourne encore en rond niveau liberte de presse et de parole en general? attention! liberte d'expression de veut pas dire diffamation aussi! faut pas aussi dire tout et n'importe quoi. Mais je crois qu'en meme que pour avoir une assez large liberte d'expression, il faudrait revoir certains point de la constitution, et je crois que le Roi lui meme devrait le faire, ca ne ferait que renforcer son image au milieu de son peuple (dont je fais parti bien sur). Je voudrais aussi dire que le fait de donner la parole ou non a ce presume republicain (ce Zaazaa, c'est la premiere fois que j'entends parler de lui) ne devrait plus constituer au Maroc un delis, il faudrait aussi laisser les gens dire ce qu'ils pensent ( a nos risques et perils bien sur!), ca va paraitre peut etre bizarre mais moi chui royaliste et je crois que c'est la meilleure chose qui puisse etre au Maroc (vu qu'on est aussi un peuple assez fodaoui :-D), mais ca, c'est une autre histoire. Des reponses?
 
La question n'est pas d'etre royaliste ou pas mais plutot sommes nous dans l'ere d'une democratie ou pas .Je ne le pense pas car ce genre d'"outrage " a lieu chaque jour en espagne et en grande bretagne .La reaction du palais est celle ci : ne pas y repondre ou feindre .Le palais doit etre le garant de cette democratie et jouer le jeu .Si chirac devait porter plainte à chaque atteinte de sa personne ou celle de sa femme je pense que les tribunaux seraient debordés . Cette affaire ne rassure evidemment pas le peuple et pour preuve on en discute sur ce forum .
Par contre contrairement à ce que dit Revolution ,il n'y a aucun risque a laisser des republicains parler ,cela ouvre le debat et le debat permet de renforcer ces convictions .Si c'est la monarchie alors cela sera la monarchie si c'est la republique alors se sera la republique .On la bien vu avec l'histoire de le pen en france .Sa participation n'a fait que galvauder l'appartenance du peuple fraçais à la republique democratique ,et à permis de faire le revelateur de ceux qui ne le sont pas
 
tant que la constitition marocaine n'est pas modernisee (supression de ces articles qui font du maroc un pays feodal), il ne faut pas rever... la liberte d'expression n'est pas la seule qui n'est pas respctee au maroc.

le chemin est encore long. patience M6 prend son temps et va a son rythme.
 
C'est ce que g dit, laisser un republicain parler et exprimer ses convictions ne doit plus etre un delis au Maroc, le probleme, c'est que les gens qui nous gouvernent croient plutot que ce serait un danger. Un autre probleme est comment aporter la democratie, celle ci n'est jamais tombee du ciel du jour au lendemain et a toujours ete accompagne de son lot de victimes, il y a bien un prix a payer a tout, est-ce que les marocains sont pret a en payer le prix?
 
tres interessant le sujet je change de pc et je reviens pour discutez sur cela.


VIVE LA LIBERTE D'EXPRETION

Demage cela n'existe pas au Maroc :-(
 
Solidarité,
Solidaritè,
Solidarité
avec Ali Lmrabet, directeur de publication des hebdomadaires Demain magazine et Douman, et correspondant de Reporters sans frontières au Maroc, dont le procureur du roi a requis la peine maximale - cinq ans de prison et 100 000 dirhams d'amende (environ 10 000 euros) - et l'interdiction de ses deux publications. Ce réquisitoire intervient alors que le journaliste entame son huitième jour de grève de la faim pour protester, notamment, contre les pressions à l'encontre de son imprimeur.
(lire article dans bladi).

Son combat est noble et il mérite le soutien des épris de la liberté d'expression.
 
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