Maroc: les oulémas veulent participer à la lutte contre le terrorisme

CASABLANCA (Maroc), 19 mai 2007 (AFP) - Maroc: les oulémas veulent participer à la lutte contre le terrorisme

Les oulémas du Maroc ont tenu pour la première fois un grand colloque sur le terrorisme à Casablanca afin d'apporter leur contribution à la lutte contre ce fléau après les explosions perpétrées par des kamikazes en mars et avril.

L'objectif de ce colloque est "de montrer la perversité des justifications avancées par les terroristes pour tuer des personnes innocentes et verser le sang qui est sacré", indique un document du conseil présenté à ce colloque tenu samedi dont le thème était "la norme juridico-religieuse concernant les thèses et allégations terroristes".

"Il faut dire aux jeunes de ne pas s'imprégner des arguments religieux auprès de n'importe qui, mais seulement auprès des imams compétents des mosquées", déclare à l'AFP Hanane Errabboune, l'une des nombreuses prédicatrices participant au colloque organisé samedi par le Conseil supérieur des oulémas du Maroc, organisme présidé par le roi Mohammed VI.

Tout en condamnant les terroristes et leurs "prétendus arguments religieux", le secrétaire général du conseil supérieur des oulémas, Mohamed Yessef, préconise un dialogue religieux serein avec les jeunes Marocains. "Les oulémas doivent faire preuve d'écoute et de grande ouverture à l'égard des jeunes", a-t-il dit-il à l'AFP.

M. Yessef a rappelé la gentillesse et le dialogue serein du prophète Mahomet avec un jeune musulman qui lui avait demandé d'autoriser le zina (relations sexuelles hors mariage). Le jeune, après les explications du prophète, a renoncé à sa demande, assure-t-il.

"Les meilleurs à s'acquitter de la tâche du dialogue avec les jeunes sont justement de jeunes oulémas bien formés", souligne le secrétaire général du conseil.

Pour Touria Lhaya, une femme membre du conseil (régional) des oulémas de Meknès, le Maroc n'a pas connu les grandes dissensions religieuses de l'Orient arabe. "Ni chiites, ni kharijites au Maroc", dit-elle à l'AFP.

"La solution réside dans l'éradication de la pauvreté, car le terrorisme chez nous est simple, c'est le besoin matériel qui pousse les jeunes au terrorisme", affirme-t-elle, ajoutant que "ce serait plus dangereux si le terrorisme émanait de l'élite".

Cet avis n'est pas partagé par Al Hassan Alami, du conseil des oulémas de Kénitra, qui relève que "la pauvreté dans d'aurtres pays n'a pas conduit au terrorisme". "Il faut plutôt amener les jeunes vers la modération en religion", dit-il ajoutant que "les inégalités entre pauvres et riches n'est point le propre du Maroc".

Mustapha Benhamza, du conseil des oulémas d'Oujda, abonde dans le même sens. "Faire revenir le terrorisme à la pauvreté rend impossible toute explication des attentas de Madrid en 2004 et de Londres en 2005", souligne-t-il.

Mohamed Yessef a par ailleurs déploré que "l'islam soit associé au terrorisme, par certains media". "L'islam est le plus grand ennemi du terrorisme", a-t-il souligné.

Casablanca où s'est tenu le colloque, a connu en mai 2003 une série d'attentats terroristes qui ont fait 45 morts dont 12 kamikazes. En 2007, six kamikazes se sont fait exploser dans cette même ville le 11 mars et les 10 et 14 avril. Un septième a été abattu par la police avant de pouvoir actionner sa ceinture d'explosifs.


source:lacroix.com
 
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