Nicolas Sarkozy, lui, a choisi d'affronter directement Ramadan

ENQUETE.
Islam : l'homme qui déclenche la polémique
Sa présence aujourd'hui et demain au Forum social européen (altermondialistes) suscite la polémique. Tariq Ramadan, théologien de l'islam, a désormais une influence considérable sur les jeunes de banlieue. Enquête sur un phénomène.



TARIQ RAMADAN est-il fréquentable ? Le théologien d'origine égyptienne installé à Genève, prédicateur vedette des jeunes musulmans, intervient aujourd'hui et demain aux débats du Forum social européen à Ivry (Val-de-Marne), dans un climat de polémique fondée sur des soupçons d'antisémitisme et de communautarisme. Des discussions placées sous haute surveillance par les services de renseignement, qui craignent des provocations venant de groupes extrémistes. L'intellectuel musulman, considéré comme l'une des figures les plus influentes de l'islam en Europe, suscite des débats de plus en plus vifs au sein de la classe politique. Au point de devenir un interlocuteur incontournable. Il fascine ou il exaspère. Mais il ne laisse personne indifférent. La polémique a démarré fin octobre avec la parution sur le site Internet oumma.com d'un article de Tariq Ramadan intitulé « Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires », qui fustigeait « l'attitude communautariste » d'un certain nombre d'intellectuels (Bernard Henri-Levy, Alexandre Adler, Alain Finkielkraut...). Des accusations d'antisémitisme ont aussitôt été portées contre Tariq Ramadan. Selon nos informations, le parquet de Paris envisage d'ouvrir une enquête préliminaire suite à la plainte déposée par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et l'association J'accuse pour « provocation à la haine raciale ».

« Il attise la haine raciale »

« Jean-Marie Le Pen avait été condamné après avoir donné une liste de journalistes juifs à l'occasion de la fête Bleu-Blanc-Rouge en 1985, explique Yonathan Arfi, président de l'UEJF. Le parallèle est évident. On ne peut déterminer les gens à partir de leur origine religieuse. Tariq Ramadan est un homme dangereux, car il attise la haine raciale. » Les remous suscités par cet article ont largement dépassé le cadre des relations juifs-musulmans... Dans une tribune intitulée « Monsieur Ramadan ne peut pas être des nôtres » et publiée dans « le Nouvel Observateur », trois dirigeants du Parti socialiste ont à leur tour comparé le petit-fils du fondateur des Frères musulmans au président du FN. « Ce que vient de faire Tariq Ramadan porte bel et bien à la haine et à la discorde raciale. C'est un crime contre la République », fustigent Manuel Valls, Jean-Luc Mélenchon et Vincent Peillon. Pour bien marquer leur opposition au personnage et à ses idées, les trois élus PS récusent sa participation au rassemblement des altermondialistes. Un appel au boycott resté vain.

« On lui fait un faux procès »

Les organisateurs du Forum social européen ont, en effet, pris la défense de Ramadan. « On lui fait un faux procès. Evidemment si nous avions eu le moindre doute sur le fait qu'il pourrait être antisémite, nous ne l'aurions pas invité », affirme Pierre Khalfa, membre de l'organisation du FSE. Un point de vue qui ne fait pas forcément l'unanimité chez les altermondialistes. Chef de file de la Ligue communiste révolutionnaire, Alain Krivine prend ses distances : « On soutient par principe sa présence mais pas le personnage qui n'est pas clair... » Nicolas Sarkozy, lui, a choisi d'affronter directement Ramadan. Le ministre de l'Intérieur a accepté de débattre, jeudi prochain, en direct sur France 2 dans l'émission « Cent minutes pour convaincre ». Une exposition médiatique sans précédent dont Ramadan se réjouit par avance. « Ce n'est pas une tribune libre pour Tariq Ramadan », prévient Olivier Mazerolle, directeur de l'information sur France 2. « Au moment où le ministre est critiqué pour avoir fait la part belle aux radicaux dans le nouveau Conseil français du culte musulman, nous avons voulu organiser un face-à-face entre le ministre de l'Intérieur, réputé bon débatteur, et un représentant de cet islam moderne sur la forme mais dur sur le fond », se défend Mazerolle. En plein débat sur le voile, le défi est à la fois énorme et risqué.

Le parisien
 
Ramadan sera tenu de poser des questions à Sarko...et je suis sure que ses questions seront tres pertinentes car il a deja commence le travail...c'est Sarko qui va avoir du mal à repondre ;-)
 
Il n'a pas vraiment eu le choix de ses interlocuteurs...le choix qu'il avait c'etait de participer ou pas à l'emission...des lors qu'il accepte d'y participer il doit se soumettre au jeu des questions reponses...sinon il aurait commence par refuser J.M.Lepen :-D
 
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