• En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies de suivi et de préférences

Qu'en pensez-vous?

Chers tous et amateurs de politique marocaine,

Voici une interview du SG adjoint du PJD dans laquelle on apprend beaucoup de choses sur les idées de ce parti. Donnez-vs la peine de le lire, c assez édifiant et parfois même étonnant.



Entretien avec le S.G. adjoint du PJD : les islamistes sont-ils solubles dans la démocratie ?

21.04.2003 | 19h05

Au commencement, le S.G. adjoint du PJD réfute le mot islamiste. «Le PJD, dit-il, est un parti politique qui a un référentiel islamique». Cette expression a été forgée en Occident, explique Saad-Dine El Otmani, tout en reconnaissant que sa famille politique revendique son référentiel islamique alors que d’autres ne le font pas. En ce mois d’avril, le parti de la justice et du développement n’en finit pas de se préparer aux élections communales mais n’est pas contre un léger report de ce scrutin à l’occasion duquel il peut faire des alliances locales, «y compris avec l’USFP, malgré nos relations parfois tendues».





Le parti est résolument en faveur d’un scrutin par liste - qui lui a porté bonheur aux législatives - et aurait souhaité qu’il concerne même les communes rurales. Et si pour ce responsable politique de l’opposition, «la modernité, c’est se forger sa propre modernité et non pas la calquer sur les autres», il n’est pas contre une certaine forme de laïcité. «Une laïcité qui signifierait la gestion des affaires publiques avec toute l’objectivité nécessaire n’est pas à mon avis antinomique avec l’Islam», nous affirme-t-il .
Le S.G. adjoint du PJD réfute le mot islamiste. «Le PJD, dit-il, est un parti politique qui a un référentiel islamique». Le parti se prépare aux élections communales et n’est pas contre un léger report de ce scrutin à l’occasion duquel il peut faire des alliances locales, «y compris avec l’USFP». Modernité, laïcité et femme, ce sont autant de questions qui font débat et auxquelles M. El Otmani a donné réponse.

Le Matin :Le scrutin par liste, adopté lors des législatives, a porté bonheur à votre parti, le PJD. Que pensez-vous du scrutin adopté pour les communales ?

Saad-Dine El Otmani: Ce n’est pas seulement le mode de scrutin par liste qui a porté bonheur à mon parti. Il y a eu la préparation des élections. C’est tout un éventail de transformations sur les plan législatif, organisationnel et d’autres encore. Le mode de scrutin est l’un des points, certes important, qui ont été effectivement changés. Ce changement a été positif, pas seulement pour le PJD mais pour tout le pays essentiellement et aussi les élections. Pour les communales, nous avions demandé l’adoption du scrutin par liste pour l’ensemble des communes, y compris rurales. La raison en est que le scrutin uninominal ouvre toujours la porte à l’utilisation de l’argent, à l’intervention de l’administration au niveau local. Nous aurions voulu donc que le scrutin par liste soit adopté. C’est un mode de scrutin double qui a été adopté mais avec, en prime, des déséquilibres. Notre souhait était qu’au lieu du seuil de 25 000 habitants pour que la liste soit en vigueur, on ait retenu le chiffre de 15 000 voire 10 000 habitants, et ce pour qu’il y ait un équilibre entre les régions où l’uninominal sera de mise et celles qui obéiront au régime de la liste. Aujourd’hui, cet équilibre n’existe pas. L’uninominal sera en vigueur dans plus de 1200 communes tandis que l’on retrouvera le scrutin de liste dans quelque 370 communes. Ce déséquilibre va d’ailleurs influencer sur les élections régionales et celles relatives au renouvellement du tiers de la Chambre des Conseillers.

Quelles alliances le PJD est-il prêt à faire pour les communales ? Avec quels partis pourriez-vous vous entendre au point de faire coalition ?

Nous considérons qu’il n’y a pas d’alliance politique pour les élections communales. Il n’ y a aucun parti qui a fait des alliances politiques fixes à l’échelon national à l’occasion des scrutins locaux. Tout simplement parce qu’il y a toujours des spécificités au niveau local. C’est pourquoi le PJD n’aura pas d’alliance politique à l’échelle nationale mais contractera des petites alliances sur le plan local. Nous sommes prêts à faire alliance localement avec tous les partis, même avec l’USFP, malgré nos relatons parfois tendues. Nous n’y voyons aucun inconvénient si cela permet une meilleure gestion de la commune. Les instances locales du parti ont d’ailleurs entamé un dialogue local avec un grand nombre de partis, de la majorité à l’opposition.

Imaginons une commune dirigée par les islamistes du PJD. Qu’est ce qui va changer dans la vie de cette commune ? Quelles seront vos intentions et que va-t-il se passer ?

Je n’aime pas beaucoup le mot « islamiste » que je voudrais ici réfuter. C’est un mot forgé en Europe. J’ai coutume de dire que le PJD n’est pas un parti islamiste. C’est un parti politique à référentiel islamique. Et il y a là une grande différence. Dans le programme du parti nous avons fixé deux priorités que l’on retrouvait déjà lors des législatives. Ce qui va se passer, me demandez-vous ? Notre premier souci au niveau des communes est de moraliser la gestion de la chose publique. La corruption continue de sévir et nous voulons la combattre. Nous allons donc essayer de donner un nouvel exemple de la bonne gestion, faite de transparence, de dialogue avec les différents partenaires sociaux, etc. Notre deuxième préoccupation est la question de l’inégalité sociale. Il y a des inégalités sociales flagrantes mais aussi des inégalités graves entre les régions. Notre souci est d’adopter une politique de développement social.
C’est un programme de gauche que vous êtes en train de décrire ! Vous êtes proches de la gauche finalement…
Je n’en sais rien. Mais ce que je suis en train d’expliquer c’est bel et bien notre programme, et ce dès le début. Cela a toujours été notre programme et nous n’avons pas changé. Développement donc mais tout en tenant compte des problèmes sociaux qui rongent la société. Il s’agit de donner la priorité aux plus démunis, de combattre les grands fléaux qui frappent la société. Je fais ici référence à l’analphabétisme, la pauvreté, le logement insalubre, etc. Il n’y aura jamais de développement si ces problèmes sociaux ne sont pas résorbés. Il n’y aura jamais un développement de notre industrie, de la production interne du pays si le Marocain n’atteint pas un pouvoir d’achat acceptable. Finalement, c’est un cercle vicieux qu’il s’agit de casser. Les biens publics doivent être investis dans ce sens. Ce n’est pas seulement l’Etat et le gouvernement qui sont responsables du développement, ce sont aussi les collectivités locales. Le développement doit donc émerger au niveau local. On demande toujours au gouvernement de tout faire, de la santé à l’éducation en passant par la gestion territoriale. C’est bien évidemment impossible !

Etes-vous pour un report des élections à cause de la conjoncture internationale ?

Nous avons discuté de cette question. Nous aurions voulu que les élections ne soient pas reportées. Mais il y a une crainte que l’abstention l’emporte et que les électeurs boudent les urnes. C’est pour cela que le PJD ne demande pas le report, mais il n’est pas contre. Un tel report ne doit d’ailleurs pas influer sur les autres élections régionales de la deuxième Chambre ni sur la date de la rentrée parlementaire prochaine.
Vous évoquez le risque d’abstention. Les 18-20 ans ne se sont pas inscrits en masse sur les listes électorales. Pourquoi à votre avis ? Et que faites-vous pour que l’engagement politique des jeunes quitte le discours ?
Le PJD a mis en place tout un programme au niveau des provinces. Nous avons organisé de nombreuses manifestations pour appeler les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales. Ce programme a donné ses fruits. Beaucoup de jeunes se sont effectivement inscrits. Mais il faut aussi reconnaître qu’il y a une certaine abstention. La raison en est que la classe politique n’a pas donné satisfaction. Elle n’a pas su attirer la population et les jeunes en particulier. La classe politique doit à mon avis changer son comportement. Il y a si peu de dialogue entre les partis et les citoyens. Il faut engager en fait un dialogue sincère, faire en sorte de ne pas utiliser les jeunes le temps des élections et les oublier au lendemain du scrutin. Il faut écouter les jeunes, essayer de les comprendre et prendre en compte leurs craintes mais aussi leurs attentes. De telles attentes doivent pouvoir figurer dans les programmes des partis. Les jeunes doivent être convaincus qu’il y a véritablement un feed-back au niveau de la classe politique. Jusqu’à présent, ce n’est malheureusement pas le cas.

Pensez-vous que les partis politiques soient nécessaires à la démocratie ?

Bien sûr qu’ils le sont! Sans partis politiques, quelle serait cette démocratie ? On n’a d’ailleurs jamais vu de démocratie sans partis

Il y a un discours qui met en avant l’échec des partis, un discours qui dresse politiques contre technocrates. Quel regard portez-vous sur un tel discours ?

Il faut le dire : il y a un certain échec des partis. Mais cela ne veut pas dire que les partis ne sont plus indispensables. Si j’ai mal à la tête, cela ne signifie pas qu’on doit me la trancher pour que je me porte mieux ! Les partis doivent ouvrir un chantier de rénovation de leur action. Ils doivent se transformer pour aller vers plus de transparence, plus de démocratie interne. C’est parce qu’il n’y a pas de transparence ni de démocratie dans leurs rangs que les citoyens les ont fuis. C’est la raison de la perte de confiance laquelle provoque d’ailleurs l’abstention. Si les partis se rénovent, je crois qu’ils joueront vraiment leur rôle dans la vie politique. Cela ne veut pas dire que les technocrates n’ont pas leur place.

Peut-on imaginer le PJD gouverner avec des technocrates ?

Cela dépendra du contexte. Un parti doit être fier qu’il existe des cadres marocains non partisans qui ont de l’expérience et de l’expertise et peuvent donner un plus à un gouvernement. Pourquoi les technocrates existent-ils ? Parce que justement les partis n’ont pas pu les attirer. Le problème réside donc au sein des partis et non dans la technostructure. Après tout, les technocrates sont libres d’adhérer ou non aux partis.

Comment le PJD se définit-il ? Etes-vous un parti religieux dans un pays qui a l’Islam en partage ?

Nous ne sommes pas un parti religieux. Le PJD est un parti politique qui décline clairement son référentiel islamique.
Les autres partis aussi ont un référentiel concernant la religion musulmane !
Sauf que beaucoup ne le revendiquent pas ! Il y a une différence entre être musulman et revendiquer en politique un référentiel islamique. On peut avoir une idéologie communiste, socialiste ou libérale qui ne se base pas sur un référentiel islamique. Les membres de tels partis sont bien sûr des musulmans. De manière générale, ces partis mettent plus en avant l’idéologie qu’ils défendent –socialiste ou autre- mais ne défendent pas bien certains intérêts du Marocain en tant que musulman. Cela dit, il n’y a pas de grande différence, nous sommes tous des musulmans. Personne n’a le droit d’excommunier quiconque et de décréter que telle personne n’est pas musulmane.

Quel est ce référentiel islamique que le PJD met en avant ? On ne vous a jamais entendu appeler à l’application de la Chariâa ?

Nous ne l’avons jamais fait. Il y a une confusion dans l’idée de la chariaa. Pour moi, la chariaa, c’est l’Islam en général. Malheureusement, certains ont compris que la chariaa se résumait à quelques dispositions qui sont en relation avec le code pénal. Dès qu’on entend le mot chariaa, on pense immédiatement à ces particularités, aux mains coupées. C’est une fausse compréhension, une déformation de la Chariaâ. C’est pourquoi nous n’usons pas de ce mot mal interprété. La chariaa c’est d’abord l’égalité entre les hommes, la justice, la paix. C’est aussi combattre les fléaux sociaux. L’Islam n’autorise pas que nous ayons 50% de la société marocaine analphabète. La première sourate révélée au Prophète est bien celle « Iqraa », « Lis », autrement dit il s’agit de savoir, de science, de progrès, de développement et tout ce qui est beau dans notre vie. Dans notre programme, nous nous sommes basés sur cinq principes : identité, souveraineté et donc stabilité des institutions, démocratie, justice et développement.

Ne craignez-vous pas un repli identitaire ? N’en appelez-vous pas ainsi à un Maroc fermé sur lui-même et contre l’ouverture ?

Non, ce n’est pas un repli identitaire. C’est un respect de notre identité. Si nous ne la sauvegardons pas, nous ne resterons plus marocains. Mais nous devons être des Marocains musulmans vivant au 21ème siècle. Nous devons intégrer tous les progrès de l’Humanité et être ouverts et prêts à entamer un dialogue et à développer nos échanges avec nos voisins de l’Est, du Nord et du sud. J’ai l’habitude de dire aux députés européens qui viennent nous voir au siège du parti que dans notre religion et notre culture marocaine, nous accordons une place privilégiée aux voisins. Il a plus de droits que d’autres. Autrement dit, nous avons l’obligation d’ouvrir un dialogue serein avec les gens du Nord, de sauvegarder les intérêts mutuels, d’avoir des échanges fructueux

A la lumière de ce que vous venez de dire, quel regard portez-vous sur la laïcité ?

La laïcité est un terme qui admet plusieurs significations. Son application dans les pays occidentaux même revêt une grande variété, y compris dans le temps. En France par exemple, la laïcité a d’abord été antireligieuse jusqu’à même la rupture entre le Vatican et ce pays. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, puisque la laïcité n’a plus la même connotation. Autre laïcité, celle anglo-saxonne où la religion a sa place, sachant que la Reine est le chef des Eglises et en même temps la gestion de la chose publique se fait dans la plus grande objectivité. Chaque définition de la laïcité porte, à mes yeux, une opinion différente. Au Maroc, il n’est pas question d’une laïcité qui tente de marginaliser la religion. Le Maroc est un pays musulman où le Roi est le Commandeur des Croyants. Le peuple marocain est très attaché à sa religion et on ne peut donc pas imaginer une laïcité marginalisant la religion, et encore moins une laïcité antireligieuse. Par contre, une laïcité qui signifierait la gestion des affaires publiques avec toute l’objectivité nécessaire n’est pas à mon avis antinomique avec l’Islam. En Islam même, il y a une certaine distinction entre affaires religieuses et celles temporelles. J’en veux pour preuve un hadith où il est rapporté que le Prophète disait en substance : « Laissez-moi régler vos affaires religieuses et réglez vous-mêmes les affaires de la vie courante ». Autrement dit, les affaires temporelles, relevant de la gestion publique, doivent être traitées par les outils d’une gestion moderne et objective.

Peut-on conclure que le PJD condamne des mouvements tels que celui de la Salafya Al Jihadya ?

Il y a une grande différente entre le PJD et la Salafya Al Jihadya. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas des points communs avec ceux de ce mouvement comme avec les autres Marocains. Il y a une forte différence au niveau de l’approche, de la compréhension de certains textes de l’Islam. Parmi ces différences, notre position concernant la démocratie. Nous disons, nous, que la démocratie est aussi nécessaire qu’importante, contrairement à ce qu’affirme la Salafya Al Jihadya. Pour nous, la démocratie est la seule voie qui peut aboutir à la bonne gouvernance.

Les islamistes sont-ils alors solubles dans la démocratie ?

Non seulement ils sont solubles dans la démocratie, mais ils en sont partie prenante.

On dit souvent que le PJD a une vision très particulière de la modernité. La modernité vous fait-elle peur ?

Pas du tout ! Pour moi, la modernité ne me fait aucunement peur. Comme la laïcité, que signifie la modernité ?

Je vais vous donner un exemple bien précis. Revenons à votre position concernant la réforme du statut de la femme marocaine. Pensez-vous que votre position s’inscrivait dans la modernité ?

Je crois que oui et je vais vous expliquer pourquoi. Avoir des particularités ne signifie pas être contre la modernité. Actuellement la France a des particularités et milite pour ne pas être absorbée par un colonialisme culturel américain, d’où l’exception culturelle française. J’ai toujours dit que la modernité n’est pas copier l’exemple de l’Autre mais forger sa modernité propre. C’est être ouvert, contempler l’exemple des autres peuples et en tirer les enseignements mais ne jamais calquer les solutions de l’Autre.

Concrètement, que devons-nous faire face aux violences faites au femmes ? Comment réagissez-vous face au cas d’une femme battue et à celui d’une épouse répudiée qui se retrouve avec ses enfants dans la rue et sans aucun droit ?

Nous en avons parlé dans notre programme. On ne peut être en faveur de cela. C’est caricaturer les positions du PJD que de prétendre le contraire. On ne peut qu’être contre la violence, qu’elle soit contre les femmes, contre les hommes, contre les enfants ou encore contre les petites bonnes. Le PJD est catégoriquement contre toute forme de violence. Il faut adopter toutes les solutions juridiques et pratiques nécessaires pour que ces formes de violence soient arrêtées sinon réduites.

Et par rapport à la répudiation d’une femme qui se retrouve jetée à la rue, ne pensez-vous pas qu’il faille légiférer sur la question ? N’est-ce pas là une injustice faite aux femmes ?

Il faut faire la différence entre deux choses : la loi et son application. Prenons l’exemple du locataire qui ne paie pas son loyer. Avec l’application de la loi sur les loyers, des familles se retrouvent dans le rue. Il faut bien sûr réviser la loi et aussi son application. Concernant le code du statut personnel, beaucoup de choses sont à changer, y compris dans l’application de la Moudaouana. Le PJD a ses propositions en la matière et nous les avons d’ailleurs remises au président de la commission en charge de la réforme de la Moudaouana, M. Boucetta. Il y a de grands problèmes, au niveau de la famille, dans notre société. Il y a de grandes injustices faites aux femmes. Il faut mener des réflexions approfondies pour trouver des solutions basées sur des études sociales fiables.



_______________________


Le PJD et le dialogue des religions

Le PJD croit-il à la liberté de penser ? Le parti des islamistes accepte-t-il de débattre avec des personnes de confession différente, alors que « At –tajdid », le journal porte-parole du PJD semble ne pas croire à un tel dialogue, n’hésitant pas à frôler l’antisémitisme ?
M. El Otmani est catégorique. « On ne peut jamais s’en prendre à une personne sur la base de la religion à laquelle elle appartient. Les fondements de l’Islam donnent à l’Homme la liberté de choisir sa religion. Il n’y a pas de contrainte en religion ». Et ce leader d’ajouter que le PJD a toujours ouvert des dialogues avec les autres tendances politiques mais aussi religieuses, « le Coran appelant clairement à un tel dialogue ». « Personnellement, j’assiste – et cela a commencé il y a déjà une quinzaine d’années- à des débats qui font se réunir Musulmans, Chrétiens et Juifs. Et j’en suis fier. En tant que lauréat de Dar Al Hadith Al Hassania et médecin-psychiatre, je suis appelé à assister à des débats sur des questions médicales ou de recherches biomédicales. Dans de tels débats, les représentants de chaque religion révélée donnent leurs points de vue, comme cela a été le cas par exemple pour la greffe ».
Et At-Tajdid, ses injures frôlant l’antisémitisme ? Saad-Dine El Otmani balaie d’un revers de la main de tels dérapages. « Je ne pense pas qu’il mette en cause des personnalités marocaines pour leur religion mais il les critique sur la base de leur position politique »


_______________________


Gouvernement Jettou : «Des ministres coupés de leurs partis»

Le verdict du PJD sur les six mois du gouvernement Jettou tombe comme un couperet. « Il est en dessous de nos attentes. Nous avions critiqué dès le départ la composition du gouvernement. 39 portefeuilles, c’est énorme. De plus, nous pensons que cet Exécutif pouvait être composé de quatre ou cinq partis, pas plus », affirme Saad-Dine El Otmani. Et de fustiger la présence de partis aux sensibilités différentes voire contradictoires. « Je me demande comment M. Jettou gère tout cela ». Mais ce que dénonce le secrétaire général adjoint du PJD, c’est bien le fait que les partis au gouvernement n’appliquent pas leur programme. « On a l’impression que ce sont des ministres qui se sont séparés de leurs partis respectifs, de leurs orientations et directives »
Quant aux priorités du gouvernement Jettou, ce responsable politique pense que « c’est bien d’avoir des priorités économiques mais il aurait fallu donner de l’importance à la moralisation de la vie publique ». « Les autres gouvernements ont échoué à cause de cette lacune ». Mais ce que ce dirigeant islamiste regrette par dessus tout c’est bien le fait que le gouvernement « n’essaie pas de profiter au maximum de l’apport du Parlement ». Cet exécutif, explique M. El Otmani, refuse systématiquement les amendements de l’opposition . « Le cabinet Jettou fait jouer sa majorité. Tranquillement, presque sans débat. Dans une démocratie, il faut savoir tirer profit de toutes les idées ».


Entretien réalisé par Narjis Rer

 
Haut