1. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies de suivi et de préférences
    Rejeter la notice

La polémique continue autour d'un reportage d'Elie Chouraqui

Discussion dans 'Général' créé par Nbarch, 12 Octobre 2004.

"Antisémitisme : la parole libérée" est désormais disponible en DVD. Le jour même où Elie Chouraqui présentait à Los Angeles sa nouvelle comédie...

  1. Nbarch

    Nbarch

    Inscrit:
    21 Août 2002
    Messages:
    6 580
    Likes:
    885
    "Antisémitisme : la parole libérée" est désormais disponible en DVD.
    Le jour même où Elie Chouraqui présentait à Los Angeles sa nouvelle comédie musicale, Gladiateur, lundi 27 septembre, Marin Karmitz a organisé une soirée au MK2 Grande-Bibliothèque, à Paris, dans le 13e arrondissement, pour promouvoir un DVD du réalisateur. Il diffusait ainsi la version longue d'Antisémitisme : la parole libérée, un reportage que M. Chouraqui a réalisé avec Yves Azéroual, et qui a été montré sur France 2 dans le magazine "Envoyé spécial" le 15 avril. Le journaliste Yvan Levaï était là pour le présenter.

    Dans ce "documentaire choc", dixit le bandeau d'annonce du DVD, M. Chouraqui revient sur les lieux de son enfance, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), et y filme la montée de l'antisémitisme. Il montre deux écoles - l'ORT, un lycée privé juif, et le collège public Paul-Eluard - qui "rejouent en France le conflit israélo-palestinien", commente-t-il.

    Lors de sa diffusion, le film avait suscité de vives critiques de la part des deux chefs d'établissements concernés, mais aussi d'enseignants et de parents d'élèves qui l'avaient jugé "partial" et "partiel" (Le Monde du 15 avril). Dès le lendemain matin, vendredi 16 avril, Jean-Pierre Brard, le maire de Montreuil, et François Fillon, le ministre de l'éducation, avaient organisé une réunion pour défendre le travail "concret et quotidien" de la communauté éducative dont, disaient-ils, le film de M. Chouraqui ne rendait pas compte.

    Depuis, on croyait la polémique enterrée. Sauf que, de part et d'autre, l'affaire n'a pas été digérée. M. Chouraqui a porté plainte contre M. Brard pour diffamation. "Tout a été scénarisé. Les enfants ont été les acteurs bénévoles d'un film dont ils ne connaissaient pas le scénario. Il leur a fait dire un texte qu'il avait déjà conçu lui-même", avait notamment déclaré à l'époque le maire de Montreuil. Aujourd'hui, il ne retire pas un mot : "Pour démontrer mes propos, j'apporterai au tribunal le script intégral du tournage", affirme-t-il.

    LE CSA A ÉTÉ SAISI

    M. Chouraqui n'a en revanche pas porté plainte contre M. Fillon. "Lorsqu'il a été reçu à Matignon par Jean-Pierre Raffarin -à l'occasion du comité interministériel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme le 3 mai-, M. Fillon était là. A cette occasion, il s'est excusé", affirme Me Frédérique Pons, avocate du réalisateur.

    De leur côté, les deux enseignants qui apparaissent dans le film de M. Chouraqui et les associations de parents d'élèves du collège Paul-Eluard ont saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Ils accusent les réalisateurs d'occulter les actions engagées par les deux établissements scolaires pour lutter contre l'antisémitisme, d'amalgamer des agressions d'époque et de nature différentes, d'occulter des témoignages, ou encore d'avoir trahi les propos des élèves interviewés par des choix partiaux de montage. Le CSA s'apprête à les recevoir. Il devrait se prononcer d'ici quelques semaines.

    Virginie Malingre

    source :

    Le Monde