Religion et Spiritualite

un cpier coller informatif. :)

http://www.librepensee.ch/Art_18_LP_112.htm

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La spiritualité et la laïcité
La religion n'est pas la spiritualité

La religion est actuellement un sujet d’actualité. Elle l’est d’autant plus que l’islamisme est à l’ordre du jour. Un amalgame de mauvais aloi associe souvent la religion et la spiritualité. Alors que ces deux derniers thèmes ne sont pas du tout liés. Un homme peut être empreint de spiritualité sans être religieux. La spiritualité étant la qualité de ce qui est esprit, de ce qui est dégagé de toute matérialité. La religion étant, elle, un ensemble de dogmes et de croyances. De cette différentiation naît le fait que l’on peut avoir de la spiritualité en professant la libre-pensée, le culte du soleil, voire l’athéisme. Finalement, la primauté n’est pas de professer ou non une religion. La finalité est de se comporter comme un Homme.

Il est temps de mettre fin à l’amalgame qui veut que spiritualité et religion aillent de pair. Un être spirituel se dégage de toute matérialité et privilégie une certaine réflexion tournée vers l’amour et la compréhension.

Avec les récents événements qui ont frappé l’Amérique, la religion ou certaines religions font la une de l’actualité. Ce qui est sidérant c’est de constater le nombre de condamnations, d’anathèmes, de punitions que l’on attribue à Dieu, Mahomet ou encore Bouddha. C’est incroyable ce que l’on peut faire dire à Dieu ou à d’autres, quand on a une idée en tête. C’est d’autant plus paradoxal que ces divinités sont considérées comme le summum du pardon, de la bonté, de la compassion. Ces livres saints que brandissent les apôtres des religions, lorsqu’ils partent en croisade, sont-ils aussi purs et parfaits qu’ils le prétendent? En cette période de fanatisme exacerbé, il est judicieux de s’interroger sur les autres formes de spiritualité. Nous allons examiner quelques aspects des différentes

formes de spiritualité avec Bertrand Delacourt. Il a fréquenté durant deux ans le séminaire. Cette période lui fut suffisante pour qu’il prenne conscience du dogmatisme, des carcans, des aberrations qui enserraient de nombreuses religions.

l’athéisme

Aujourd’hui, Bertrand est un libre-penseur qui se bat pour la laïcité et contre toutes les formes d’oppression liées aux grandes religions, aux sectes, à tous les mouvements qui oppriment, oppressent l’homme. Bertrand Delacourt: «Littéralement, le mot athée veut dire sans dieu. Pour en comprendre les divers emplois dans le cours de l’histoire, il faut noter que ce terme négatif n’inclut spécialement aucun verbe.» Bertrand poursuit: «Selon le contexte, plusieurs verbes peuvent être sous-entendus. On peut par exemple être tenté de privilégier le verbe croire. L’athée est celui qui ne croit pas à l’existence de Dieu, ou des dieux. Il est aussi question parfois de la doctrine athée. Cela présuppose le verbe nier. Une doctrine serait athée lorsqu’elle nie l’existence de Dieu.» Pour Bertrand: «L’athée est donc celui qui refuse de s’incliner devant un dieu, quel qu’il soit.»

l’incroyance

Trop souvent aussi, il y a confusion entre athée et incroyant. Ce sont encore deux catégories différentes. «Croire, c’est tenir pour vraie une proposition», précise Bertrand. Il complète par cette approche plus psychologique: «De ce point de vue, l’action de tenir pour vrai peut se manifester de manières diverses, soit par des conduites, soit par des déclarations. Il y a au moins deux façons de nier une croyance: ne pas croire ou croire que ne… pas. Si l’on prend la parole «je crois en Dieu», il s’agit de l’expression d’une confiance globale qui, pour ne pas rester une simple effusion, doit inclure une sorte de: je crois que Dieu existe.» A partir de ces quelques précisions, que refuse l’incroyant? «Il ne nie pas que les traditions religieuses puissent être porteuses de valeurs authentiques dont les êtres divins sont le symbole et qui méritent de passer dans l’héritage commun. L’incroyant nie que l’on puisse prendre au sens littéral des jugements de réalité qui définissent la croyance comme telle. Il peut suspendre son jugement, mais, par définition, celui qui suspend son jugement ne croit pas», explique Bertrand Delacourt.

l’agnostisme

Bertrand définit cette catégorie: «L’agnostique est celui qui pense que Dieu est inconnaissable. Il y a quand même des agnostiques croyants comme Kant, Karl Barth ou d’autres théologiens contemporains. L’incroyant ne prétend pas connaître les secrets de l’Univers. Le problème qui se pose à lui est un problème de crédibilité.» Notre interlocuteur poursuit: «Le problème qui se pose à l’agnostique est un problème de crédibilité. Ce problème se pose à propos de telle proposition ou de telle autre. L’examen des raisons qui supportent telle ou telle assertion exige de tous la même honnêteté intellectuelle. Quels que soient les avantages, intérieurs ou extérieurs, d’une profession de foi, on n’a pas le droit, moralement, de s’y engager si l’on n’est pas à même d’en rendre raison publiquement.»

la libre-pensée

«Aujourd’hui encore, définir la libre-pensée pose des problèmes à de nombreuses personnes, développe Bertrand. On associe libre-pensée à anticlérical, antireligieux, secte, dont les membres se réunissent pour attaquer la religion ou bouffer du curé» nous dit Bertrand Delacourt. Alors qu’est-ce réellement que la libre-pensée? Pour Bertrand: «La libre-pensée est une organisation populaire de recherche philosophique et sociologique. L’un de ses buts est de briser les chaînes du conditionnement de la pensée humaine. A partir de là, elle est évidemment antidogmatique. Cette attitude a pour conséquence que les libres-penseurs se heurtent à ceux qui se posent en détenteurs d’une vérité révélée, prétendant tout expliquer par la volonté divine.» L’analyste poursuit: «Le corollaire de ce comportement est que la pratique de la libre-pensée aboutit à une attitude antireligieuse. A partir de cette conception, dès l’instant où les religions cherchent à s’emparer du pouvoir temporel, le libre-penseur ne peut qu’adopter une attitude anticléricale.»

la laïcité

Bertrand résume ainsi la laïcité: «La laïcité est une éthique alliée à un ensemble de règles juridiques relatives au fonctionnement de l’Etat et des services publics.» N’y a-t-il pas des valeurs qui sont intangibles à la laïcité? Bertrand: «Les valeurs de l’éthique laïque sont en premier lieu la liberté de pensée. Il faut y ajouter l’indépendance d’esprit, le respect de la différence et la tolérance. Sur ce dernier point il faut évidemment que cette tolérance soit réciproque et sans laxisme de mauvais aloi.»

Mais ne constate-t-on pas que dans notre pays et ailleurs, cette laïcité, spécifiée, il faut le rappeler dans la Constitution fédérale, n’est pas respectée par les autorités auxquelles incombe l’application de ces règles? Pour Bertrand Delacourt, «il est indéniable que le statut de notre Etat impose, à ceux qui en ont la charge, une indépendance totale à l’égard des influences, hiérarchies et organisations religieuses. J’ajoute que le préambule même de la Constitution fédérale enfreint royalement cette règle de la laïcité, puisque l’on y fait référence à Dieu.» Notre invité complète son analyse par cette définition donnée par Karl Poppar, de la tolérance: «Si l’on est d’une tolérance absolue, même envers les intolérants, et qu’on ne défende pas la société tolérante contre leurs assauts, les tolérants seront anéantis, et avec eux la tolérance.»

l’anticléricalisme

Il ne faut pas confondre l’anticléricalisme avec des notions voisines qui peuvent être pareillement exprimées. Bertrand Delacourt précise: «L’athéisme nie l’existence de Dieu. L’anticléricalisme suspend son jugement. Pas plus qu’il n’implique l’irréligion. L’anticléricalisme entend seulement ramener l’influence de la religion, surtout celle du clergé, dans les limites de son pouvoir et de ses droits.» Bertrand tient à spécifier ce qu’est le cléricalisme. En bref, il s’agit de la tentation, ou de la tentative, pour les clercs, c’est-à-dire la hiérarchie, d’exercer sur la société civile une influence ou un pouvoir en vertu de leur ministère.

Cela peut aller des armes spirituelles comme la censure ecclésiastique, les sacrements, les prédications pour régenter les esprits, les mœurs, le gouvernement. En d’autres occasions, ils s’appuieront sur les gouvernants pour imposer leur religion.» Mais, poursuit notre spécialiste, «dans l’un et l’autre cas, le cléricalisme signifie la confusion des ordres, l’ingérence de la société ecclésiale dans la société séculière et la dépendance du politique à l’égard du religieux».

André SPRENGER

 
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