Route 66

Chapeau, les Arabes : une bonne brouettée de territoires irakiens est venue s’ajouter désormais à la longue check-list des zones à libérer sur la carte du Proche-Orient. Les islamistes auront du pain sur la planche et devront sans doute prier davantage avant d’aller s’emplâtrer sur les nouveaux objectifs. Déjà qu’ils ont fort à faire avec la Palestine, le Golan et le caillou de Chebaa, au rythme de la bérézina irakienne, c’est désormais un moulin à prières qu’il leur faut.
S’il y en a un qui va nous manquer, ce serait bien l’ineffable Mohammed Saïd el-Sahhaf. Pendant que le Messie texan et ses apôtres allumés du Pentagone mettaient les bushées doubles et que les civils irakiens trinquaient sous une bordée d’obus « libérateurs », le clown saddamiste empilait tranquillement les victoires virtuelles, agrémentées d’insultes littéraires. Zappé de son bureau, il débitait ses dernières âneries à l’air libre, à même le gazon de son ministère. Conférence de presse champêtre sous les missiles...
Si les dirigeants arabes se sont toujours essuyé les pieds sur leur opinion publique, les meilleurs, incontestablement, restent les Libanais. Ils font tellement dans leur froc depuis que les Syriens tiennent la dragée haute aux Américains, que jusqu’à la dernière minute ils se sont crus obligés de tresser des lauriers au Gougnafier moustachu de Bagdad. Des officiels aux officieux, jusqu’au Kandil sans diplôme et le Pakradon à lunettes, y avait pénurie de cirage et la brosse à reluire a usé ses poils. Mais quelle marge de manœuvre peut avoir une classe politique quand un État voisin la tient par la barbichette ?
Résultat du parcours : nos industriels se retrouvent cocus après avoir brassé des affaires pendant 12 ans en détournant l’embargo de l’Onu, les touristes du Golfe ont déguerpi vers des cieux moins serviles et nos hôteliers bayent aux corneilles devant des chambres vides aux bidets inutiles. Et, cerise sur la djellaba, les Koweïtiens nous font maintenant la gueule et menacent de couper les cordons de la bourse. Mais t’occupes, on écoutera longtemps encore chanter les sirènes de la « position de principe et de la ligne droite immuable ».
La route est droite certes, mais la pente est forte et le mur est droit devant.

Gaby NASR

L'Orient Le Jour, Liban
 
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