De Santiago à Beyrouth > Manifestations : pourquoi cette colère mondiale ?

Drianke

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Chili, Liban, Irak, Inde, Bolivie, Hong Kong… : le monde semble être pris d’une fièvre de contestations. Partout, les manifestants battent le pavé contre la vie chère et dénoncent leurs gouvernants. Pourquoi cette flambée a-t-elle lieu maintenant ? L’analyse du New York Times.

Au Chili, c’est une augmentation du prix du ticket de métro qui a mis le feu aux poudres. Au Liban, c’est une taxe sur les appels passés via WhatsApp. Le gouvernement saoudien a voulu s’en prendre aux narguilés. En Inde, tout est parti des oignons.

Ces dernières semaines, un peu partout dans le monde, d’humbles objets du quotidien ont ainsi servi d’étincelle à la colère populaire. À la surprise générale, des citoyens exaspérés sont descendus en masse dans les rues pour exprimer leur ire croissante face à des élites politiques considérées comme irrémédiablement corrompues et d’une iniquité désespérante.

Des grandes manifestations ont eu lieu auparavant en Bolivie, en Espagne, en Irak et en Russie, et encore avant en République tchèque, en Algérie, au Soudan et au Kazakhstan. Depuis des mois, le mécontentement ne cesse de gronder.

À première vue, ces manifestations n’ont rien en commun, en dehors de leurs tactiques. La désobéissance civile qui dure sans faiblir depuis des semaines à Hong Kong a servi de modèle à une approche agressive qui a pour moteur des revendications politiques ou économiques extrêmement diverses.

Pourtant, les spécialistes identifient une tendance dans nombre de ces mouvements de contestation : un tollé, plus violent que d’habitude, contre les élites dans des pays où la démocratie est source de désillusion, où la corruption est jugée comme étant sans limite, et ou une classe politique minuscule mène grand train alors que les jeunes générations peinent à joindre les deux bouts.

Un coup d’arrêt à l’expansion de la démocratie

“Ce sont les jeunes qui en ont eu assez, explique Ali Soufan, directeur général de The Soufan Group, un cabinet de consultants spécialisé dans les questions de renseignement et de sécurité. Ces nouvelles générations refusent de se laisser leurrer par ce qu’elles considèrent comme un système corrompu
[...]
Declan WalshMax Fisher
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Drianke

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Liban, Chili, Hong Kong, Soudan… Pourquoi le monde est-il en train de se soulever ?

Une flambée d'insurrections embrase la planète depuis plusieurs mois. Le moteur commun de ces soulèvements est la dénonciation des inégalités économiques et sociales ainsi que la perte de contrôle démocratique.
Entretien avec Mathilde Larrère, historienne des révolutions.

Notre monde est-il en ébullition ? Depuis plusieurs mois, de nombreux conflits sociaux traversent les continents, du Hirak en Algérie à la fronde à Hong Kong en passant par les "gilets jaunes" en France. La planète connaît des révoltes populaires dont les points communs sont la dénonciation des inégalités, la demande de démocratie et le rejet des élites.

L'étincelle qui déclenche la colère peut sembler dérisoire, comme la hausse du prix des tickets de métro au Chili ou la taxe sur les appels via des messageries comme WhatsApp au Liban, mais elle est révélatrice d'un malaise plus profond. Pour comprendre ces soulèvements au regard de l'histoire, franceinfo a interrogé Mathilde Larrère, maîtresse de conférences à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, spécialiste des mouvements révolutionnaires au XIXe siècle. Elle est l'autrice d'Il était une fois les révolutions (Editions du Détour).

Franceinfo : Peut-on dire qu'il existe un "climat insurrectionnel" dans le monde en ce moment ?

Mathilde Larrère : Il y a des explosions insurrectionnelles dans différents points du monde et cette simultanéité crée un climat insurrectionnel. D’autant plus que chaque insurrection fait référence aux autres et que dans chacune, les contestataires cultivent les similitudes et les symboles communs. Par exemple, lorsqu'on regarde les graffitis sur les murs, on voit clairement que les révoltes font référence les unes aux autres. J'ai vu une photo d'un graffiti à Malmö, en Suède – qui n'est pourtant pas un lieu de contestation – faire référence en caractères latins et arabes à ce qu'il se passe au Chili, au Liban, en Irak ou à Hong Kong.

On est dans ce qu'on appelle la "citation révolutionnaire", qui est du registre de la solidarité internationale, où on fait référence aux autres pays en lutte. Apprendre à Beyrouth que le peuple se soulève au Chili, puis au Chili qu'il se lève en Equateur rend aussi la contestation légitime. Et on se dit qu'elle est possible puisque d'autres le font.

((Chaque nouvelle insurrection suscite des marques de solidarité avec les autres insurrections.
Mathilde Larrère, historienneà franceinfo))


Autre similitude : quand on regarde les images de ces révoltes, les insurgés portent les mêmes vêtements et masques pour se protéger des forces de l'ordre et de la reconnaissance faciale, ils lancent des objets, il y a souvent du feu… Si on ne connaît pas bien chaque révolte, si l'image est peu identifiable, on peut avoir du mal à faire la différence, d'autant plus que les médias choisissent le même type de photos "iconiques" pour symboliser les révoltes.

A propos des symboles communs, des masques du Joker ont été repérés dans plusieurs manifestations.

Ce n'est pas étonnant. Ce personnage est associé à la révolte, tout comme le masque de Guy Fawkes. Et puisque ces révoltes sont portées par la classe populaire et moyenne, les manifestants vont utiliser les codes de la culture qui est la leur : la culture populaire, avec des personnages qui sont connus du continent sud-américain au Moyen-Orient................................................

 

Yoel1

VIB
Liban, Chili, Hong Kong, Soudan… Pourquoi le monde est-il en train de se soulever ?

Une flambée d'insurrections embrase la planète depuis plusieurs mois. Le moteur commun de ces soulèvements est la dénonciation des inégalités économiques et sociales ainsi que la perte de contrôle démocratique.
Entretien avec Mathilde Larrère, historienne des révolutions.

Notre monde est-il en ébullition ? Depuis plusieurs mois, de nombreux conflits sociaux traversent les continents, du Hirak en Algérie à la fronde à Hong Kong en passant par les "gilets jaunes" en France. La planète connaît des révoltes populaires dont les points communs sont la dénonciation des inégalités, la demande de démocratie et le rejet des élites.

L'étincelle qui déclenche la colère peut sembler dérisoire, comme la hausse du prix des tickets de métro au Chili ou la taxe sur les appels via des messageries comme WhatsApp au Liban, mais elle est révélatrice d'un malaise plus profond. Pour comprendre ces soulèvements au regard de l'histoire, franceinfo a interrogé Mathilde Larrère, maîtresse de conférences à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, spécialiste des mouvements révolutionnaires au XIXe siècle. Elle est l'autrice d'Il était une fois les révolutions (Editions du Détour).

Franceinfo : Peut-on dire qu'il existe un "climat insurrectionnel" dans le monde en ce moment ?

Mathilde Larrère : Il y a des explosions insurrectionnelles dans différents points du monde et cette simultanéité crée un climat insurrectionnel. D’autant plus que chaque insurrection fait référence aux autres et que dans chacune, les contestataires cultivent les similitudes et les symboles communs. Par exemple, lorsqu'on regarde les graffitis sur les murs, on voit clairement que les révoltes font référence les unes aux autres. J'ai vu une photo d'un graffiti à Malmö, en Suède – qui n'est pourtant pas un lieu de contestation – faire référence en caractères latins et arabes à ce qu'il se passe au Chili, au Liban, en Irak ou à Hong Kong.

On est dans ce qu'on appelle la "citation révolutionnaire", qui est du registre de la solidarité internationale, où on fait référence aux autres pays en lutte. Apprendre à Beyrouth que le peuple se soulève au Chili, puis au Chili qu'il se lève en Equateur rend aussi la contestation légitime. Et on se dit qu'elle est possible puisque d'autres le font.

((Chaque nouvelle insurrection suscite des marques de solidarité avec les autres insurrections.
Mathilde Larrère, historienneà franceinfo))


Autre similitude : quand on regarde les images de ces révoltes, les insurgés portent les mêmes vêtements et masques pour se protéger des forces de l'ordre et de la reconnaissance faciale, ils lancent des objets, il y a souvent du feu… Si on ne connaît pas bien chaque révolte, si l'image est peu identifiable, on peut avoir du mal à faire la différence, d'autant plus que les médias choisissent le même type de photos "iconiques" pour symboliser les révoltes.

A propos des symboles communs, des masques du Joker ont été repérés dans plusieurs manifestations.

Ce n'est pas étonnant. Ce personnage est associé à la révolte, tout comme le masque de Guy Fawkes. Et puisque ces révoltes sont portées par la classe populaire et moyenne, les manifestants vont utiliser les codes de la culture qui est la leur : la culture populaire, avec des personnages qui sont connus du continent sud-américain au Moyen-Orient................................................

Pourquoi les GJ ...même question ! manque de démocratie et manque de partage des richesses => fin du capitalisme + une couche d'écologie = plus de repère et plus d'avenir
NO FUTUR !
 

Drianke

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La grogne gronde aux quatre coins du monde

Une vingtaine de pays connaît, en ce moment, de vastes manifestations populaires. Comme par exemple depuis vendredi soir en Iran, avec au moins deux morts et l'accès à internet coupé. Quelles sont les similitudes et les différences entre ces mouvements ?
Manifestation à Bassorah, en Irak. Ce dimanche, des milliers d'Irakiens ont encore envahi les rues de Bagdad et de villes du sud du pays. Depuis le 1er octobre, la contestation a fait au moins 330 morts, en majorité des manifestants.


Manifestation à Bassorah, en Irak. Ce dimanche, des milliers d'Irakiens ont encore envahi les rues de Bagdad et de villes du sud du pays. Depuis le 1er octobre, la contestation a fait au moins 330 morts, en majorité des manifestants.•

Hong Kong, Santiago, Bagdad, Alger, Khartoum, ou désormais Sirjan et d'autres villes en Iran, partout dans le monde, les habitants descendent dans la rue, souvent depuis plusieurs mois, pour protester. Chaque Etat a ses problèmes et les revendications dans les cortèges peuvent différer, mais tous les pays qui affrontent ce mécontentement populaire de longue durée sont traversés par la même hostilité à l’égard de leurs dirigeants. Globalement, les manifestations qui éclatent aujourd’hui dans le monde sont de deux ordres : des mouvements socio-économiques et des mouvements politiques pour changer le pouvoir en place. Et très souvent, en Europe, en Afrique, en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Asie, le détonateur qui a mis le feu aux poudres et qui a entraîné des millions de citoyennes et de citoyens dans les rues est l’annonce de mesures qui touchent directement la vie quotidienne des gens, à commencer par des hausses de prix. Puis, de manifestations en manifestations et de mois en mois, les revendications se sont élargies.
https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/colere-des-peuples-faiblesse-des-etats
En Europe, après les "gilets jaunes", quelques manifestations subsistent

Les mouvements en Europe qui avaient emboîté le pas à la France et ses "gilets jaunes" se sont essoufflés, à quelques exceptions près. A Athènes et à Thessalonique, pour protester contre de nouvelles restrictions d’austérité, des coupes dans les retraites, et des hausses d’impôts, des dizaines de milliers de Grecs sont sortis cette année pour manifester. Depuis quelques jours, les étudiants protestent contre les décisions du gouvernement grec en matière d’éducation et d’asile, ainsi que contre les violences policières. Mais ce dimanche, la commémoration du soulèvement du 17 novembre 1973, malgré un contexte tendu, a eu lieu dans le calme............................

https://www.franceculture.fr/geopolitique/la-grogne-gronde-aux-quatre-coins-du-monde?fbclid=IwAR0RgpzyZQ_8BTPu8G4RI2TlKf5PbYegXrUixo7jgqeiTNupIReRpLwJKQs
 

Drianke

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Le monde se soulève contre l’austérité et l’autoritarisme

Partout dans le monde, des peuples se lèvent, sur presque tous les continents et dans plus d’une douzaine de pays. Au cours des six derniers mois, des révoltes ont eu lieu en Algérie, en Catalogne, au Chili, en Équateur, en France, en Haïti, au Honduras, à Hong Kong, en Irak, au Liban, au Nicaragua, à Porto Rico et au Soudan. Ces révoltes ont généralement un caractère populaire et plutôt de gauche, elles sont militantes et expriment beaucoup de colère et de défis. Leur caractéristique commune est qu’il s’agit de rébellions de la classe moyenne inférieure, de la classe ouvrière et des pauvres.



Ces différents mouvements ont partout débordé les rives du système politique. Les vagues de protestation érodent les fondations des États. Partout ceux qui descendent dans la rue remettent en question le système, quel que soit le nom du système dans lequel ils vivent. Lorsque les gouvernements ont tenté d’écraser ces mouvements, les populations ont riposté, refusant d’abandonner la rue. Qu’est-ce qui se cache derrière ces rébellions, qu’est-ce qui les a causées et où vont-elles ?

La situation politique dans chacun de ces pays varie énormément et les étincelles qui ont mis le feu aux poudres ont été très différentes : d’une nouvelle loi contestable à une élection volée, d’une dictature vieille de plusieurs décennies devenue insupportable à une augmentation des tarifs des transports en commun. Au Liban, c’était une nouvelle taxe sur les appels téléphoniques de Whatsapp. En Équateur, la décision du gouvernement d’augmenter le prix de l’essence. Au Chili, ce fut une augmentation des tickets du métro. Au Honduras, on a découvert que le président avait aidé son frère qui dirigeait un cartel de la drogue. À Porto Rico, c’était un président corrompu et misogyne. À Hong Kong, la promulgation d’une loi portant atteinte à l’autonomie locale. En Catalogne, dans l’État espagnol, la condamnation à de longues peines des nationalistes catalans. En Irak, le peuple s’est soulevé contre le chômage, la corruption et un gouvernement qui ne réagit pas. En Algérie et au Soudan, c’était la lassitude des populations face aux gouvernements autoritaires de longue date. Au Nicaragua, une réforme des retraites. Et Haïti proteste également contre un président corrompu et autoritaire.

Partout, il y a eu un déclencheur différent. Cependant, le problème central est partout le désir d’être traité avec dignité et respect.

Ces rébellions ont des éléments communs : l’inégalité économique, l’austérité imposée et l’abus de pouvoir par le gouvernement. Le sentiment, c’est qu’ils ne se soucient pas de nous. Dans bon nombre de ces pays l’État a perdu sa légitimité et les citoyens n’ont plus confiance dans les partis politiques historiques, mais en général, aucun parti politique n’est en mesure de proposer un programme politique alternatif ou une nouvelle direction. Pourtant, les révoltes ont ébranlé les pouvoirs en place dans chaque pays et ont envoyé de puissantes ondes de choc dans l’ordre politique international. Nous semblons être dans une période de révoltes politiques synchronisées mais non coordonnées, exigeant la démocratie et une vie meilleure. Nous avons déjà connu cela.

Ce n’est pas la première fois qu’il y a visiblement une simultanéité internationale de révoltes et même de révolutions. La première de ces vagues – presque toute une époque – a eu lieu au cours du dernier quart du XVIIIe siècle, avec le déclenchement de la révolution américaine en 1776, puis de la révolution française de 1789, suivie de la révolution haïtienne de 1804, puis des révolutions latino-américaines de 1810 à 1821. Une autre vague de ce type a eu lieu avec la révolution européenne de 1848, qui a balayé la France, l’Allemagne et l’empire austro-hongrois, et nous pourrions inclure dans cette vague le mouvement chartiste en Angleterre. La période de 1917 à 1919 amena des révolutions en Russie, en Allemagne, en Autriche et en Hongrie, ainsi que dans l’Empire ottoman. Et même si 1968 n’apporta aucune révolution, ce fut une année de bouleversements radicaux depuis la Tchécoslovaquie jusqu’au Mexique, en passant par la France. Tout comme aujourd’hui, pendant chacune de ces périodes de bouleversement radical, le détonateur était particulier à chaque pays, mais en même temps, on pouvait voir des éléments communs et souvent aussi des dynamiques similaires. Alors que, dans la plupart des cas, la bourgeoisie se plaçait tôt ou tard à la tête des mouvements révolutionnaires, ce sont toujours les travailleurs et les pauvres qui donnaient à ces rébellions leur élan radical et une longueur d’avance.

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Drianke

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Dans des périodes différentes, ce sont des conditions différentes qui ont créé une situation prérévolutionnaire, et une grande variété d’événements ont déclenché les mouvements révolutionnaires, mais il est généralement possible de discerner les points communs dans chaque vague. La croissance du commerce international, les rivalités impériales et le contraste entre le vieil ordre aristocratique et la société bourgeoise naissante conditionnent les révolutions de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. La montée du capitalisme en Angleterre puis en France, l’usine puis le chemin de fer allant de pair avec l’apparition de l’État libéral et du gouvernement représentatif, ont alimenté le conflit de 1848 alors que les idées de l’Occident gagnaient de l’influence à l’Est, jusqu’à ce que la menace d’une révolution ouvrière conduise la bourgeoisie dans les bras des aristocrates et qu’ensemble ils écrasent le mouvement démocratique et socialiste. L’expansion puis la domination des capitalistes financiers et des sociétés industrielles dans les États rivaux ont conduit à l’impérialisme moderne, puis à la guerre mondiale en 1914. La guerre avec ses millions de morts et ses destructions massives a conduit à la révolution, puis à l’effondrement des anciens empires : Allemagne, Autriche-Hongrie et Empire ottoman. La révolution russe d’octobre 1917 – soulèvement d’en bas des ouvriers et des paysans – a conduit à tenter d’étendre les conseils d’ouvriers et la révolution socialiste dans toute l’Europe et au-delà.

La force motrice des soulèvements

Les révoltes d’aujourd’hui dans tous les pays que nous avons cités sont entrainées par plusieurs forces qui ont redéfini l’équilibre des pouvoirs entre les États-nations, ainsi que les classes sociales au sein de ces États, et ont conduit simultanément à la crise de l’ordre néolibéral et à l’effondrement final le plus significatif de l’ordre instauré après la Seconde Guerre mondiale. La transformation de la Chine en une société capitaliste très performante, la faillite de l’Union soviétique et de l’Europe orientale dans les années 1990, puis la récession de 2008 ont presque effacé la vieille division du monde entre nations capitalistes et communistes, ou entre pays du tiers monde, en développement ou développés. Nous vivons maintenant dans un monde caractérisé par une mosaïque d’extrême richesse et de pauvreté injustifiée dans presque tous les pays.

Les forces motrices sous-jacentes à ces développements – dont certaines sont à peine visibles à l’heure actuelle à cause des jets de canons à eau ou des nuages de gaz lacrymogène – se retrouveront dans la réorganisation de l’économie mondiale menée par les financiers, motivée par leur recherche du profit et du contrôle économique. Au cours des cinquante dernières années – et à une vitesse de plus en plus rapide au cours des vingt dernières années – les magnats de la finance et du patronat ont transformé l’industrie avec les satellites et les micro-puces, les ordinateurs et l’automatisation, de nouvelles formes d’organisation managériale de la main-d’œuvre et en créant la surveillance électronique des lieux de travail. L’incroyable augmentation de la production dans le monde entier, dans le cadre économique néolibéral – depuis l’extraction des minerais à la fabrication en passant par les services – le tout grâce aux accords commerciaux internationaux et au transport par l’industrie logistique avec ses entrepôts et ses conteneurs maritimes a conduit à une énorme croissance des inégalités économiques. Partout, la classe capitaliste et ses partenaires politiques se sont enrichis aux dépens de la classe ouvrière et des pauvres. Tout cela a suscité un ressentiment énorme et plus que justifié de la majorité dans le monde entier.

Il ne fait aucun doute qu’au lendemain de la grande récession de 2008, nous sommes entrés dans une nouvelle période politique où la rébellion alterne avec la répression. Cela a commencé en 2011 avec le mouvement des places en Espagne, Occupy Wall Street aux États-Unis, le printemps arabe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La crise économique a également donné naissance à de nouveaux partis et personnalités politiques nationalistes : la Ligue du Nord en Italie, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), Boris Johnson en Angleterre, Donald Trump aux États-Unis. Les conséquences de la crise se font encore sentir un peu partout, même si l’Amérique du Nord (Canada, États-Unis et Mexique) reste jusqu’à présent pratiquement immunisée contre la contagion radicale..............................


http://www.inprecor.fr/article-Situation internationale-Le monde se soulève contre l’austérité et l’autoritarisme?id=2295
 

Drianke

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Hong Kong, Chili, Liban… la mondialisation de la colère

Assiste-t-on à la mondialisation d’un mouvement de protestation des peuples ? Au Chili, au Liban, en Irak, en Egypte, en Algérie, à Hong Kong, au Soudan, en Equateur, à Haïti, en Bolivie, au Venezuela, en Guinée, à Barcelone et en France, des vagues de révolte et des protestations populaires de grande ampleur se sont déversées dans les rues des capitales et des grandes villes. L’année 2019, qui n’est pas encore terminée, aura été marquée par une accélération et une multiplication des conflits sociaux et politiques, souvent sans précédent dans les pays concernés.
A première vue, rien ne relie ces colères entre elles. Leurs origines sont diverses, entre la hausse des taxes sur le carburant en France, celle du prix du ticket de métro au Chili, ou l’application d’une taxe sur WhatsApp au Liban. Les systèmes politiques sont, par ailleurs, très différents les uns des autres.


Mais ces troubles, plus ou moins violents, ont un dénominateur commun : la dénonciation de l’accroissement des inégalités, non seulement entre les riches et les pauvres, mais aussi entre les classes moyennes et les très riches, le rejet de la corruption, qui apparaît encore plus insupportable, celui des élites et des classes dirigeantes, l’opposition à une forme de libéralisme sauvage.

L’autre point commun est l’expression d’une démocratie directe, sans partis, ni figures l’incarnant, par plusieurs catégories de la population, dans la rue, où les peuples connectés remettent en cause les représentations parlementaires et les pouvoirs en place, dont ils se méfient de plus en plus. Cette attente de renouvellement politique est particulièrement criante chez les jeunes, d’ordinaire aux avant-postes des manifestations.

Comme souvent dans ce genre de mouvements, il y a un élément déclencheur, qui semble parfois dérisoire. Il est le révélateur de colères et de malaises profonds, généralisés et larvés. En face, les dirigeants, acculés, font en général marche arrière en suspendant ou supprimant ce qui a joué le rôle d’étincelle. Souvent, cela ne suffit pas à des manifestants inlassables et avides de changements en profondeur. Tour du monde des révoltes.

Soudan, 19 décembre 2018
  • L’étincelle. Le triplement du prix du pain, dans le cadre d’une politique de rigueur. Les protestations ont basculé le 6 avril 2019, avec l’installation des manifestants devant l’état-major de l’armée.
  • Les origines de la colère. La mauvaise gestion (70 % du budget consacré aux dépenses militaires, rente pétrolière qui se tarit, corruption rampante, mauvaise gestion des ressources) a réduit les capacités de l’Etat à subvenir aux besoins fondamentaux des populations et à développer le pays.
  • Le bilan. Les huit mois de manifestations sans relâche ont été marqués par la répression, qui a fait plus de 250 morts. Sous la pression populaire, le président Omar al-Bachir a été déchu par l’armée le 11 avril, après trois décennies de pouvoir sans partage. La signature d’un accord entre les chefs militaires et les responsables de la contestation, le 18 août, a ouvert la voie à un règlement de la crise politique. Cette période de transition doit mener le pays vers de premières élections qui se voudront démocratiques, en 2022.
 

Drianke

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Algérie, 22 février 2019
  • L’étincelle. L’annonce de la candidature du président Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat.
  • Les origines de la colère. C’est l’humiliation de trop pour les Algériens, qui descendent en masse dans la rue pour protester contre la perspective de cet énième mandat. Depuis de nombreuses années, les Algériens manifestent régulièrement contre la vie chère et le manque de perspectives économiques dans un pays majoritairement jeune et frappé par le chômage. L’immense majorité demande une remise à plat de la redistribution des richesses nationales et souhaite remettre la souveraineté du peuple au cœur de la vie politique. Les manifestants réclament le départ de l’ensemble du « système » au pouvoir depuis l’indépendance du pays, en 1962, dont celui du président par intérim Abdelkader Bensalah et du général Gaïd Salah.
  • Le bilan. Abdelaziz Bouteflika démissionne après vingt ans à la tête de l’Algérie. Une élection présidentielle est prévue le 12 décembre. Les manifestations ont été remarquées pour leur caractère pacifique. Cependant, les forces publiques ont restreint les libertés, harcèlent les contestataires et multiplient les arrestations.
Crise toujours en cours.

Hong Kong, 28 avril 2019
  • L’étincelle. La modification de la loi sur les extraditions, faisant craindre un renforcement du contrôle de Pékin.
  • Les origines de la colère. Les manifestants exigent davantage d’autonomie et de libertés civiles face aux ingérences grandissantes de la Chine dans les affaires de sa région semi-autonome. En poste depuis mi-2017, la cheffe de l’exécutif, Carrie Lam, cristallise la colère des protestataires, dont la plupart réclament sa démission de la tête de Hong Kong.
  • Le bilan. Suppression du projet de loi d’extradition vers la Chine. Carrie Lam a annoncé une batterie de mesures économiques et sociales, notamment la construction de logements, l’assouplissement de prêts immobiliers, des aides aux étudiants ou encore l’augmentation des subventions accordées aux familles à faibles revenus. Aucune concession politique n’a été faite. Les heurts entre police et manifestants ont officiellement fait plus de 1 200 blessés.
Crise toujours en cours.
 

Drianke

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Haïti, fin août 2019
  • L’étincelle. La décision, début juillet, d’augmenter de 38 % le tarif de l’essence, de 47 % celui du diesel et de 51 % celui du kérosène a déclenché trois jours d’émeutes. L’annonce par la Cour supérieure, en mai, que des entreprises dirigées par le président Jovenel Moïse avant sa prise de fonction étaient impliquées dans des détournements de fonds. Enfin, une longue pénurie généralisée de carburant, au mois d’août, a amplifié le mouvement.
  • Les origines de la colère. Dès son arrivée au pouvoir, en février 2017, Jovenel Moïse est confronté à la colère de l’opposition, qui a toujours refusé de reconnaître sa victoire à l’issue d’un processus électoral délicat. Avant que cette crise n’explose et ne paralyse le pays, Jovenel Moïse était déjà la cible de critiques d’organisations de la société civile militant contre la corruption. Les cortèges, qui rassemblent souvent plusieurs milliers de personnes, ont comme premier mot d’ordre la démission immédiate du président. Haïti compte parmi les pays les plus inégalitaires au monde. Les 20 % les plus riches y contrôlent plus de 60 % des richesses et les 20 % les plus pauvres, moins de 2 %.
  • Le bilan. Jovenel Moïse a proposé une « trêve historique », mais ses opposants ont rejeté son appel au dialogue. Il n’a annoncé aucune mesure immédiate face aux conséquences humanitaires, économiques et sociales de la crise politique. L’opposition n’a pas formulé de propositions claires pour gérer la transition en cas de vacance du pouvoir, et les différents partis derrière les manifestations ne parviennent pas à s’entendre.
Crise toujours en cours.

Egypte, 20 septembre 2019
  • L’étincelle. L’appel de l’homme d’affaires Mohamed Ali, un Egyptien vivant en exil en Espagne, qui accusait le président Abdel Fattah al-Sissi de corruption.
  • Les origines de la colère. Il y a, en Egypte, une forte exacerbation des ressentiments à l’égard du pouvoir en place. Les conditions de la réélection d’Abdel Fattah al-Sissi pour un deuxième mandat, en mai 2018, avec l’arrestation des autres candidats, dont des généraux respectés, puis le passage en force d’une réforme constitutionnelle lui offrant la possibilité de briguer un troisième mandat, avaient troublé l’opinion publique. Les manifestations, entre le 20 et le 27 septembre, spontanées et que personne n’a vues venir car interdites depuis 2013, sont le reflet d’une colère des classes moyennes et populaires contre les mesures d’austérité et les coupes aux subventions instaurées depuis trois ans.
  • Le bilan. Le président égyptien a concédé, le 29 septembre, dans un tweet, que davantage devait être fait pour « protéger les droits du peuple ». Le ministère de l’Approvisionnement a annoncé que 1,8 million de personnes seraient réintégrées aux listes des bénéficiaires des subventions aux produits de base, accordées à 60 des 100 millions d’Egyptiens. Les manifestations ont été brutalement réprimées, étouffant le mouvement.
Crise étouffée.
 

Drianke

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Irak, 1er octobre 2019
  • L’étincelle. Le limogeage du général Abdelwahab al-Saadi, héros de la lutte contre le groupe Etat islamique, respecté par des millions de jeunes Irakiens.
  • Les origines de la colère. Les revendications des manifestants vont des services publics de base (dans un pays en pénurie d’électricité et d’eau potable depuis des décennies) jusqu’aux emplois pour les jeunes (un sur quatre est au chômage). Mais c’est la corruption qui est au centre de la protestation. L’influence déterminante de l’Iran sur le pays est également dénoncée par les protestataires irakiens.
  • Le bilan. Un couvre-feu a été imposé. Des dizaines de responsables militaires ont été limogés. Le président Barham Saleh a proposé une sortie de crise avec un dialogue « franc », un remaniement ministériel et de nouvelles instances de supervision pour tenter de juguler la corruption. La répression sanglante a fait au moins 157 morts, en majorité à Bagdad.
Crise toujours en cours.

Equateur, 1er octobre 2019
  • L’étincelle. L’annonce de la fin des subventions sur les carburants qui a fait bondir les prix à la pompe de plus de 100 %.
  • Les origines de la colère. Cette mesure s’inscrit dans un vaste programme de réformes économiques engagées par le président Lenin Moreno pour réduire les dépenses publiques. Depuis deux ans, la colère contre le chef d’Etat est généralisée. Elu sur la base d’une continuité avec son prédécesseur et mentor Rafael Correa, figure de gauche admirée en Amérique latine, avec la promesse de poursuivre la « révolution citoyenne », il a choisi la rupture en s’entourant d’économistes libéraux et en renouant avec les milieux d’affaires et les multinationales. Cette volte-face a été vécue comme une « trahison » par une bonne partie de l’opinion publique. D’autant que, soumis à la pression du Fonds monétaire international (FMI), qui est revenu dans le giron équatorien en accordant un crédit de 4,2 milliards de dollars, l’exécutif a mis en œuvre des réformes d’ajustement structurel. Si la hausse du prix de l’essence a été l’élément déclencheur, ce chèque était assorti d’autres conditions, comme la division par deux des congés des fonctionnaires ou la réduction de certains impôts et taxes bénéficiant aux plus riches.
  • Le bilan. Lenin Moreno a retiré le décret décrié qui supprimait les subventions de l’Etat aux hydrocarbures. Les prix des carburants sont revenus au niveau d’avant la crise sociale. Les tarifs des transports publics qui, en conséquence, avaient augmenté jusqu’à 40 %, ont retrouvé leur niveau d’avant. Durant la contestation, des manifestants avaient pris d’assaut le siège du gouvernement, envahi momentanément l’hémicycle du parlement, incendié un bâtiment public et attaqué les locaux de deux médias dans la capitale. La crise a fait 8 morts, 1 340 blessés et entraîné 1 192 arrestations.
Crise éteinte.
 

Drianke

اللهم إفتح لنا أبواب الخير وأرزقنا من حيت لا نحتسب
Contributeur
Chili, 18 octobre 2019
  • L’étincelle. L’augmentation du prix du ticket de métro (de 800 à 830 pesos, soit 1,04 euro).
  • Les origines de la colère. On pourrait faire remonter cette colère aux années 1980, sous la dictature d’Augusto Pinochet, lorsque les « Chicago Boys », le surnom d’un groupe d’économistes chiliens, influencés par Milton Friedman, ont été chargés de redresser le pays à grand renfort de privatisations, de réduction du rôle de l’Etat et de libéralisation quasi totale de l’économie. Ce système, inscrit dans la Constitution de 1980, a trouvé ses limites après la crise économique, créant des inégalités extrêmes, de l’endettement et provoquant l’exclusion de toute une partie de la population. Le pays vit depuis le début des années 2000 au rythme de grandes manifestations sociales : les étudiants en 2001, 2006 et 2011 contre la privatisation du système éducatif ; les travailleurs des grandes mines de cuivre et les dockers sur les salaires et les conditions de travail, et les femmes contre les abus sexuels et les inégalités salariales. A ces colères, s’est ajouté un ras-le-bol généralisé après plusieurs scandales de corruption mettant en cause les élites du pays. Le mouvement est aujourd’hui plus hétérogène. « C’est une remise en cause plus globale du modèle chilien néolibéral, imposé sous Pinochet », nous disait le chercheur Franck Gaudichaud.
  • Le bilan. Le président Sebastian Piñera (conservateur, droite) a décrété l’état d’urgence, instauré un couvre-feu et déployé les militaires dans la rue. L’exécutif a suspendu l’augmentation du ticket de métro et a proposé des mesures comme l’augmentation de 20 % du minimum retraite et le gel des tarifs de l’électricité, ou une hausse du salaire minimum. Il a également proposé la réduction du traitement des parlementaires et des hauts fonctionnaires. Sans arriver à calmer les manifestants pour le moment. La répression a été particulièrement notée dans un pays marqué par la violence de la dictature. Les affrontements ont fait au moins dix-huit morts.
Crise toujours en cours.
 

Drianke

اللهم إفتح لنا أبواب الخير وأرزقنا من حيت لا نحتسب
Contributeur
Liban, 17 octobre 2019
  • L’étincelle. L’annonce d’une taxe sur les appels effectués par l’intermédiaire de l’appli WhatsApp.
  • Les origines de la colère. Cette taxe est l’impôt de trop dans un pays où des besoins élémentaires, comme l’eau, l’électricité et l’accès universel aux soins, ne sont pas assurés, trente ans après la fin de la guerre civile (1975-1990). Les manifestants dénoncent pêle-mêle la corruption, les bas salaires et l’état des infrastructures. Désormais, ils réclament un changement de la classe dirigeante.
  • Le bilan. La taxe WhatsApp a été annulée. Le Premier ministre Saad Hariri a annoncé l’adoption par tous les partis politiques d’un plan de réformes et du budget pour l’année 2020, prévoyant une baisse substantielle du déficit public, sans aucune nouvelle taxe, des aides aux plus pauvres, et la lutte contre la corruption. Des mesures symboliques, comme la baisse de 50 % de la rémunération des ministres et des députés, ont été annoncées. Le président libanais Michel Aoun s’est dit prêt à discuter avec des représentants des manifestants, mais il a opposé une fin de non-recevoir à leur principale revendication visant à un changement du régime. Il n’a annoncé aucune nouvelle mesure concrète. L’armée a fait son apparition dans les rues, mais des images dans les journaux montraient des scènes de fraternisation entre la foule et les soldats. Malgré une ambiance restée largement bon enfant, de premiers incidents ont été signalés dans certaines villes de province où il y a eu des dizaines de blessés lors de heurts.
Crise toujours en cours.

Venezuela, 23 janvier 2019
  • L’étincelle. La réélection de Nicolas Maduro, en mai 2018, à l’occasion d’une élection boycottée par l’opposition et non reconnue par une partie importante de la communauté internationale. Le 23 janvier, Juan Guaido se proclame « président par intérim ».
  • Les origines de la colère. Le pays est exsangue, ravagé par une crise économique, sociale et politique sans précédent. Pénuries de produits de première nécessité, hyperinflation monstrueuse (130 060 % en 2018), rationnement, coupures de courant régulières… le pays peine à se nourrir et à se soigner. Cette crise trouve ses racines dans un système où la corruption est quasiment institutionnalisée.
  • Le bilan. Le président a tenté des mesures pour améliorer la vie des Vénézuéliens, qui sont comme des coups d’épée dans l’eau tant la crise est grave et profonde. Sur le plan politique, un dialogue a été entamé entre Nicolas Maduro et l’opposition, sous l’égide de la Norvège. Des discussions sont en cours entre les équipes de Juan Guaido et des militaires de haut rang qui continuent de soutenir le président. Sans pour autant que cela n’ait abouti à une solution.
Crise toujours en cours.
 

Drianke

اللهم إفتح لنا أبواب الخير وأرزقنا من حيت لا نحتسب
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Bolivie, 20 octobre 2019
  • L’étincelle. La contestation du dépouillement des bulletins de vote après l’élection présidentielle.
  • Les origines de la colère. Une partie des Boliviens, qui dénonce une « autocratie », n’a pas digéré la décision d’Evo Morales de briguer un quatrième mandat, alors que les électeurs s’étaient prononcés contre à l’occasion d’un référendum en 2016.
  • Le bilan. Le président socialiste, pour lequel ce mouvement est un « coup d’Etat », a décrété l’état d’urgence. Il a revendiqué sa victoire, tout en laissant la porte ouverte à un second tour si les résultats définitifs ne lui donnent pas 10 points d’écart avec son rival, le centriste Carlos Mesa.
Crise toujours en cours.

Guinée, 14 octobre 2019
  • L’étincelle. La possibilité d’un troisième mandat d’Alpha Condé après qu’il a lancé des consultations sur la Constitution, qui l’empêche pour l’instant d’en briguer un nouveau.
  • Les origines de la colère. La personne d’Alpha Condé est au cœur de l’agitation. Opposant historique qui connut l’exil et la prison, il a été le premier président démocratiquement élu en 2010, réélu en 2015. Son avènement a marqué l’instauration d’un gouvernement civil après des décennies de régimes autoritaires et militaires. Mais après une évolution encourageante, les défenseurs des droits rapportent une régression ces derniers mois et une interdiction de fait de toute manifestation depuis juillet 2018. L’opposition dénonce une dérive « dictatoriale » d’Alpha Condé, à l’instar de nombreux leaders africains.
  • Le bilan. Dans un entretien accordé au « Monde », le président entretient le doute sur une révision de la Constitution rejetée par les manifestants, la possibilité d’un référendum et ses plans personnels. Aucune sortie de crise n’est en vue. Au moins huit manifestants (dix selon l’opposition) et un gendarme ont été tués, des dizaines d’autres blessés, des dizaines arrêtés et jugés.
Crise toujours en cours.
 

Drianke

اللهم إفتح لنا أبواب الخير وأرزقنا من حيت لا نحتسب
Contributeur
Barcelone, 14 octobre 2019
  • L’étincelle. La condamnation de neuf séparatistes, pour la plupart anciens membres du gouvernement régional.
  • Les origines de la colère. La frustration d’une partie de la base indépendantiste, deux ans après l’échec de la tentative de sécession.
  • Le bilan. Le président indépendantiste catalan Quim Torra a exigé l’ouverture de « négociations sans conditions » pour trouver une issue au conflit mais s’est vu opposer une fin de non-recevoir par le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, sous pression avant les élections législatives du 10 novembre. Les multiples manifestations contre cette décision de justice ont dégénéré à plusieurs reprises, la semaine dernière, en violents affrontements entre manifestants radicaux et forces de l’ordre, qui ont fait près de 600 blessés au total.
Crise toujours en cours.

France, 17 novembre 2018
  • L’étincelle. Augmentation des prix à la pompe après une hausse des taxes sur le carburant.
  • Les origines de la colère. La montée d’une forme de ressentiment social.
  • Le bilan. Des mesures d’urgence économiques et sociales sont prises, dont l’annulation de la hausse de la CSG pour les petites retraites et l’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires. Le président Emmanuel Macron a organisé un grand débat national censé aboutir à des solutions de plus long terme.
Crise toujours en cours.
 
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