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Laila

Ex-Kalaloly
Administrateur
Prendre les MRE pour une population homogène, c'est se mettre le doigt dans l'oeil. Pas besoin d'être grand clerc pour voir que cette communauté évolue. Et c'est tout à fait normal. Le MRE, ce n'est plus seulement ce bon père de famille qui travaille toute l'année pour s'offrir un mois de vacances au bled, couvrir sa famille de cadeaux et marier un fils ou une fille. Aujourd'hui, le MRE est aussi investisseur, promoteur immobilier et même touriste. Ce n'est pas pour rien que l'Office du Tourisme a fini cette année par l'intégrer dans ses statistiques.
Même si cela ne se voit pas quand ils débarquent par milliers au port de Tanger, le comportement et le mode de consommation du MRE ont changé.
Tout le congé dans le patelin, c'est dépassé. Le MRE bouge, voyage, descend dans les hôtels, consomme.
Le break ou le VAN où l'on entasse famille et cousins pour rentrer au bercail, bientôt ce sera de l'histoire ancienne. Le MRE s'affiche dans des voitures dernier cri à faire pâlir plus d'un et s'intéresse aux résidences en bord de mer. Une maison près des siens dans son village natal, ce n'est plus vraiment une priorité.
Le MRE aspire à une meilleure qualité de vie, et chaque été qui vient confirme un peu plus la tendance. Et nous qui croyions qu'il était une véritable fourmi!
En fait, le MRE ne laisse à son banquier marocain que 20 à 25% de ses transferts. L'on comprend alors pourquoi les banques se démènent pour garder un peu plus d'argent et un peu plus longtemps. Avec les deuxième et troisième générations des MRE, elles ont affaire à un nouveau type de clientèle et elles en prennent conscience.
Tous les marchés orientés vers cette clientèle gagneraient donc à différencier leurs offres car les MRE ne font pas qu'un.

Hakima EL MARIKY pour l'Economiste
 
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