Je suis triste...j' ai perdu un très bon ami

UN AMI TRES CHER VIENT DE MOURIR

Il s'appelait Xavier. Il était grand et costaud et charismatique. Il était sympathique, drôle et d'une intelligence subtile. En tout cas moi il me faisait à la fois rire et réfléchir.

Rire lorsqu'il s'agissait de refaire le monde, et réfléchir lorsqu'il s'agissait de le défaire. Car il avait des avis et des positions bien tranchés.

Il n'avait pas de religion mais avait un certain goût pour l'islam et sa mystique. Son livre de chevet était le jardin des vertueux. Il y consultait une page tous les soirs avant de s'endormir - pour le peu de sommeil qu'il parvenait à s'offrir - et me donnait le lendemain un commentaire des plus ambitieux.

Lorsqu'il avait terminé le chapitre de la piété filiale par exemple, il avait entrepris de rendre à ses parents et ses frères ce qui leur revenait de droit. Il avait entrepris de renouer avec les siens et de jouer le rôle du médiateur-reconciliateur. J'espère qu'il y est parvenu.

Xavier avait une âme tourmentée et il se livrait un combat quotidien. Son questionnement était sans fin. Il affichait un certain sérieux qui parfois reflétait de la tristesse. Il avait un mal de chien à s'endormir et ça le rongeait de l'intérieur. Mais il avait toujours de quoi s'offrir une réponse optimiste à des angoisses de plus en plus profondes.

Je lui avais passé un livre que j'avais lu trois fois sans le comprendre, le livre du dedans de Rumi. Il adorait ce livre. Xavier aimait le langage métaphorique et ce livre éblouissait son esprit et lui offrait de la matière pour égayer son âme.

Mais parfois il allait mal. Un jour il m'avait appelé pour me demander de lui fournir un joint car il avait besoin d'un relaxant. Je me chargeait donc de réunir le matos: cigarettes, feuilles et substance. Il me rappela 5 minutes plus tard pour me dire qu'il n'en voulait plus finalement, qu'il préférait combattre son mal de manière naturelle, avec son psychisme, avec sa musique et son imagination.

Il débordait d'imagination. Il avait un calpin sur lequel il notait toutes ses idées et le rangeait précieusement sous son lit après avoir griffonné deux ou trois notes. Il gardait ses idées bien pour lui. Mais il me révéla quand-même quelques unes d'entre elles.

Des idées surprenantes comme faire aménager des terrasses sur les immeubles de la ville de Lyon; et des idées complètement loufoques comme son projet de faire installer des écrans géants dans l'espace afin de réduire la chaleur du climat de certains pays du Golf; etc.

Voilà le genre de projets qu'il chérissait. Il voulait à la fois que cela rapporte un max de pognon, mais que cela serve à l'homme.
Son rêve ultime était de devenir extrêmement riche et d'offrir l'argent à des oeuvres de bienfaisance. Il avait pour exemple suprême Steve Jobs.

Des fois il m'appelait pour faire une promenade. En général on se donnait rendez-vous au métro Vieux-Lyon et on remontait à pied jusqu'à Valmy où il habitait. On buvait un café et on discutait, débattait et rigolait. Puis je repartais et j'attendais qu'il me renvoie un message afin de fixer une nouvelle promenade car il se passait des jours voire des semaines parfois avant qu'il ne daigne s'exprimer à nouveau.

Aujourd'hui j'apprends sa mort et je suis sous le choc. Il ne m'a pas laissé de nouvelles...

Tu es partis sans prévenir... Tu vas me manquer cher ami... 😢
 

Esperluette

Vivre et laisser vivre
UN AMI TRES CHER VIENT DE MOURIR

Il s'appelait Xavier. Il était grand et costaud et charismatique. Il était sympathique, drôle et d'une intelligence subtile. En tout cas moi il me faisait à la fois rire et réfléchir.

Rire lorsqu'il s'agissait de refaire le monde, et réfléchir lorsqu'il s'agissait de le défaire. Car il avait des avis et des positions bien tranchés.

Il n'avait pas de religion mais avait un certain goût pour l'islam et sa mystique. Son livre de chevet était le jardin des vertueux. Il y consultait une page tous les soirs avant de s'endormir - pour le peu de sommeil qu'il parvenait à s'offrir - et me donnait le lendemain un commentaire des plus ambitieux.

Lorsqu'il avait terminé le chapitre de la piété filiale par exemple, il avait entrepris de rendre à ses parents et ses frères ce qui leur revenait de droit. Il avait entrepris de renouer avec les siens et de jouer le rôle du médiateur-reconciliateur. J'espère qu'il y est parvenu.

Xavier avait une âme tourmentée et il se livrait un combat quotidien. Son questionnement était sans fin. Il affichait un certain sérieux qui parfois reflétait de la tristesse. Il avait un mal de chien à s'endormir et ça le rongeait de l'intérieur. Mais il avait toujours de quoi s'offrir une réponse optimiste à des angoisses de plus en plus profondes.

Je lui avais passé un livre que j'avais lu trois fois sans le comprendre, le livre du dedans de Rumi. Il adorait ce livre. Xavier aimait le langage métaphorique et ce livre éblouissait son esprit et lui offrait de la matière pour égayer son âme.

Mais parfois il allait mal. Un jour il m'avait appelé pour me demander de lui fournir un joint car il avait besoin d'un relaxant. Je me chargeait donc de réunir le matos: cigarettes, feuilles et substance. Il me rappela 5 minutes plus tard pour me dire qu'il n'en voulait plus finalement, qu'il préférait combattre son mal de manière naturelle, avec son psychisme, avec sa musique et son imagination.

Il débordait d'imagination. Il avait un calpin sur lequel il notait toutes ses idées et le rangeait précieusement sous son lit après avoir griffonné deux ou trois notes. Il gardait ses idées bien pour lui. Mais il me révéla quand-même quelques unes d'entre elles.

Des idées surprenantes comme faire aménager des terrasses sur les immeubles de la ville de Lyon; et des idées complètement loufoques comme son projet de faire installer des écrans géants dans l'espace afin de réduire la chaleur du climat de certains pays du Golf; etc.

Voilà le genre de projets qu'il chérissait. Il voulait à la fois que cela rapporte un max de pognon, mais que cela serve à l'homme.
Son rêve ultime était de devenir extrêmement riche et d'offrir l'argent à des oeuvres de bienfaisance. Il avait pour exemple suprême Steve Jobs.

Des fois il m'appelait pour faire une promenade. En général on se donnait rendez-vous au métro Vieux-Lyon et on remontait à pied jusqu'à Valmy où il habitait. On buvait un café et on discutait, débattait et rigolait. Puis je repartais et j'attendais qu'il me renvoie un message afin de fixer une nouvelle promenade car il se passait des jours voire des semaines parfois avant qu'il ne daigne s'exprimer à nouveau.

Aujourd'hui j'apprends sa mort et je suis sous le choc. Il ne m'a pas laissé de nouvelles...

Tu es partis sans prévenir... Tu vas me manquer cher ami... 😢
Tu viens de rendre un très joli hommage à ton ami, qu'il repose en paix.
 

Morad

Modérateur
Modérateur
UN AMI TRES CHER VIENT DE MOURIR

Il s'appelait Xavier. Il était grand et costaud et charismatique. Il était sympathique, drôle et d'une intelligence subtile. En tout cas moi il me faisait à la fois rire et réfléchir.

Rire lorsqu'il s'agissait de refaire le monde, et réfléchir lorsqu'il s'agissait de le défaire. Car il avait des avis et des positions bien tranchés.

Il n'avait pas de religion mais avait un certain goût pour l'islam et sa mystique. Son livre de chevet était le jardin des vertueux. Il y consultait une page tous les soirs avant de s'endormir - pour le peu de sommeil qu'il parvenait à s'offrir - et me donnait le lendemain un commentaire des plus ambitieux.

Lorsqu'il avait terminé le chapitre de la piété filiale par exemple, il avait entrepris de rendre à ses parents et ses frères ce qui leur revenait de droit. Il avait entrepris de renouer avec les siens et de jouer le rôle du médiateur-reconciliateur. J'espère qu'il y est parvenu.

Xavier avait une âme tourmentée et il se livrait un combat quotidien. Son questionnement était sans fin. Il affichait un certain sérieux qui parfois reflétait de la tristesse. Il avait un mal de chien à s'endormir et ça le rongeait de l'intérieur. Mais il avait toujours de quoi s'offrir une réponse optimiste à des angoisses de plus en plus profondes.

Je lui avais passé un livre que j'avais lu trois fois sans le comprendre, le livre du dedans de Rumi. Il adorait ce livre. Xavier aimait le langage métaphorique et ce livre éblouissait son esprit et lui offrait de la matière pour égayer son âme.

Mais parfois il allait mal. Un jour il m'avait appelé pour me demander de lui fournir un joint car il avait besoin d'un relaxant. Je me chargeait donc de réunir le matos: cigarettes, feuilles et substance. Il me rappela 5 minutes plus tard pour me dire qu'il n'en voulait plus finalement, qu'il préférait combattre son mal de manière naturelle, avec son psychisme, avec sa musique et son imagination.

Il débordait d'imagination. Il avait un calpin sur lequel il notait toutes ses idées et le rangeait précieusement sous son lit après avoir griffonné deux ou trois notes. Il gardait ses idées bien pour lui. Mais il me révéla quand-même quelques unes d'entre elles.

Des idées surprenantes comme faire aménager des terrasses sur les immeubles de la ville de Lyon; et des idées complètement loufoques comme son projet de faire installer des écrans géants dans l'espace afin de réduire la chaleur du climat de certains pays du Golf; etc.

Voilà le genre de projets qu'il chérissait. Il voulait à la fois que cela rapporte un max de pognon, mais que cela serve à l'homme.
Son rêve ultime était de devenir extrêmement riche et d'offrir l'argent à des oeuvres de bienfaisance. Il avait pour exemple suprême Steve Jobs.

Des fois il m'appelait pour faire une promenade. En général on se donnait rendez-vous au métro Vieux-Lyon et on remontait à pied jusqu'à Valmy où il habitait. On buvait un café et on discutait, débattait et rigolait. Puis je repartais et j'attendais qu'il me renvoie un message afin de fixer une nouvelle promenade car il se passait des jours voire des semaines parfois avant qu'il ne daigne s'exprimer à nouveau.

Aujourd'hui j'apprends sa mort et je suis sous le choc. Il ne m'a pas laissé de nouvelles...

Tu es partis sans prévenir... Tu vas me manquer cher ami... 😢
Allah irrahmo
 
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