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Un texte de comte-sponville sur le relativisme

Discussion dans 'Philosophie, spiritualité et autres religions' créé par Ebion, 5 Août 2018.

Bonjour :timide: Voici un texte de Comte-Sponville où il prend position pour le relativisme en matière de valeurs. Cela est un débat important en...

  1. Ebion

    Ebion

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    Bonjour :timide:

    Voici un texte de Comte-Sponville où il prend position pour le relativisme en matière de valeurs. Cela est un débat important en morale, et qui peut avoir des conséquences assez lourdes si on n'en parle pas sagement. En bref, la question dont parle Comte-Sponville ici est de savoir ce qui est premier : est-ce la valeur, ou est-ce l'amour que nous avons pour elle? En d'autres termes : existe-t-il des valeurs objectives qui nous imposeraient de les respecter, ou bien est-ce nos préférences, nos choix personnels, qui constituent la valeur de quelque chose, qui autrement n'en aurait pas?

    Voici son texte :

    """
    Je voulais simplement dire que rien n'a d'importance, que rien n'a de valeur, sauf par l'amour que l'on y met ou qu'on y trouve. Une étoile qui s'éteint, quelle importance? La fin du monde, quelle importance? Aucune, si nous n'aimions le monde ou la vie! C'est le sens du relativisme de Spinoza : ce n'est pas parce qu'une chose est bonne que nous la désirons, c'est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne. Mozart ne vaut que pour qui l'aime. Quand bien même le génie serait une notion objective, nul n'est tenu d'en faire une valeur. Le poids, par exemple, se mesure objectivement; mais pourquoi préférerait-on toujours le plus lourd? Quand bien même on pourrait démontrer objectivement (c'est bien sûr impossible) que Mozart est le plus grand musicien de tous les temps, cela n'en ferait pas une valeur objective; car il faudrait d'abord démontrer que la musique est préférable à son absence, et c'est ce qu'on ne peut - ou qu'on ne pourrait, si nous n'aimions la musique! On objectera qu'on peut démontrer que la musique est bonne pour la santé... Sans doute. Mais que vaut la santé, si la vie ne vaut rien? Et que vaut la vie, si nous ne l'aimons pas? Il n'y a donc pas de valeur absolue : la beauté ne vaut que pour qui l'aime, la justice ne vaut que pour qui l'aime! Et la vérité? Elle n'a pas besoin que nous l'aimions pour être vraie, certes, mais bien pour valoir. Et l'amour? Il n'est une valeur qu'autant que nous l'aimons, et c'est pourquoi il en est une. Spinoza contre Platon. Ce n'est pas la valeur de l'objet aimé qui justifie l'amour, c'est l'amour qui donne à l'objet aimé sa valeur. Le désir est premier : l'amour est premier. Ou plutôt (car l'amour ne serait absolument premier que si Dieu existait) c'est le réel qui est premier, mais il ne vaut que par et pour l'amour.
    """

    Êtes-vous d'accord? Vos avis svp
     
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  2. insouciants

    insouciants VIB

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    qu’est-ce que l’amour ?
     
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  3. Ebion

    Ebion

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    L’amour est une certaine volonté d’union entre une personne et une autre, ou une personne et un groupe, ou de façon plus abstraite entre deux groupes... mais on parle aussi d’amour de l’argent, du pouvoir, du savoir, etc...

    Il y a deux types d’amour selon la théologie catholique : l’amour captatif et l’amour oblatif. Le premier aime des personnes pour en retirer un avantage égoïste, du plaisir, du pouvoir, etc. alors que le second cherche aussi le bien de l’autre personne, c’est-à-dire qu’il est altruiste et respecte mieux les besoins de l’autre.

    De même, on peut aimer Dieu parce qu’on en attend une récompense, le paradis... on peut aussi l’aimer de façon plus spirituelle et désintéressée, par respect, par gratitude, ce genre de choses.
     
  4. toino

    toino Bladinaute averti

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    "C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante."
    Tout est déjà dans le Petit Prince. Pas besoin d'autres philosophes.

    Bon sinon l'amour c'est primairement biologique. Rien de mystique, rien de magique. Mais c'est diablement efficace.
    Bien joué, la vie.
     
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  5. Ebion

    Ebion

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    Si on part de là, tous les sentiments, toutes les pensées humaines, sont primairement biologiques. Mais les humains sont aussi formés par leur culture et ils peuvent faire des choix.

    Ça arrive qu’on soutienne quelqu’un sans avoir d’inclination ou de sympathie pour lui, simplement par respect du devoir ou de la justice... cela aussi est de l’amour, malgré l’absence d’affection.
     
  6. janoum

    janoum VIB

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    Cette phrase bloque mon analyse du texte, elle est incompréhensible pour moi.
     
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  7. Ebion

    Ebion

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    Bonjour,

    Je pense qu’il veut dire que même l’échelle de mesure par laquelle nous accordons de la valeur ou non aux choses et personnes, même elle ne s’autojustifie pas et est aussi arbitraire que le reste. Dans un monde sans dieux, tout est indifférent objectivement, et la capacité même d’avoir des préférences, chez les êtres sensibles, est tout aussi insignifiante en elle-même que la capacité de ramper, de planer, de hennir ou de faire de la photosynthèse...

    on ne justifie pas l’amour en l’aimant, car cela ne fait que déplacer le problème. Il faudrait ensuite justifier notre amour de l’amour et ainsi de suite à l’infini!
     
  8. janoum

    janoum VIB

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    Bonjour

    Mais il commence son texte en disant que rien n'a d'importance sauf par l'amour qu'on l'y met et il termine en disant que le réel est premier mais il ne vaut que par l'amour.
    Si l'outil de mesure de la valeur des choses est sujet à caution, la valeur qu'on leurs donne l'est tout autant , sauf si on admet l'existence Dieu.
    Si aucune autre analyse n'est possible peut être que..