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De beaux textes

  • Initiateur de la discussion Ancien-Membre
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Ancien-Membre

Ancien-Membre

au fil de nos lectures on a tombé sur des textes qui nous ont plu,ca serrais interessant c'est chacun de nous,partagé un passage beau d'un livre,pour ma part je vous envois un texte , d'Antoine de Saint-Exupéry:
"J'ai de sérieuses raisons de croire que la planète d'ou venait le petit prince est l'astéroide B 612.
Cet astéroide n'a été apercu qu'une fois au télescope, en 1909, par un astronome turc.
Il avait fait alors une grande démonstration de sa découverte à un Congrès International d'Astronomie. Mais personne ne l'avait cru à cause de son costume. Les grandes personnes sont comme ca.
Heureusement, pour la réputation de l'astéroide B 612 un dictateur turc imposa à son peuple, sous peine de mort, de s'habiller à l'européenne. L'astronome refit se démonstration en 1920, dans un habit très élégant. Et cette fois-ci tout le monde fut de son avis.
Si je vous ai raconté ces détails sur l'astéroide B 612 et si je vous ai confié son numéro, c'est à cause des grandes personnes. Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais : "Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ?" Elles vous demandent : "Quel age a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ? " Alors seulement elles croient le connaitre. Si vous dites aux grandes personnes : "J'ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit..." elles ne parviennent pas à s'imaginer cette maison. Il faut leur dire : "J'ai vu une maison de cent mille francs." Alors elles s'écrient : "Comme c'est joli!"
Ainsi, si vous leur dites : "La preuve que le petit prince a éxisté c'est qu'il était ravissant, qu'il riait, et qu'il voulait un mouton. Quand on veut un mouton, c'est la preuve qu'on existe", elles hausseront les épaules et vous traiteront d'enfant ! Mais si vous leur dites : "La planète d'où il venait est l'astéroide B 612", alors elles seront convaincues, et elles vous laisseront tranquille avec leurs questions. Elles sont comme ca. Il ne faut pas leur en vouloir. Les enfants doivent être très indulgents envers les grandes personnes.
Mais, bien sur, nous qui comprenons la vie, nous nous moquons bien des numéros !"
ce texte est tout simplement magnifique

;-)
 
N

NASIMA2691

Salam alaykoum warahmatou'Allah wabarakatouhou!

C'est toi qui es merveilleuse ,on devrait avoir des personne comme toi dans les creches et les instituts scolaires non en tant que professeurs de matiere mais en tant qu'une presence necessaire qui passe à chaque fois pour discuter avec les enfants leur donnant cette manière de penser et d'imaginer er de vivre la vie d'enfant à travers des pensées et une intelligence et es sentiments encore vierges et digne de l'innocence ,crois moi ce genre d'assistance telle que toi devrait y avoir pour que nos enfants en sortant apres les cours ils emportent en eux la beauté de la vie de la vie et douceur d'une survie salam!








au fil de nos lectures on a tombé sur des textes qui nous ont plu,ca
 
Ancien-Membre

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Il y a fort longtemps, un vaillant chevalier combattait les méchants, tuait des dragons et sauvait les demoiselles en détresse. Il se croyait bon, gentil et plein d'amour. Il était très fier de sa magnifique armure qui brillait de mille feux, et ne la quittait jamais, même pour dormir. Seulement, un beau jour, en voulant l'enlever, il se retrouva coincé... Ainsi commença pour lui une quête initiatique, à la recherche de sa véritable identité, au gré de rencontres insolites et d'épreuves riches d'enseignement. En parvenant au "Sommet de la Vérité", il deviendra alors ce qu'il n'avait jamais cessé d'être, un homme au cœur pur, libre de toute illusion et de peur.

extrait :

“…Le chevalier fut intrigué, mais pas très enthousiaste. Il ne s'était jamais soucié des miroirs, parce qu'il ne s'était jamais trouvé beau. Mais Rebecca insistait tellement qu'à contrecoeur, il se planta devant la glace. A sa grande surprise, au lieu d'un homme grand, avec des yeux tristes et un long nez, engoncé jusqu'au cou dans une armure, il vit un individu charmant et vivant, dont les yeux brillaient de compassion et d'amour. « Qui est-ce ?» demanda-t-il. Ecureuil répondit: « C’est toi. -Ce miroir est un menteur, dit le chevalier. Je ne suis pas comme ça. -Tu es en train de voir le véritable toi, expliqua Sam, celui qui vit sous ton armure.


Le chevalier à l’armure rouillée Tiré d'une collection de contes initiatiques (Ambre et lumière)aux éditions Ambre
 
Ancien-Membre

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« J’ai toujours pensé que la maturité se mesurait à deux facteurs principaux. D’abord la faculté de rire de soi. La plupart des gens parlent d’eux-mêmes et de leur vie avec une gravité excessive. Ils ont du mal à voir qu’au bout du compte tout cela est absurde. »

Francesca lui avait demandé quel était pour lui le deuxième critère de maturité.

« La faculté d’admirer l’œuvre d’autrui, d’en être heureux, au lieu d’en être jaloux … ».

...//...

« En quatre jours, il m’a donné une vie entière, un univers, et a fait un tout des parties de mon être. »

Sur la route de Madison de James Waller
 
soucha

soucha

Float like a butterfly, sting like a bee
"...Le soir, Marie est venue me chercher et m'a demandé si je voulais me marier avec elle. J'ai dit que cela m'était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l'aimais. J'ai répondu comme je l'avais déjà fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l'aimais pas. "Pourquoi m'épouser alors?" a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n'avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. D'ailleurs, c'était elle qui le demandait et moi je me contentais de dire oui. Elle a observé alors que le mariage était une chose grave. J'ai répondu : "Non." Elle s'est tue un moment et elle m'a regardé en silence. Puis elle a parlé. Elle voulait simplement savoir si j'aurais accepté la même proposition venant d'une autre femme, à qui je serais attaché de la même façon. J'ai dit : "Naturellement." Elle s'est demandé alors si elle m'aimait et moi, je ne pouvais rien savoir sur ce point. Après un autre moment de silence, elle a murmuré que j'étais bizarre, qu'elle m'aimait sans doute à cause de cela mais que peut-être un jour je la dégoûterais pour les mêmes raisons. Comme je me taisais, n'ayant rien à ajouter, elle m'a pris le bras en souriant et elle a déclaré qu'elle voulait se marier avec moi. J'ai répondu que nous le ferions dès qu'elle le voudrait..."

Indifference, absurdité...

L'Etranger, Albert Camus.
 
Jelis

Jelis

VIB
Sur l'océan de la lumière
scintille une petite braise;
quand l'Eternel créa le monde,
cette braise s'est allumée.

Vents, tempêtes et ouragans
se sont acharnés à l'éteindre,
mais elle scintille toujours,
brillante, comme un feu de joie.

Bien des esprits ont eu envie
de capturer son étincelle,
mais toujours elle s'éloignait,
laissant son ombre derrière elle.

Les siècles succèdent aux siècles,
sans cesse des esprits périssent,
mais à cette braise sacrée
nul n'a ravi son étincelle.

Et moi, errant à sa poursuite,
je suis plongé dans de doux rêves;
je la convoite, la désire,
je l'admire et je la révère.

Mais mon désir est sans espoir,
car je ne l'attendrai jamais;
qui saisira ce grand secret:
d'où vient le parfum de la fleur?

Sur l'océan de la lumière
scintille une braise éclatante;
chacun s'efforce de l'atteindre,
mais son secret est insondable.

Safevtbeg Basadgic
 
Jelis

Jelis

VIB
Le Paradis est un jouet pour les enfants. Un seul atome d'amour de Dieu vaut mieux que cent mille paradis.

Bayazîd Bistâmi
 
Ancien-Membre

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Les couleurs de la vie

Ma vie était une feuille blanche sans valeur.
Le vert m'a donné la croissance,
le rouge l'ardeur,
le jaune m'a appris la loyauté et la droiture,
le bleu la pureté,
le rose m'a offert l'espoir,
le gris léger la tristesse.

Pour terminer cette Aquarelle,
le noir m'imposera la mort.

Depuis,
j'adore la vie parce que j'adore ses couleurs.

Wen Yi-to
 
Ancien-Membre

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Un songe

Le laboureur m'a dit en songe : "Fais ton pain
Je ne te nourris plus : gratte la terre et sème."
Le tisserand m'a dit : "Fais tes habits toi-même."
Et le maçon m'a dit : " Prends la truelle en main."
Et seul, abandonné de tout le genre humain
Dont, je traînai partout l'implacable anathème,
Quand j'implorai du ciel une pitié suprême,
Je trouvais des lions debout sur mon chemin.

J'ouvris les yeux, doutant si l'aube était réelle ;
De hardis compagnons sifflaient sur leurs échelles.
Les métiers bourdonnaient, les champs étaient semés.

Je connus mon bonheur, et qu'au monde où nous sommes
Nul ne peut se vanter de se passer des hommes,
Et depuis ce jour-là, je les ai tous aimés.

René François Sully Prudhomme (1839-1907)
 
Ancien-Membre

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La mesure de l'homme

Ce n'est pas celui qui critique qui est important, ni celui qui montre du doigt comment l'homme fort trébuche ou comment l'homme d'action aurait pu faire mieux.

L'hommage est dû à celui ou à celle qui se bat dans l'arène, dont le visage est couvert de poussière et de sueur, qui va de l'avant vaillamment, qui commet des erreurs et en commettra encore, car il n'y a pas d'efforts humains sans erreurs et imperfections.

C'est à lui ou à elle qu'appartient l'hommage, à celui ou à celle dont l'enthousiasme et la dévotion sont grands, à celui ou à celle qui se consume pour une cause importante, à celui ou à celle qui, au mieux, connaîtra le triomphe du succès, et au pis, s'il échoue, saura qu'il a échoué alors qu'il risquait courageusement.

C'est pourquoi la place de cet homme ou de cette femme ne sera jamais avec ces âmes tièdes et timides qui ne connaissent ni la victoire ni la défaite.

Mahatma K. Gandhi
 
Jelis

Jelis

VIB
Vos cœurs connaissent en silence les secrets des jours et des nuits.
Mais vos oreilles se languissent d'entendre la voix de la connaissance en vos cœurs.
Vous voudriez savoir avec des mots ce que vous avez toujours su en pensée.
Vous voudriez toucher du doigt le corps nu de vos rêves.
Et il est bon qu'il en soit ainsi.
La source secrète de votre âme doit jaillir et couler en chuchotant vers la mer,
Et le trésor de vos abysses infinis se révéler à vos yeux.
Mais qu'il n'y ait point de balance pour peser votre trésor inconnu,
Et ne sondez pas les profondeurs de votre connaissance avec tige ou jauge,
Car le soi est une mer sans limites ni mesures.
Ne dites pas: "J'ai trouvé la vérité", mais plutôt: "J'ai trouvé une vérité".
Ne dites pas: "J'ai trouvé le chemin de l'âme". Dites plutôt: "J'ai rencontre l'âme marchant sur mon chemin".
Car l'âme marche sur tous les chemins.
L'âme ne marche pas sur une ligne de crête, pas plus qu'elle ne croit tel un roseau.
L'âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables.

Khalil Gibran
 
Jelis

Jelis

VIB
Vos cœurs connaissent en silence les secrets des jours et des nuits.
Mais vos oreilles se languissent d'entendre la voix de la connaissance en vos cœurs.
Vous voudriez savoir avec des mots ce que vous avez toujours su en pensée.
Vous voudriez toucher du doigt le corps nu de vos rêves.
Et il est bon qu'il en soit ainsi.
La source secrète de votre âme doit jaillir et couler en chuchotant vers la mer,
Et le trésor de vos abysses infinis se révéler à vos yeux.
Mais qu'il n'y ait point de balance pour peser votre trésor inconnu,
Et ne sondez pas les profondeurs de votre connaissance avec tige ou jauge,
Car le soi est une mer sans limites ni mesures.
Ne dites pas: "J'ai trouvé la vérité", mais plutôt: "J'ai trouvé une vérité".
Ne dites pas: "J'ai trouvé le chemin de l'âme". Dites plutôt: "J'ai rencontre l'âme marchant sur mon chemin".
Car l'âme marche sur tous les chemins.
L'âme ne marche pas sur une ligne de crête, pas plus qu'elle ne croit tel un roseau.
L'âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables.

Khalil Gibran
L'hymne national de l'île aux pirates ^^
 
B

boudje

Pierre de Soleil
un saule de cristal, un peuplier d'eau sombre,
un haut jet d'eau que le vent arque,
un arbre bien planté mais dansant,
un cheminement de rivière qui s'incurve,
avance, recule, fait un détour
et arrive toujours:
un cheminement calme
d'étoile ou de printemps sans hâte,
une eau aux paupières fermées
qui jaillit toute la nuit en prophéties,
unanime présence en houle,
vague après vague jusqu'à tout recouvrir,
verte souveraineté sans crépuscule
comme l'éblouissement des ailes
quand elles s'ouvrent dans le milieu du ciel

un cheminement entre les épaisseurs
des jours futurs et du funeste
éclat du malheur comme un oiseau
pétrifiant la forêt par son chant
et les félicités imminentes
entre les branches qui s'évanouissent,
heures de lumière que grignotent déjà les oiseaux,
présages qui s'échappent de la main,
 
Ancien-Membre

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- La plus haute de toutes les folies, disait-elle, est de rougir des penchants que nous avons reçus de la nature; et se moquer d'un individu quelconque qui a des goûts singuliers, est absolument aussi barbare qu'il le serait de persifler un homme ou une femme sorti borgne ou boiteux du sein de sa mère, mais persuader ces principes raisonnables à des sots, c'est entreprendre d'arrêter le cours des astres.

Il y a une sorte de plaisir pour l'orgueil, à se moquer des défauts qu'on n'a point, et ces jouissances-là sont si douces à l'homme et particulièrement aux imbéciles, qu'il est très rare de les y voir renoncer... Ça établit des méchancetés d'ailleurs, de froids bons mots, de plats calembours, et pour la société, c'est-à-dire pour une collection d'êtres que l'ennui rassemble et que la stupidité modifie, il est si doux de parler deux ou trois heures sans avoir rien dit, si délicieux de briller aux dépens des autres et d'annoncer en blâmant un vice qu'on est bien éloigné de l'avoir...

c'est une espèce d'éloge qu'on prononce tacitement sur soi-même; à ce prix-là on consent même à s'unir aux autres, à faire cabale pour écraser l'individu dont le grand tort est de ne pas penser comme le commun des mortels, et l'on se retire chez soi tout gonflé de l'esprit qu'on a eu, quand on n'a foncièrement prouvé par une telle conduite que du pédantisme et de la bêtise.

Augustine de Villeblanche ou le Stratagème de l'amour - Sade
 
Ancien-Membre

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Réplique que le personnage de Hoederer adresse à Hugo dans "les Mains sales" de J.P Sartre.


"Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars. Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien reste pur ! A quoi cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c’est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j’ai les mains sales. Jusqu’aux coudes. Je les ai plongées dans la ***** et dans le sang. Et puis après ? Est-ce que tu t’imagines qu’on peut gouverner innocemment ? "
 
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La prière de Rûmi


Ma prière n'est pas une prière, Seigneur,
si mon âme ne Te voit face à face
quand retentit l'appel (du muezzin)
si, tourné vers la Ka'ba, je prie
c'est vers Toi seul, pour Ta seule beauté.
Je prie. Gestes vains. Paroles inutiles,
prière d'hypocrite, inerte et monotone.
J'ai honte de ma prière, Seigneur, j'ai honte !
Je n'ose plus lever les yeux vers Toi.
Pour oser la prière, il faudrait être un ange,
mais je suis en exil, déchu et perverti.
Silence donc ! Silence à ma prière !
Seigneur, elle ne peut T'atteindre.
Mais je prie, je le dois, car il faut que je dise
le tourment de mon cœur s'il est privé de Toi.
Seigneur au regard de pitié ! Pitié pour moi ! Regarde-moi.
 
Ancien-Membre

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Rûmi dit:


Elle est si proche ton âme de la mienne
Que ce que tu rêves, je le sais.
Les amis connaissent le tréfonds de la pensée de l'autre
Comment serais-je un ami loyal si je ne le savais pas?
L'ami avec l'ami est comme l'eau limpide;
En elle, je vois mes gains et mes pertes.
Si, une heure, tu te détournes de moi,
À l'instant même, je sens le fiel en ma bouche.
Heureux le moment où nous sommes assis, toi et moi
Différents de forme et de visage
Mais n'ayant qu'une seule âme, toi et moi.
Les couleurs du bosquet et les chants des oiseaux
nous conféreront l'immortalité,
Lorsque nous entrerons dans le jardin, toi et moi,
Les étoiles du ciel viendront nous regarder;
Nous leur montrerons la lune et sa lumière, toi et moi.
Toi et moi, libérés de nous-mêmes, serons unis dans l'extase,
Joyeux et sans vaines paroles.
Les oiseaux du ciel auront le coeur dévoré d'envie
dans ce lieu où nous rirons si gaiement, toi et moi
Mais la grande merveille, c'est que toi et moi,
blottis dans le même nid,
Nous nous trouvons en ce moment
l'un en Irak et l'autre au Khorassan, toi et moi.
 
L

lonelysoldier1

VIB
A présent mon cœur est devenu capable de toute forme :
Il est prairie pour les gazelles, cloître pour les moines chrétiens,
Temples pour les idoles, et Kaâba pour les pèlerins.
Il est les tables de la torah, et le livre saint du Coran.
Je professe la religion de l’amour,
et partout où se dirigent ses caravanes.
l’amour est ma religion et ma foi.

Ibn Arabi, Le traité de l'amour
 
Ancien-Membre

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l'amour est une illusion
Elle est un poison
Pour celle ou celui qui en abuse
Elle pique telle une méduse
Elle fait souffrir l'être humain
Qui succombe a la fin


shali :D
 
L

lonelysoldier1

VIB
"À J. G. F.


Ma chère amie,

Le bon sens nous dit que les choses de la terre n’existent que bien peu, et que la vraie réalité n’est que dans les rêves. Pour digérer le bonheur naturel, comme l’artificiel, il faut d’abord avoir le courage de l’avaler ; et ceux qui mériteraient peut-être le bonheur sont justement ceux-là à qui la félicité, telle que la conçoivent les mortels, a toujours fait l’effet d’un vomitif.

À des esprits niais il paraîtra singulier, et même impertinent, qu’un tableau de voluptés artificielles soit dédié à une femme, source la plus ordinaire des voluptés les plus naturelles. Toutefois il est évident que comme le monde naturel pénètre dans le spirituel, lui sert de pâture et concourt ainsi à opérer cet amalgame indéfinissable que nous nommons notre individualité, la femme est l’être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves. La femme est fatalement suggestive ; elle vit d’une autre vie que la sienne propre ; elle vit spirituellement dans les imaginations qu’elle hante et qu’elle féconde.

Il importe d’ailleurs fort peu que la raison de cette dédicace soit comprise. Est-il même bien nécessaire, pour le contentement de l’auteur, qu’un livre quelconque soit compris, excepté de celui ou de celle pour qui il a été composé ? Pour tout dire enfin, indispensable qu’il ait été écrit pour quelqu’un ? J’ai, quant à moi, si peu de goût pour le monde vivant, que, pareil à ces femmes sensibles et désœuvrées qui envoient, dit-on, par la poste leurs confidences à des amies imaginaires, volontiers je n’écrirais que pour les morts.

Mais ce n’est pas à une morte que je dédie ce petit livre ; c’est à une qui, quoique malade, est toujours active et vivante en moi, et qui tourne maintenant tous ses regards vers le Ciel, ce lieu de toutes les transfigurations. Car, tout aussi bien que d’une drogue redoutable, l’être humain jouit de ce privilége de pouvoir tirer des jouissances nouvelles et subtiles même de la douleur, de la catastrophe et de la fatalité.

Tu verras dans ce tableau un promeneur sombre et solitaire, plongé dans le flot mouvant des multitudes, et envoyant son cœur et sa pensée à une Électre lointaine qui essuyait naguère son front baigné de sueur et rafraîchissait ses lèvres parcheminées par la fièvre ; et tu devineras la gratitude d’un autre Oreste dont tu as souvent surveillé les cauchemars, et de qui tu dissipais, d’une main légère et maternelle, le sommeil épouvantable.
"


Les paradis artificiels, C. Baudelaire
 
Ancien-Membre

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Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : "J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.

Alfred de Musset
 
Ancien-Membre

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Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.

...//...

Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié,
Ce commerce honteux de semblants d'amitié.
Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre
Le fond de notre cœur dans nos discours se montre,
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
Ne se masquent jamais sous de vains compliments.


MOLIÈRE, Le Misanthrope, Acte I, scène 1
 
L

lonelysoldier1

VIB
Chant d'automne

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? - C'était hier l'été ; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant.

Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,
De l'arrière-saison le rayon jaune et doux !

Les fleurs du mal, Baudelaire
 
L

lonelysoldier1

VIB
Adieu


L'automne, déjà ! - Mais pourquoi regretter un éternel soleil, si nous sommes engagés à la découverte de la clarté divine, - loin des gens qui meurent sur les saisons.

L'automne. Notre barque élevée dans les brumes immobiles tourne vers le port de la misère, la cité énorme au ciel taché de feu et de boue. Ah ! les haillons pourris, le pain trempé de pluie, l'ivresse, les mille amours qui m'ont crucifié ! Elle ne finira donc point cette goule reine de millions d'âmes et de corps morts et qui seront jugés ! Je me revois la peau rongée par la boue et la peste, des vers plein les cheveux et les aisselles et encore de plus gros vers dans le coeur, étendu parmi les inconnus sans âge, sans sentiment... J'aurais pu y mourir... L'affreuse évocation ! J'exècre la misère.

Et je redoute l'hiver parce que c'est la saison du comfort !

- Quelquefois je vois au ciel des plages sans fin couvertes de blanches nations en joie. Un grand vaisseau d'or, au-dessus de moi, agite ses pavillons multicolores sous les brises du matin. J'ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. J'ai essayé d'inventer de nouvelles fleurs, de nouveaux astres, de nouvelles chairs, de nouvelles langues. J'ai cru acquérir des pouvoirs surnaturels. Eh bien ! je dois enterrer mon imagination et mes souvenirs ! Une belle gloire d'artiste et de conteur emportée !

Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! Paysan !

Suis-je trompé ? la charité serait-elle soeur de la mort, pour moi ?

Enfin, je demanderai pardon pour m'être nourri de mensonge. Et allons.

Mais pas une main amie ! et où puiser le secours ?

¯¯¯¯¯¯¯¯

Oui l'heure nouvelle est au moins très-sévère.

Car je puis dire que la victoire m'est acquise : les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais !

Il faut être absolument moderne.

Point de cantiques : tenir le pas gagné. Dure nuit ! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau !... Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes ; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.

Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.

Que parlais-je de main amie ! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, - j'ai vu l'enfer des femmes là-bas ; - et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps.



Une saison en enfer, Arthur Rimbaud
 
chichi322

chichi322

- Souvenez-vous de l’Aleph. Souvenez-vous de ce que vous avez ressenti, au moment. Les paroles, explications et reponses ne serviront jamais a rien sinon pour vous embrouiller encore plus sur ce qui est deja assez complexe.

- Je ne sais pas non plus precisement pourquoi je dois pardonner a l’homme que j’aime.

Hilal cherche l’inspiration sur les murs dores,les colonnes, les personnes qui entrent a cette heure du matin, aux flammes des bougies allumees.

-Je pardonne a la fille – Non parce que je suis devenue sainte mais parce que je ne veux plus endurer cette haine. Hair fatigue.
“Je pardonne tout et tous, meme toi,je te pardonne parce que je t’ai aime et parceque tu ne m’aimes pas. Je pardonne parceque tu m’as rejete et j’ai perdu mon pouvoir.”

Elle ferme les yeux et leve les mains vers le plafond.

- Je me suis liberee de la haine par le moyen du pardon et de l’amour. Je comprends que la souffrance quand elle ne peut pas etre evitee est ici pour me faire avancer en direction de la gloire.

Hilal parle doucement mais l’acoustique de l’eglise est si parfaite que tout ce qu’elle dit parait faire echo aux quatre coins.

Les larmes que j’ai verse, je pardonne.
Les souffrances et les deceptions, je pardonne.
Les trahisons et les mensonges, je pardonne.
Les calomnies et les intrigues, je pardonne.
La haine et la persecution, je pardonne.
Les coups qu’ont m’a donne, je pardonne.
Les reves detruits, je pardonne.
Les espoirs morts, je pardonne.
La desaffection et la jalousie, je pardonne.
L’indifference et la mauvaise volonte, je pardonne.
L’injustice au nom de la justice, je pardonne.
La colere et les maltraitements, je pardonne.
La negligence et l’oubli, je pardonne.
Le monde avec tout son mal, je pardonne.

Elle baisse les bras, ouvre les yeux et place ses mains sur son visage.
Je m’approche pour l’embrasser, mais elle fait un signal avec ses mains.
- Je n’ai pas encore termine.
Elle referme ses yeux et regarde en haut.
- Je me suis egalement perdue moi-meme. Que toutes ces infortunes de passage, ne soient jamais un fardeau dans mon coeur.

Au lieu du chagrin et du ressentiment, j’y mets de la comprehension et de l’entente.
Au lieu de la revolte, j’emploie la musique qui sort de mon violon. Au lieu de la douleur, j’y mets l’oubli.
Au lieu de la vengeance, j’y place la victoire.

Je serai naturellement capable d’aimer au-dessus de toutes les desaffections.
De donner meme quand je suis depossedee de tout.
De travailler joyeusement meme quand je me trouve au milieu de tous les obstacles.
De secher les larmes meme encore lorsque je pleure.
De croire meme lorsque je suis discreditee.

Elle ouvre les yeux, pose ses mains sur ma tete et dit avec toute une autorite qui vient d’en haut:
-C’est ainsi, Ce sera comme cela.
 
L

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VIB
La vallée qui suit est la Vallée de l'Amour. Pour y entrer, tu dois avoir le cœur bouillant. Comment dire ça autrement ? L'homme doit être le feu, en personne. Le visage de celui qui aime ou est aimé doit être bordé par les flammes, incandescent et irrésolu, comme le feu lui-même. L'amour véritable n'admet pas d'arrière-pensées. Par l'amour, le Bien et le Mal cessent d'exister.

« Mais toi, dont l'esprit ne touche pas terre et qui se fout de tout, tu te moqueras de ce discours, tes dents n'y mordront pas avidement. Une personne qui a de la loyauté en elle tient son argent prêt, sa tête disponible, pour s'unir à ses amis. Les autres se contentent de brandir ce qu'ils feront pour toi... demain. Celui qui ne s'engage pas de cette façon là du côté de la loyauté, entier et sans retenue, ne sera jamais affranchi de la tristesse et de la mélancolie qui le plombent. Il sera agité et torturé jusqu'à ce que le faucon atteigne son but. Si un poisson est poussé par les vagues sur la plage, hors de l'eau, ne se débattra-t-il pas pour regagner l'onde ?

« Dans cette vallée, l'amour est représenté par le feu, la raison par la fumée. Quand vient l'amour, la raison s'efface. Car la raison ne peut vivre sous la folie de l'amour. L'amour n'a rien à faire avec la raison des hommes. Si tu avais la conscience claire et l'esprit tourné vers le dedans, tu saurais voir de tes yeux la structure atomique du monde visible. Mais si tu regardes les choses avec les yeux de la raison commune, tu ne comprendras jamais combien il est vital d'aimer.

Seul un homme qui a vécu et goûté la liberté peut accéder à ce bienfait. Celui qui veut venir jusque dans cette vallée doit y venir avec mille cœurs au moins, et être prêt à les sacrifier les uns après les autres à chaque seconde.

Farîd al-Dîn Attâr, Le langage des oiseaux
 
Ancien-Membre

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Voici un extrait, le début du roman " Lèon l'Africain" d'Amin Maalouf

MOI, Hassan fils de Mohamed le peseur, moi, Jean-Léon de Médicis, circoncis de la main d’un barbier et baptisé de la main d’un pape, on me nomme aujourd’hui l’Africain, mais d’Afrique ne suis, ni d’Europe, ni d’Arabie. On m’appelle aussi le Grenadin, le Fassi, le Zayyati, mais je ne viens d’aucun pays, d’aucune cité, d’aucune tribu. Je suis fils de la route, ma patrie est caravane, et ma vie la plus inattendue des traversées.

Mes poignets ont connu tour à tour les caresses de la soie et les injures de la laine, l’or des princes et les chaînes des esclaves. Mes doigts ont écarté mille voiles, mes lèvres ont fait rougir mille vierges, mes yeux ont vu agoniser des villes et mourir des empires.

De ma bouche, tu entendras l’arabe, le turc, le castillan, le berbère, l’hébreu, le latin et l’italien vulgaire, car toutes les langues, toutes les prières m’appartiennent. Mais je n’appartiens à aucune. Je ne suis qu’à Dieu et à la terre, et c’est à eux qu’un jour prochain je reviendrai.

Et tu resteras après moi, mon fils. Et tu porteras mon souvenir. Et tu liras mes livres. Et tu reverras alors cette scène : ton père, habillé en Napolitain sur cette galée qui le ramène vers la côte africaine, en train de griffonner, comme un marchand qui dresse son bilan au bout d’un long périple.

Mais n’est-ce pas un peu ce que je fais : qu’ai-je gagné, qu’ai-je perdu, que dire au Créancier suprême ? Il m’a prêté quarante années, que j’ai dispersées au gré des voyages : ma sagesse a vécu à Rome, ma passion au Caire, mon angoisse à Fès, et à Grenade vit encore mon innocence.
 
L

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VIB
L'élixir de l'Amour

Tu ne sais pas ce qu'est l'Amour. Il te faudrait être intrépide
Et connaître tout le parcours, si tu veux devenir un guide.
A l'école de Vérité, auprès du professeur d'Amour,
Tâche, ô mon fils, de mériter d'être comme ton père, un jour.
Le cuivre vil de l'existence, laisse-le tomber en chemin,
Et que te transmute en or pur l'élixir de l'Amour divin.
Dormir, manger, voilà ce qui t'a mis au-dessous de toi-même.
Cesse de manger, de dormir, et tu redeviendras toi-même.
Que la lumière de l'Amour embrase ton cœur et ton âme,
Et toi, tu deviendras meilleur que le soleil dans le ciel bleu.
Plonge-toi donc, comme un éclair, dans l'Océan même de Dieu,
Sans penser qu'à l'eau des Sept mers tu puisses mouiller un cheveu.
Tu seras, de la tête aux pieds, baigné de divine lumière :
Tourne-toi vers Sa Majesté, avec un cœur humble et sincère.
Si tout ce que tu vois est la Face de Dieu,
Tu seras l'un de ceux dont le regard profond est pieux.
Si les fondements de ta vie s'écroulent sens dessus dessous,
Ne t'inquiète pas par le fait que tu es sens dessus dessous.
Hâfez, si tu as la passion d'une Union mystique avec Dieu,
Tu ne seras que poussière au seuil de ceux qui contemplent Dieu.

Hafez, Le Divân
 
Ancien-Membre

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Je lis ton corps et ...me cultive

O toi être étonnant
Comme un jouet d'enfant
Je me considère comme homme civilisé
Parce que je suis ton Amant,
Et je considère mes vers comme historiques
Parce qu'ils sont tes contemporains.
Toute époque avant tes yeux
Ne peut être qu'hypothétique,
Toute époque après tes yeux
N'est que déchirement ;
Ne demande donc pas pourquoi
Je suis avec toi :
Je veux sortir de mon sous-développement
Pour vivre l'ère de l'Eau,
Je veux fuir la République de la Soif
Pour pénétrer dans celle du Magnolia,
Je veux quitter mon état de Bédouin
Pour m'asseoir à l'ombre des arbres,
Je veux me laver dans l'eau des Sources
Et apprendre les noms des Fleurs.
Je veux que tu m'enseignes
La lecture et l'écriture
Car l'écriture sur ton corps
Est le début de la connaissance :
S'y engager de la connaissance :
S'y engager est s'engager
Sur la voie de la civilisation.
Ton corps n'est pas ennemi de la Culture,
Mais la culture même.
Celui qui ne sait pas faire la lecture
De l'Alphabet de ton corps
Restera analphabète sa vie durant


NIZAR KABBANI
 
Ancien-Membre

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Charles Baudelaire : Enivrez-vous (Petits poèmes en prose, 1862)

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »
 
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VIB
Pourquoi j’écris ?

Je ne suis pas enclin à me perdre dans de vieux doutes qui ont mortifié les anciens philosophes et leur ont donné à réfléchir, ni à éprouver d’autres doutes qui ne soient pas nécessaires pour avancer sur l’unique chemin que je crois possible et qui est celui de l’écriture, cette barricade où je me suis replié quand toutes les autres étaient tombées et que je pensais qu’il ne restait plus aucun en droit pour résister. De Guimarães Rosa j’ai appris que « raconter c’est résister », et sur cette barricade de l’écriture, je résiste aux assauts de la médiocrité planétaire qui plane sur le XXe siècle agonisant et le XXIe qui commence à peine.

Voilà pourquoi j’écris, par besoin de résister à l’empire de l’unidimensionnel, à la négation des valeurs qui ont humanisé la vie et qui s’appellent fraternité, solidarité, sens de la justice. J’écris pour résister à l’imposture, à l’escroquerie d’un modèle social auquel je ne crois pas, car il n’est pas vrai que ce qu’on appelle globalisation nous rapproche et permette enfin à tous les habitants de la planète de se connaître, s’entendre et se comprendre.

Je partage pleinement la définition de notre époque donnée par José Saramago : l’affrontement entre globalisation et droits de l’homme, et j’écris donc pour résister au nom de ces droits sacrés et inaliénables, qui ne peuvent pas être manipulés, administrés ou mutilés par le Fonds monétaire international et la banque mondiale.

J’écris parce que je crois à la force militante des mots. Je n’ai jamais été ni ne serai un homme de convictions morales, mais je garde du christianisme la formidable admiration : « Au commencement était le verbe », vérité jamais théologique mais grammaticale, car le mot est en soi un acte de fondation et que les choses existent à force de les nommer.

Au Chili, pendant les années noires de la dictature, les résistants chantaient ces vers de Paul Eluard : « J’écris ton nom sur les murs de ma ville », et la Liberté existait au-delà de la mémoire immédiate, au-delà du désir fervent de la retrouver, au-delà de la douleur provoquée par la certitude de tant de mots en son nom. Elle existait dans toute sa splendide vigueur car la nommer c’était à chaque fois la réinventer.

J’écris par amour des mots et avec l’obsession de nommer les choses selon une perspective éthique héritée d’une pratique sociale intense. J’écris parce que j’ai de la mémoire et je la cultive en écrivant sur les miens, sur les habitants marginaux de mes mondes marginaux, sur mes utopies bafouées, sur mes glorieux et glorieuses camarades vaincus dans mille batailles et qui continuent à préparer les prochains combats sans craindre la défaite.

J’écris parce que j’aime ma langue et que j’y reconnais la seule patrie possible, car son territoire est sans limites et son pouls un acte permanent de résistance.
J’écris de la barricade solitaire d’un créateur de mondes et, comme le disait Osvaldo Soriano, « avec la satisfaction responsable de celui qui se sait à habiter le cœur des meilleures personnes. »

Luis Sepulveda, La folie de Pinochet
 
K

khayam59

Ce qui tourmente les hommes, ce n'est pas la réalité mais les opinions qu'ils s'en font. Ainsi, la mort n'a rien de redoutable - Socrate lui-même était de cet avis : la chose à craindre, c'est l'opinion que la mort est redoutable. Donc, lorsque quelque chose nous contrarie, nous tourmente ou nous chagrine, n'en accusons personne d'autre que nous-mêmes : c'est-à-dire nos opinions. C'est la marque d'un petit esprit de s'en prendre à autrui lorsqu'il échoue dans ce qu'il a entrepris ; celui qui exerce sur soi un travail spirituel s'en prendra à soi-même ; celui qui achèvera ce travail ne s'en prendra ni à soi ni aux autres ....Epictète
 
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