Charente et Gironde : des distributeurs de billets piratés

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Les automates piégés restituent la carte bancaire et retiennent les billets. Tous les usagers peuvent en être victime

Le procédé est baptisé cash-trapping et concerne tous les titulaires d'une carte bancaire utilisant un distributeur automatique de billets (DAB). Autant dire beaucoup de monde. Les escrocs à l'imagination débordante ont lancé ce système fin 2010 en Allemagne où il a fait des ravages.

Depuis quelques mois, les premières victimes ont été recensées en France. Et la région n'est pas épargnée : Bordeaux et Carbon-Blanc en Gironde, Angoulême en Charente. Chaque fois, le procédé a permis aux malfaiteurs de récupérer de petites sommes, mais, multiplié par le nombre de distributeurs piégés, le butin peut se chiffrer en milliers d'euros.

Une réglette collée

Le dispositif n'est guère sophistiqué, mais il est très efficace. Il peut être facilement et rapidement installé et retiré tout aussi vite. Le cash-trapping ne demande aucune connaissance en informatique, contrairement à d'autres escroqueries au distributeur. Il s'agit d'une réglette astucieusement collée sur le DAB au niveau de la trappe où sortent les billets. Ce faux volet masque la sortie de l'argent et empêche l'automate de le ravaler.

Quand un client introduit sa CB et compose son code secret pour obtenir de l'argent, il patiente et ne voit rien venir. Il récupère cependant sa carte et, pensant que le distributeur fonctionne mal, va effectuer un retrait dans un autre appareil. Le ou les « pirates » ne sont jamais loin. Après le passage de deux ou trois clients, ils enlèvent discrètement le cache et récoltent les billets pris au piège.

À la fin du mois de septembre et début octobre, deux clients de la Société générale ont été victimes de l'escroquerie à Bordeaux. La banque a déposé une plainte auprès des services de police. Les enquêteurs de la brigade des affaires économiques et financières de la Sûreté départementale de la Gironde sont en charge du dossier. À Carbon-Blanc, les gendarmes travaillent sur des faits identiques commis sur un distributeur de la Caisse d'épargne.

Pas de dégradation

« Pour l'instant, le cash-trapping ne concerne qu'une marque d'automates, confie un policier. Il n'y a pas de dégradations de l'appareil en dehors des traces de colle et des impacts ou rayures sur la peinture. »

Afin d'assurer leurs prises, les escrocs sévissent généralement en dehors des heures d'ouverture des agences.

En soirée et le week-end. Ce qui laisse un peu de temps s'écouler avant que la banque soit prévenue. « Nous incitons les usagers à la plus grande vigilance », recommande un officier de la brigade financière.

Le cash-trapping pourrait encore faire des victimes. Mieux vaut donc être averti.
 
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