Pirouettete
杜妮娅
Dimanche 8 mai, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Marrakech jusqu'au lieu de l'attentat qui a endeuillé le Maroc le 28 avril. La manifestation visait à dénoncer l'acte terroriste qui a fait dix-sept morts et à réclamer la poursuite des réformes annoncées par le roi Mohammed VI.
Après les premières manifestations du 20 février pour demander une évolution politique, le roi avait annoncé une réforme constitutionnelle dans son discours solennel du 9 mars. Mais les partisans du changement craignent que la récente attaque terroriste suspende ces promesses de démocratisation.
SOUVENIR DES ATTENTATS DE 2003 À CASABLANCA
"Aujourd'hui, nous avons peur que le gouvernement mette un frein aux réformes, qu'il fasse un retour en arrière, ou se contente des annonces du 9 mars qui ne nous suffisent pas", explique Khadija Ryadi, présidente de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH). Dès le lendemain de l'attentat, le porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, avait pourtant assuré que les réformes se poursuivraient car "la préservation de la sécurité n'est pas antagoniste avec la poursuite des réformes".
Malgré tout, la crainte d'un virage sécuritaire reste forte pour les partisans du mouvement du 20 février, à la tête de la contestation au Maroc. D'autant que dans un passé pas si lointain, la situation s'est déjà produite dans le pays. Cité par L'Express, Youssef Belal, membre du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme et partisan des réformes, a ainsi écrit sur son profil Facebook que "le risque est grand de reproduire les erreurs du 16 mai [2003], en tout cas de chercher à bloquer la dynamique citoyenne enclenchée par le 20 février".
L'attentat de Marrakech ravive en effet le souvenir du 16 mai 2003, lorsque cinq explosions avaient frappé la ville de Casablanca, faisant 41 morts. "Le gouvernement avait alors opté pour une gestion très sécuritaire, et il y avait eu beaucoup d'abus", rappelle la présidente de l'AMDH. La presse indépendante avait dénoncé à l'époque des arrestations arbitraires et des cas de tortures.
"LE RAPPORT DE FORCE EN FAVEUR DES RÉFORMES"
Cependant, pour le politologue marocain Mohamed Tozy, "la gestion de l'attentat de Marrakech n'a rien à voir avec les événements de 2003. Ça a été beaucoup plus mesuré, beaucoup plus professionnel." Un constat partagé par Khadija Ryadi :"Il n'y a pas eu d'arrestations massives, c'est un signe très important, c'est fait intelligemment. "
Les militants du mouvement du 20 février voient, eux, dans l'attentat de Marrakech un argument supplémentaire pour poursuivre les réformes. "Cela marque l'échec de dix ans de politique antiterroriste", avance Khadija Ryadi, pour qui "la lutte contre l'extrêmisme passe par un travail en amont, au niveau de l'éducation, une ouverture sur les autres cultures."
Après les premières manifestations du 20 février pour demander une évolution politique, le roi avait annoncé une réforme constitutionnelle dans son discours solennel du 9 mars. Mais les partisans du changement craignent que la récente attaque terroriste suspende ces promesses de démocratisation.
SOUVENIR DES ATTENTATS DE 2003 À CASABLANCA
"Aujourd'hui, nous avons peur que le gouvernement mette un frein aux réformes, qu'il fasse un retour en arrière, ou se contente des annonces du 9 mars qui ne nous suffisent pas", explique Khadija Ryadi, présidente de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH). Dès le lendemain de l'attentat, le porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, avait pourtant assuré que les réformes se poursuivraient car "la préservation de la sécurité n'est pas antagoniste avec la poursuite des réformes".
Malgré tout, la crainte d'un virage sécuritaire reste forte pour les partisans du mouvement du 20 février, à la tête de la contestation au Maroc. D'autant que dans un passé pas si lointain, la situation s'est déjà produite dans le pays. Cité par L'Express, Youssef Belal, membre du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme et partisan des réformes, a ainsi écrit sur son profil Facebook que "le risque est grand de reproduire les erreurs du 16 mai [2003], en tout cas de chercher à bloquer la dynamique citoyenne enclenchée par le 20 février".
L'attentat de Marrakech ravive en effet le souvenir du 16 mai 2003, lorsque cinq explosions avaient frappé la ville de Casablanca, faisant 41 morts. "Le gouvernement avait alors opté pour une gestion très sécuritaire, et il y avait eu beaucoup d'abus", rappelle la présidente de l'AMDH. La presse indépendante avait dénoncé à l'époque des arrestations arbitraires et des cas de tortures.
"LE RAPPORT DE FORCE EN FAVEUR DES RÉFORMES"
Cependant, pour le politologue marocain Mohamed Tozy, "la gestion de l'attentat de Marrakech n'a rien à voir avec les événements de 2003. Ça a été beaucoup plus mesuré, beaucoup plus professionnel." Un constat partagé par Khadija Ryadi :"Il n'y a pas eu d'arrestations massives, c'est un signe très important, c'est fait intelligemment. "
Les militants du mouvement du 20 février voient, eux, dans l'attentat de Marrakech un argument supplémentaire pour poursuivre les réformes. "Cela marque l'échec de dix ans de politique antiterroriste", avance Khadija Ryadi, pour qui "la lutte contre l'extrêmisme passe par un travail en amont, au niveau de l'éducation, une ouverture sur les autres cultures."