Cette tribune trouve son inspiration dans les multiples fois où mes étudiants m’ont posé la (presque) même question : « Professeur, connaissez-vous le paradoxe tunisien ? » « Lequel ? » ai-je coutume de demander feignant la naïveté. Avec ironie, ils me répondent par un anglicisme berbérisé : « Excellence abroad, stagnation at home. » Et ils ont en grande partie raison. Qu’est-ce qui explique l’excellence des fils et des filles de Tunisie à l’international plutôt qu’au niveau national ?
Ce paradoxe touche même nos startups labellisées par l’État, qui prennent leur envol systématiquement quand elles s’installent à l’étranger. Notre nation ne parvient plus à retenir ni ses talents ni ses jeunes entreprises à forte valeur ajoutée. Pourquoi ? La réponse nous a été livrée par Aristote, dans sa sagesse intemporelle. Il souligne brillamment le pouvoir de l’intelligence collective dans l’essor de l’individu : « Aucun homme n’est intelligent par essence. C’est en s’assemblant aux autres qu’il devient plus intelligent que le plus intelligent d’entre eux. »
Cette citation résonne particulièrement dans le contexte tunisien, où les succès individuels à l’étranger contrastent souvent avec l’incapacité à relever les défis rencontrés localement. Les Tunisiens démontrent amplement leur capacité et leur intelligence à travers leurs réalisations remarquables dans des pays développés. Quelles en sont les raisons ?
À cet effort familial s’ajoute l’engagement de l’État, qui, chaque année, accorde des bourses aux 200 premiers bacheliers pour étudier en France et en Allemagne. À peine âgés de 18 ans, ces jeunes sont arrachés à leur pays et à leur famille pour servir l’humanité dans d’autres contrées. Ils incarnent la quintessence de nos talents et de notre savoir-faire. Un espoir pour une renaissance carthaginoise. Cependant, une fois partis, rares sont ceux qui reviennent.
Une deuxième raison importante de ce paradoxe tunisien réside dans le sentiment de responsabilité et de représentativité qui émerge lorsque les Tunisiens évoluent dans un contexte international. À l’étranger, ils sont souvent perçus comme des ambassadeurs de leur pays, ce qui les pousse à défendre avec ferveur leur communauté, leur drapeau et leur identité nationale. Ils se sentent investis d’une mission et sont donc motivés à exceller et à briller dans leurs domaines respectifs.
Prix Nobel, artistes, patrons du CAC40…
Produits de la méritocratie issus de l’école républicaine, ils sont présents à la Nasa, au CNRS, à la tête de prestigieuses universités. Ils sont également lauréat de prix Nobel, médecins, meilleurs ouvriers de France, patrons d’entreprises cotées au CAC40 et de médias, ministres dans des gouvernements de pays étrangers, sportifs de haut niveau, artistes, médaillés du travail, directeurs de laboratoires… On retrouve aussi de nombreux Tunisiens à la Banque mondiale, au Fonds monétaire international.Ce paradoxe touche même nos startups labellisées par l’État, qui prennent leur envol systématiquement quand elles s’installent à l’étranger. Notre nation ne parvient plus à retenir ni ses talents ni ses jeunes entreprises à forte valeur ajoutée. Pourquoi ? La réponse nous a été livrée par Aristote, dans sa sagesse intemporelle. Il souligne brillamment le pouvoir de l’intelligence collective dans l’essor de l’individu : « Aucun homme n’est intelligent par essence. C’est en s’assemblant aux autres qu’il devient plus intelligent que le plus intelligent d’entre eux. »
Cette citation résonne particulièrement dans le contexte tunisien, où les succès individuels à l’étranger contrastent souvent avec l’incapacité à relever les défis rencontrés localement. Les Tunisiens démontrent amplement leur capacité et leur intelligence à travers leurs réalisations remarquables dans des pays développés. Quelles en sont les raisons ?
Éduqués, motivés, résilients…
D’abord, il faut souligner que l’éducation joue un rôle crucial dans la société tunisienne et ce depuis la création de l’Université Zitouna (737 ap. J.-C.). Le système éducatif tunisien, bien que confronté à des défis, a produit de nombreux profils brillants et hautement qualifiés, capables de rivaliser sur la scène internationale. De plus, la culture tunisienne valorise l’éducation et l’ambition, encourageant les individus à poursuivre l’excellence et à repousser les limites de leurs compétences. Nous allons jusqu’à mettre en gage nos biens les plus précieux – nos oliviers séculaires, nos terres ancestrales, notre liberté, notre solvabilité, notre unité, nos espoirs les plus profonds – pour permettre à nos jeunes de poursuivre leurs études à l’étranger.À cet effort familial s’ajoute l’engagement de l’État, qui, chaque année, accorde des bourses aux 200 premiers bacheliers pour étudier en France et en Allemagne. À peine âgés de 18 ans, ces jeunes sont arrachés à leur pays et à leur famille pour servir l’humanité dans d’autres contrées. Ils incarnent la quintessence de nos talents et de notre savoir-faire. Un espoir pour une renaissance carthaginoise. Cependant, une fois partis, rares sont ceux qui reviennent.
Une deuxième raison importante de ce paradoxe tunisien réside dans le sentiment de responsabilité et de représentativité qui émerge lorsque les Tunisiens évoluent dans un contexte international. À l’étranger, ils sont souvent perçus comme des ambassadeurs de leur pays, ce qui les pousse à défendre avec ferveur leur communauté, leur drapeau et leur identité nationale. Ils se sentent investis d’une mission et sont donc motivés à exceller et à briller dans leurs domaines respectifs.