Recueil de Poèmes

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore
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Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

Abyssal​


Quand comprendras-tu?
tu n’es pas ce que tu crains
et les peurs ne revêtent
que les âmes muettes
les peines que tu repeins
d’une angoisse ingénue
ne valent pas le dessein
promis par ta vertu
Les fleurs ont soudain
le parfum de ta peur
et quand tu te souviens
s’agite le chagrin
tu en fais ta demeure
des remparts de riens
Quand comprendras-tu?
tu es bien ce qui te plaît

Nadia Ben Slima, 2016
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

De la Lumière !​


Quand le vieux Gœthe un jour cria : « De la lumière ! »
Contre l’obscurité luttant avec effort,
Ah ! Lui du moins déjà sentait sur sa paupière
Peser le voile de la mort.

Nous, pour le proférer ce même cri terrible,
Nous avons devancé les affres du trépas ;
Notre œil perçoit encore, oui ! Mais, supplice horrible !
C’est notre esprit qui ne voit pas.

Il tâtonne au hasard depuis des jours sans nombre,
A chaque pas qu’il fait forcé de s’arrêter ;
Et, bien loin de percer cet épais réseau d’ombre,
Il peut à peine l’écarter.

Parfois son désespoir confine à la démence.
Il s’agite, il s’égare au sein de l’Inconnu,
Tout prêt à se jeter, dans son angoisse immense,
Sur le premier flambeau venu.

La Foi lui tend le sien en lui disant : « J’éclaire !
Tu trouveras en moi la fin de tes tourments. »
Mais lui, la repoussant du geste avec colère,
A déjà répondu : « Tu mens ! »

« Ton prétendu flambeau n’a jamais sur la terre
Apporté qu’un surcroît d’ombre et de cécité ;
Mais réponds-nous d’abord : est-ce avec ton mystère
Que tu feras de la clarté ? »

La Science à son tour s’avance et nous appelle.
Ce ne sont entre nous que veilles et labeurs.
Eh bien ! Tous nos efforts à sa torche immortelle
N’ont arraché que les lueurs.

Sans doute elle a rendu nos ombres moins funèbres ;
Un peu de jour s’est fait où ses rayons portaient ;
Mais son pouvoir ne va qu’à chasser des ténèbres
Les fantômes qui les hantaient.

Et l’homme est là, devant une obscurité vide,
Sans guide désormais, et tout au désespoir
De n’avoir pu forcer, en sa poursuite avide,
L’Invisible à se laisser voir.

Rien ne le guérira du mal qui le possède ;
Dans son âme et son sang il est enraciné,
Et le rêve divin de la lumière obsède
A jamais cet aveugle-né.

Qu’on ne lui parle pas de quitter sa torture.
S’il en souffre, il en vit ; c’est là son élément ;
Et vous n’obtiendrez pas de cette créature
Qu’elle renonce à son tourment.

De la lumière donc ! Bien que ce mot n’exprime
Qu’un désir sans espoir qui va s’exaspérant.
A force d’être en vain poussé, ce cri sublime
Devient de plus en plus navrant.

Et, quand il s’éteindra, le vieux Soleil lui-même
Frissonnera d’horreur dans son obscurité,
En l’entendant sortir, comme un adieu suprême,
Des lèvres de l’Humanité.

Louise Ackermann, Poésies Philosophiques
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

L’isolement | Poème d’Alphonse de Lamartine​



isolement lamartine poeme


Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon,
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs,
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports,
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante :
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. »

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.

Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts ;
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire,
Je ne demande rien à l’immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes vœux, m’élancer jusqu’à toi !
Sur la terre d’exil pourquoi restè-je encore ?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

Méditations poétiques, 1820
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

Aimons toujours ! Aimons encore​


Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.
L’amour, c’est le cri de l’aurore,
L’amour c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l’astre dit aux nuages,
C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,
Toujours les grand cœurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l’âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu’on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et rêveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n’est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l’onde
Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre
L’orgueil du soldat ou du roi,
L’ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l’on se dit : » Qu’en reste-t-il ? «

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l’on se dit : » C’est donc fini ! «

L’amour seul reste. Ô noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s’éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !

Victor Hugo, Les contemplations, 1856
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

Des ailes pour rêver​


Je veux des ailes
pour rêver
Et de l’élan
pour m’enivrer
Je veux du fil
Pour tisser
Et du lien
pour partager
Je veux des racines
Pour pousser
Et de l’eau
pour m’élever
Je veux de la matière
Pour créer
Et des idées
Pour m’inspirer
Je veux du rythme
Pour vibrer
Et de la musique
Pour danser
Je veux du mouvement
Pour bouger
Et un manège
Pour tourner
Je veux de la hauteur
Pour le vertige
Et de la beauté
Pour m’étourdir
Je veux des envies
Pour hurler
Et des larmes
Pour m’émouvoir
Je veux l’horizon
Pour contempler
Et des portes ouvertes
Pour ma liberté
Je veux un toit
Pour construire
Et un voyage
Pour partir
Je veux du tout petit
Pour l’infini
Et du grand
pour le minuscule
Je veux voir le monde à l’envers
Et l’envers à l’endroit
Je veux mon être
Je veux mon âme
Je veux mon corps
Je veux mon cœur
Je veux mes plus petites particules
Je veux mon antre et mes tripes
Je veux mon féminin et mon masculin
Je veux mon enfance et ma sagesse
Je veux le peuple et la solitude
Je veux, je veux
Je veux vivre
Je vis, je veux
Et exister

Laetitia Sioen, Des ailes pour rêver, 2020
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

Errance​


J’erre, noctambule,
Mon chemin est sinueux.

J’avance sans guide, les yeux fermés
Dans un pays des merveilles qui n’existe pas.

Echappatoire d’une vie en sommeil pour un rêve,
Loin des fous, loin des lois,

Loin des ignorants de l’utopie
D’un monde déchu.

L’absence de raison contre la violence crue
J’avance cœur et âme.

Mes tripes jaillissent de mon corps
D’une liberté enjouée.

Ma silhouette vertigineuse s’élève hors du temps
Dans une dimension inaccessible.

L’ivresse se livre comme un livre ouvert
Sur un monde loin de certitude.

Laetitia Sioen, 2016
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

L’habitude​


L’habitude est une étrangère
Qui supplante en nous la raison :
C’est une ancienne ménagère
Qui s’installe dans la maison.

Elle est discrète, humble, fidèle,
Familière avec tous les coins ;
On ne s’occupe jamais d’elle,
Car elle a d’invisibles soins :

Elle conduit les pieds de l’homme,
Sait le chemin qu’il eût choisi,
Connaît son but sans qu’il le nomme,
Et lui dit tout bas : « Par ici. »

Travaillant pour nous en silence,
D’un geste sûr, toujours pareil,
Elle a l’oeil de la vigilance,
Les lèvres douces du sommeil.

Mais imprudent qui s’abandonne
À son joug une fois porté !
Cette vieille au pas monotone
Endort la jeune liberté ;

Et tous ceux que sa force obscure
A gagnés insensiblement
Sont des hommes par la figure,
Des choses par le mouvement.

Sully Prudhomme, Stances Et Poèmes, 1865
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

Chant​


Si j’étais cet Oiseau…
Celui de mon enfance,
Qui survolait, si beau,
Nos têtes innocentes.

Je serais Rossignol,
Au lent battement d’ailes,
Qui, le soir, nos espoirs
Dans l’arbre chantera.

Je volerais, Colombe,
Au dessus de ce monde,
Où la sombre misère
A les yeux d’une mère.

J’affronterais, sans défense,
Les océans immenses,
Me souvenant de Toi
Le cœur rempli d’émoi.

Je survolerais, serein,
Tous ces monts, ces ravins,
Sans craindre vos filets,
Ô hommes aveuglés !

J’écouterais, ou non,
Le son de vos canons,
Écho assourdissant,
De voleurs d’existences.

Au dessus des déserts,
Par les zéphyrs, porté,
Je me rafraîchirais
Aux ombres crépusculaires.

Et puis, je reviendrais,
Ô doux cœur transporté,
Par un calme matin,
M’endormir dans ta main.

Christine Larrieu
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

Destinée​


Comme l’eau stagnante d’une rivière morte
L’histoire d’une vie qui me reporte
de l’espoir aux démons que je supporte
Je hante mon quotidien, simple cloporte

Une étincelle émotionnelle qui se nourrit d’un rien
une addiction virtuelle qui me maintient
Jamais je ne pourrais sortir de ces entretiens
Un sourire, un geste maladif je me contients.

Au fond de moi comme un trésor de vie
Sublimer cet espoir, une question de survie
Ô combien admettre son manque d’envie
Que ce jour là enfin arrive, ma destinée sans son avis.

Ethan Street
 
Coucou Lani8ay,

un extrait suffit :p
L'aurore s'allume ;
L'ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S'ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L'eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore
L'aurore s'allume ;
L'ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S'ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L'eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !
C'est très joli ! 😍
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

Equilibre fuyant​


J’avance lentement
Sous un soleil écrasant
Mes pieds, plus lourds à chaque pas,
S’enfoncent inlassablement
Dans le sable liquide.

Et je ne vois que des champs couverts de neige
Que des dimanches matins heureux
Dans mes montagnes fraiches et splendides.

La vielle dame m’avait dit un jour
Que le bonheur est dans le mouvement
Dans la fluidité entre deux étapes, deux états
Et nulle part ailleurs.

Devant moi, toujours, mon enfance
L’air chargé de sel, porté par le vent
Ces milliers d’étincelles dans l’eau
Ces milliers de pensées insaisissables
Et le son des galets brassés par les vagues
Qui me bercera jusqu’à l’infini.

Jules Delavigne, Conclusions, 2008
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

Circuit fermé​


Avec ardeur je me fuyais.
Pourtant ailleurs je m’inventais
Mais au retour de mes voyages
quand je me sortais des nuages
où trop de fois je m’évadais…
tel qu’en moi et faisant le guet,
j’étais là… et me regardais.
*
Me dénigrais avec entrain.
Or, me cherchant d’autres chemins…
Mais émergeant de ces forêts
où mes souvenirs je semais
et jusqu’à mon nom oubliais…
tel qu’en moi, la dent dure, mauvais,
j’étais là… et me regardais.
*
Alors, me niant avec rage
et me toquant d’autres rivages…
Mais à la fin de ces kermesses
tout en plaisirs, tout en liesse
où dans le bruit je me grisais…
tel qu’en moi et pris de pitié,
j’étais là… et me regardais
*
Et quand affamé de sérieux
et me vouant à d’autres lieux…
Mais à la fin de ces soirées
où j’étais brillant, admiré,
lorsqu’enfin chacun s’en allait…
tel qu’en moi et plus que jamais,
j’étais là ! Et me regardais !

Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore

Contradictions​


Ils cohabitent en moi.
Se battent sans qu’on le voie :

Le passé le présent
Le futur et maintenant
L’illusion et le vrai
Le maussade et le gai
La bêtise la raison
Et les oui et les non
L’amour de ma personne
Les dégoûts qu’elle me donne
Les façades qu’on se fait
Et ce qui derrière est
Et les peurs qu’on avale
Les courages qu’on étale
Les envies de dire zut
Et les besoins de lutte
Et l’humain et la bête
Et le ventre et la tête
Les sens et la vertu
Le caché et le nu
L’aimable et le sévère
Le prude et le vulgaire
Le parleur le taiseux
Le brave et le peureux
Et le fier et le veule…

Pour tout ça je suis seul.

Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore
Un autre magnifique poème de Laetitia Sioen :

Crier à la lune​


J’ai crié à la lune
Soupirant ma souffrance

J’ai hurlé aux étoiles
Implorant mon combat

J’ai rencontré mon ombre
Confiant mon existence

J’ai fui mon cœur
En cavale amoureuse

J’ai franchi l’horizon
Au bout de ma croyance

Je me suis illusionnée
De rêves et d’enivrances

J’ai perdu en exil
L’appartenance d’un autre

Je me suis dépossédée
De tout attachement

J’ai apprivoisé mes pensées
De tout arrachement

Mon corps s’est arrêté
J’ai écouté mon rythme

Mon cœur s’est arrêté
J’ai calmé son battement

Mon monde s’est arrêté
J’ai soufflé au soleil
J’ai regardé le ciel
Et respiré au vent.
 

Auroraa

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore
Désarroi


De gaieté en gaieté
J’ai contrefait ma joie

De tristesse en tristesse
J’ai camouflé ma peine

De saison en saison
J’ai galvaudé le temps

De raison en raison
J’ai nié l’évident

De silence en silence
J’ai parlé sans rien dire

De méfiance en méfiance
J’ai douté sans finir

De rancoeur en rancoeur
J’ai brisé l’essentiel

De pensée en pensée
J’ai flétri sans appel

De reproche en reproche
J’ai pétrifié les jours

Et puis de proche en proche
J’ai détruit tout amour…

De pleurs en espérances
J’ai conjuré le sort

De regrets en souffrances
J’ai torturé mon corps

Las…

De nuage en nuage
J’ai construit ma maison

Et d’un seul coup d’orage…

Esther Granek,
 

minervie

Allahouma barik lana fima razaktana...
VIB
Les rues les jours de marché
Piquantes et bariolées
Parfumées d'orange et de piments
Un régiment d'oliviers
Bordé de citronniers
Avec une maison devant

Mes premiers joies du coeur
Devant un champs de fleur
Sont marquées de rose et d'amitié
Quand j'évoque ces instants
Je sens que mon accent
Revient comme il était avant

On emporte un peu sa ville
Aux talons de ses souliers
Quand pour vivre plus tranquille
On doit tout abandonner


Les arcades tamisées
Où les petits cafés
Semblent s'allonger sur les trottoirs
La vieille maison de pierre,
Le coin de cimetière
Où dort notre page d'histoire

Les couleurs de la montagne
Sous le ciel qui s'enflamme
Par le feu tout proche du désert
C'est autant de souvenirs
Qu'on ne peut pas détruire
Pourtant ils nous ont fait souffrir

On emporte un peu sa ville
Aux talons de ses souliers
Quand pour vivre plus tranquille
On doit tout abandonner

Que l'on vive n'importe où
L'accent nous suit partout
Comme une ombre doublée d'un miroir
On le porte comme un drapeau
Planté sur chaque mot
Depuis qu'on a pris le départ

On emporte un peu sa ville
Aux talons de ses souliers
Quand pour vivre plus tranquille
On doit tout abandonner

On emporte un peu sa ville
Aux talons de ses souliers
Et pour vivre plus tranquille
On doit tout recommencer


Enrico Macias - Au talon des ses souliers
 

Madddy

Parfaitement imparfaite ... 😏
Les femmes sont sur la terre
Pour tout idéaliser ;
L'univers est un mystère
Que commente leur baiser.

C'est l'amour qui, pour ceinture,
A l'onde et le firmament,
Et dont toute la nature,
N'est, au fond, que l'ornement.

Tout ce qui brille, offre à l'âme
Son parfum ou sa couleur ;
Si Dieu n'avait fait la femme,
Il n'aurait pas fait la fleur.

A quoi bon vos étincelles,
Bleus saphirs, sans les yeux doux ?
Les diamants, sans les belles,
Ne sont plus que des cailloux ;

Et, dans les charmilles vertes,
Les roses dorment debout,
Et sont des bouches ouvertes
Pour ne rien dire du tout.

Tout objet qui charme ou rêve
Tient des femmes sa clarté ;
La perle blanche, sans Eve,
Sans toi, ma fière beauté,

Ressemblant, tout enlaidie,
A mon amour qui te fuit,
N'est plus que la maladie
D'une bête dans la nuit.


Victor Hugo

Recueil : Les contemplations
 
"De la souffrance vient la sensibilité dont naît l’intelligence..

Tout le monde parle de savoir-vivre, mais personne du savoir-souffrir..

Ce qui importe ce n’est pas le poids qui t'accable, c’est comment tu te courbes pour ne pas casser..

Ce n’est pas le bruit qui t’abasourdit, c’est comment tu écoutes les murmures du monde..

Ce n’est pas la force du vent qui t'emporte, c’est comment tu hisses tes voiles..

Ce n’est pas la hauteur des vagues qui te frappent, c’est comment tu t’y laves..

Ce n’est pas l’absence de lumière qui t'entoure,
c’est comment tu chantes dans le noir..

Ce n’est pas ce que tu perds, c’est comment tu ouvres ton coeur pour la suite..

Ce n’est pas la quantité de larmes que tu verses, c’est comment tu souris en pleurant..

Ce qui importe, ce n’est pas l’intensité du feu que tu traverses..
C’est comment tu danses dans les flammes.."

Stephan Schillinger.
 
Ça se faisait longtemps les topic spirituels comme ça
J'espère que des gens vous participer et enrichir la contemplation et l'amour qui règne dans vos écrits
Surtout pas les trolls évidemment qui sont pas sincères et trouble (pas sincères) :D
 

Abyssal​


Quand comprendras-tu?
tu n’es pas ce que tu crains
et les peurs ne revêtent
que les âmes muettes
les peines que tu repeins
d’une angoisse ingénue
ne valent pas le dessein
promis par ta vertu
Les fleurs ont soudain
le parfum de ta peur
et quand tu te souviens
s’agite le chagrin
tu en fais ta demeure
des remparts de riens
Quand comprendras-tu?
tu es bien ce qui te plaît

Nadia Ben Slima, 2016
Des fois ils font de la peine lespoetes ou tu trouves c'est plus toi ou moi ou les autres qui font de la peine(par exemples les incompris qu'on pas le droit dtre fragile
 

Nayte

Je suis le N dorénavant✈️🇧🇭⚽
"Ce ranch où nous allons est là, tout près, à environ un quart de mille. On va entrer voir le patron. Maintenant, écoute... Je lui donnerai nos cartes de travail, mais tu ne diras pas un mot. Tu resteras là sans rien dire. S'il s'aperçoit combien que t' es idiot, il nous embauchera pas, mais s'il te voit travailler avant de t'entendre parler, ça ira. T’as compris ? — Pour sûr, George, pour sûr, que j'ai compris"



Un passage du livre "des souris et des hommes" de John Steinbeck.
 
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