@docteurcorday
Je n'ai jamais dit que la solidarité était une fin en soi, mais c'est le point de départ vers une communauté forte. Un groupe autonome n'est pas l'addition de plusieurs personnes réussissant, mais une équipe qui réfléchit de manière collective plutôt que de penser à son confort personnel.
Je suis d'accord pour dire qu'il faut changer les mentalités. Mais là ce ne sont que des mots, tu ne proposes rien de concret. Dans le schéma que j'ai développé j'ai bien mis l'accent sur l'aide aux jeunes, l'encadrement, l'orientation. Cela se fait par un travail de fond, une continuité, une vision sur le long terme. Ça fait des années qu'on invite des anciens étudiants d'établissements pour dire "regardez, un arabe qui a réussi! Vous aussi vous pouvez le faire". Qu'est-ce que cela a apporté? Rien, absolument rien.
Alors que si tu as un groupe soudé, avec les étudiants de ce groupe qui encadrent les jeunes de ce groupe, aide aux devoirs, apprentissage de la religion, conseils d'orientation, tu te retrouves avec une équipe d'enfants en tête de classe, qui se connaissent, se côtoient, et qui promettent un futur meilleur et mieux organisé. C'est à ce moment-là que tu te retrouves plus tard avec des enfants qui voudront aller en seconde générale plutôt qu'en voie professionnelle, qui auront un bac et une culture solide et qu'ils penseront à de grandes écoles plutôt qu'une formation sans grand intérêt. Ce que tu proposes n'a rien de concret et de solide, on reste au niveau zéro s'il n'y a rien derrière.
Pour ce qui est des aspects négatifs des autres communautés, je ne fais bien évidemment pas référence à cela. Mais au moins le chinois ne va pleurer pour discrimination et mendier un emploi, puisqu'il peut travailler dans le commerce de son père (ou son oncle? son voisin? son ami? Allahu a3lem je saurais pas dire

).
La communauté est certes solidaire, mais de manière ponctuelle: invitations, hospitalité, etc, je le reconnais. Mais il y a très peu d'organisation voire pas du tout. Cela n'aide pas à l'émancipation de la communauté.
À titre personnel alhamdoulillah je n'ai besoin de rien, je ne tiens pas les murs, je ne suis pas un délinquant, j'étudie et projette de faire de la recherche en sciences religieuses, j'ai un emploi étudiant en parallèle, je n'ai pas à me plaindre. Mais tout comme toi cela me fait quelque chose de voir que les maghrébins et/ou musulmans sont encore là, après plusieurs années, au même stade, à se plaindre pour un oui ou pour un non, à discuter de sujets stériles et à se faire humilier par certains politiques ou médias. Je serais prêt à offrir une partie de mon temps à encadrer des enfants, faire du soutien scolaire gratuitement pour voir une jeunesse en tête de classe, ou même à abandonner une partie de mon salaire pour un groupe soudé. Mais dès qu'on commence à parler de manière concrète à tous ceux qui se plaignent du retard de la communauté maghrébine et qu'on souligne l'importance du don de soi, pouf! Il n'y a plus personne.