Toujours en réponse à Laila, quelques exemples de mon quotidien à l'hôpital:
- Inutile de préciser l'importance des gants dans la pratique du médecin. Quand j'en ai besoin (et donc plusieurs fois au cours d'une même journée), ne pense pas que je n'ai qu'à me servir dans les multiples boîtes éparpillés dans mon service. Non!. Je dois aller chercher le major infirmier, le trouver, lui demander "3fak, khassni des gants". Il me donne TOUJOURS une seule paire de gants. Je dois TOUJOURS négocier pour en avoir plus, pour ne pas encore perdre mon temps à le chercher encore une fois, parce que j'ai plusieurs patients à voir à la suite et parce que je veux en donner à un jeune étudiant m'accompagnant. Le même problème se pose lorsque j'ai des consultations externes. Pas assez de gants et l'infirmière qui râle parce que je me permets de changer de gants après chaque patient examiné!!!. Pour des raisons évidentes d'hygiène, on doit changer de gants même après avoir touché une peau saine, quand est-il lorsque on ausculte les zones intimes?. Awe!. En réaction, à un moment j'ai acheté mes propres boîtes de gants...et je les ai laissés dans mon casier à l'hôpital. Le lendemain, tan l9a yeddi w'rih!. Rien!. Je m'étais alors décidé à remplir les poches de ma blouse de gants et de laisser la boîte dans ma voiture. Je me suis très vite rendue compte que ma dotation journalière ne me suffisait pas (eh oui, ce ne sont que de petites poches) et que ma voiture étant loin (eh oui, le parking de l'hôpital est monopolisé par les gens dial l'idara), ma tactique pour travailler convenablement sans perdre du temps ne marche pas. 3yit!. Fchelt!...Retour au point de départ. Plusieurs fois par jour, je vais chercher le major infirmier pour lui quémander des gants. Hadchi man nestahel, hadchi lli 9edit 3lih.
- Les prélévements dans l'hôpital se font impérativement avant 10h. Ce serait trop long pour vous expliquer les raison de ce deadline, mais ça a un rapport avec atay ou ne3na3. Au delà, w'ya wiiilek yal l'médecin w'temchi demandé chi prélévement!. L'mzawgua w'rghib pour extraire l'infirmier de la salle de repos (qui empeste le thé...). Sachant que généralement, la visite des médecins commence vers 8h30 pour se terminer vers 11-12h, que nécessairement il en ressort la nécessité d'autres prélévements, parfois urgents, ce genre de situation se présente quotidiennement. Déroulement pratique: le médecin court supplier l'infirmier de faire le prélévement. Ce dernier râle en disant que 10h est révolue. Le médecin supplie encore. L'infirmier cède en rappellant que de toute façon, il n'y a pas personne pour faire descendre le prélévement au laboratoire (généralement, l'infirmier à ce stade se rappelle d'un parent qui a besoin d'un avis médical). Le médecin assure que c'est lui-même qui fera descendre le prélévement au laboratoire (où d'autres négociations devront être entamées, parce que vous savez, 10h hein?) et donc c'est ce qu'il fait. Ensuite, l'infirmier retourne à la salle de repos.
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Nemchi nakoul. Fiya jou3. Je reviendrai pour vous raconter comment un médecin se retrouve à faire le travail de secrétaire.