Soleimani est dangereux pour les Iraniens surtout, selon l'avis d'une politologue iranienne, enseignante à Sciences po, mahnaz shirali
et tous les intellectuels démocrates iraniens:
https://www.lepoint.fr/monde/iran-s...e-l-islam-politique-08-01-2020-2356644_24.php Iran : Soleimani, boucher des peuples ou héros de l'islam politique ?« Le Point » publie une tribune d'intellectuels et d'opposants iraniens qui demandent à Emmanuel Macron de « ne pas céder au chantage à la violence » de Téhéran.
Publié le 08/01/2020 à 11:13 | Le Point.fr
La tribune est rédigée par un collectif d'intellectuels et d'opposants iraniens en exil, démocrates et libéraux. Ses signataires tirent le bilan de l'action politico-militaire du général Qassem Soleimani, qui incarna jusqu'à sa mort, le 3 janvier, d'un tir de drone américain sur l'aéroport de Bagdad, les efforts entrepris par le régime iranien pour exporter sa « révolution islamique » dans le reste du Moyen-Orient. La tribune souligne le rôle qu'il a joué dans l'aggravation des conflits sectaires dans cette région déjà instable et sa participation – via les milices à sa solde en Irak et en Syrie, notamment – à la répression des opposants iraniens et irakiens ainsi qu'aux massacres en Syrie. La liste des 38 premiers signataires figure au bas de cette page.
La mort du général Soleimani, commandant de la force Al Qods des gardiens de la Révolution islamique, a donné lieu à de nombreuses réactions, dont peu d'entre elles ont pris en considération les aspirations du peuple iranien et des peuples de la région.
Les dirigeants du régime islamique ont condamné le « terrorisme d'État » américain qui, violant la souveraineté d'un État indépendant, l'Irak, est intervenu militairement pour éliminer un général « invité » par les dirigeants de ce pays.
Pour cet homme de guerre, la vie humaine n'avait aucune valeur.
D'autres ont rappelé les ingérences de Qassem Soleimani par milices interposées et ses exactions multiples, tant en
Iran qu'en Irak, au
Liban, en Syrie et au
Yémen, pour justifier l'opération ciblée menée par l'armée américaine.
Mais tenons-nous-en aux faits. Dès son avènement, le régime islamique en Iran a eu pour principal objectif l'exportation de sa révolution et de son idéologie totalitaire au Moyen-Orient comme ailleurs dans le monde. Avec sa force Al Qods, l'unité d'élite du corps des gardiens de la Révolution islamique chargée des opérations extérieures, Soleimani en est devenu le grand artisan. Pour cet homme de guerre, la vie humaine n'avait aucune valeur face à la nécessité d'étendre l'influence idéologique et militaire du régime et parvenir ultimement à « rayer Israël de la carte ».
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Il est important de rappeler qu'en 1979, alors que les États-Unis maintenaient leur ambassade à Téhéran afin de travailler avec le nouveau régime de Khomeini, la République islamique, dès son avènement, a manifesté une hostilité foncière à l'égard de l'Occident et particulièrement de l'Amérique. Hostilité qui a débuté par la prise d'otages des diplomates de l'ambassade américaine puis s'est poursuivie par de nombreuses actions terroristes, voire des actes de guerre contre les États-Unis, l'Europe et les pays du Moyen-Orient. C'est bien à l'aune de cette logique de guerre qu'il convient de comprendre et d'analyser l'élimination du général Soleimani.
Placé sous l'autorité directe du Guide suprême Ali Khamenei, Soleimani était de fait le numéro deux du régime iranien, son principal cerveau militaire et stratégique. Il était le bras armé des radicaux du régime des mollahs.